jeudi 23 avril 2015

Le Monténégro

Drapeau du Monténégro

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Nom officiel: Monténégro
Population: 650 036 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 167)
Superficie: 14 026 km. car.
Système politique: république
Capitale: Podgorica
Monnaie: euro
PIB (per capita):
 11 900$ US (est. 2013)
Langues
: serbe 42,9%, monténégrin (langue officielle
) 37%, bosniaque 5,3%, albanais 5,3%, serbo-croate 2%, autres 3,5%, non spécifié 4% (est. 2011)
Religions: orthodoxes 72,1%, musulmans 19,1%, catholiques 3,4%, athées 1,2%, autres 1,5%, non spécifié 2,6% (est. 2011)

Impressions du Monténégro


Ce petit pays, qui a fait partie de l'ancienne Yougoslavie, a obtenu son indépendance en 2006 en se retirant de l'état de Serbie-Monténégro.

Le Monténégro, c'est en fait deux pays. Le premier est une étroite bande méditerranéenne, d'influence vénitienne, façonnée par la mer. Une merveille naturelle, la baie de Kotor, s’enfonce profondément à l'intérieur des terres et abrite un petit bijou, la ville médiévale de Kotor. Tout au sud du pays, si vous ne craignez pas la foule, vous pouvez vous prélasser sur la plage de Ulcinj, dans les environs de la station balnéaire du même nom.

L'autre Monténégro, très accidenté, c'est celui de la montagne. C'est ici que l'on retrouve l'une des autres beautés naturelles du pays, les profondes et somptueuses gorges du Tara. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le parc national de Dormitor, le long de la Tara, fait maintenant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. À voir absolument.

Le pays ne compte aucune ville d'importance à part la capitale Podgorica, anciennement Titograd, qui compte environ 150 000 habitants. La ville a conservé peu de traces de son passé à cause de la Seconde Guerre mondiale.
Le Monténégro s'inscrit facilement sur un itinéraire de visite de la côte dalmate à partir de la Croatie, ou de la Bosnie-Herzégovine en route vers la Serbie.

Liens utiles

  • Cartes du pays:
University of Texas Libraries: site très complet pour des cartes variées d'un pays et de ses composantes.
  • Données socio-économiques:
CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc. (en anglais).
Les données publiées plus haut proviennent de ce site
.
L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique au Monténégro, le tout mis en contexte.
Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé au Monténégro.
Perspective Monde - Monténégro: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.

    La Mongolie

    Drapeau de la Mongolie

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    Nom officiel: 
    Mongolie

    Population: 2 953 190 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 135)
    Superficie: 1 564 116 km. car.
    Système politique: système mixte présidentiel / parlementaire
    Capitale: Oulan Bator
    Monnaie: togrog / tugrik 

    PIB (per capita): 5 900$ US (est. 2013)
    Langue
    s: khalkha
     (ou mongol) 90%, turc, russe (1999) 
    Religions: bouddhistes 53%, musulmans 3%, chrétiens 2,2%, chamanistes 2,9%, autres 0,4%, aucune 38,6% (2010)

    Liens utiles

    • Cartes du pays:
    University of Texas Libraries : site très complet pour des cartes variées d'un pays et de ses composantes.
    • Données socio-économiques:
    CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc. (en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
    L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique en Mongolie, le tout mis en contexte.
    Banque asiatique de développement: donne accès à une vaste batterie de statistiques et d'indicateurs économiques sur des pays d'Asie. 
    Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé en Mongolie.
    Perspective Monde - Mongolie: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.

    Le désert de Gobi  - Parc national Gobi Gurvansaikhan (Photo: Doron

    La Moldavie

    Drapeau de la Moldavie

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    Nom officiel: 
    République de Moldavie

    Population: 3 583 288 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 130) 
    Superficie: 33 843 km. car.
    Système politique: république
    Capitale: Chisinau
    Monnaie: leu moldave
    PIB (per capita):
     3 800$ US (est. 2013)
    Langues: moldave 58,8% (langue officielle, quasi identique au roumain). roumain 16,4%, russe 16%, ukrainien 3,8%, gagaouze (un dialecte turc) 3,1%
    ,bulgare 1,1%, autres 0,3%, non spécifié 0,4% (est. 2004)
    Religions: orthodoxes 93,3%, baptistes 1%, autres chrétiens 1,2%, autres 0,9%, athées 0,4%, aucune 1%, non spécifié 2,2% (est. 2004)


    Impressions de la Moldavie

    Ce petit pays de quatre millions d'habitants, dont le nom fait penser à une aventure de Tintin, est très peu connu.

    La Moldavie, sans être une destination très excitante, n'est quand même pas dénuée d’intérêt. Nous nous y sommes arrêtés brièvement en route vers l'Ukraine à partir de la Roumanie. 

    La Moldavie, une des républiques de l’ex-Union soviétique,est devenue indépendante en 1991 suite à l’éclatement de l'URSS. C’est le premier pays de l’ancienne sphère d’influence soviétique qui a élu un parti communiste. Porté au pouvoir en 2001, le parti a été défait uniquement en 2009. Et ça se sent.

    Avec un revenu annuel de 2 500$ par habitant, le pays est - et de loin - le plus pauvre du continent européen. Pourtant, plein de monde se promène en Mercédès ou en BMW à Chisineau, la capitale. Les anciens apparatchicks du parti communiste (les cadres supérieurs) ont fait main basse sur les entreprises d’État lors de la chute de l’empire soviétique. Ils les ont exploitées à leur fin en plus de mettre en place un système de corruption bien organisé. L'écart s'est encore creusé entre la classe des riches possédants et... les autres.

    Dans un parc de Chisinau
    La Moldavie n'est pas encore une destination touristique. Même le guide de voyage Lonely Planet la qualifie de destination hors des sentiers battus et elle risque de le rester un bon moment encore. On ne risque peut-être pas d'y côtoyer beaucoup de touristes occidentaux (nous n'en avons croisé aucun) mais,ceci dit, la ville de Chisineau, sans être absolument remarquable, est quand même agréable à parcourir. Et peu de gens savent que la Moldavie produit d'excellents vins. D'ailleurs, une des premières initiatives touristiques a consisté à y élaborer une véritable route des vins.

    Chisinau - des vestiges du Réalisme soviétique
    Comme en Moldavie on parle roumain, le nouveau gouvernement pro-occidental élu en 2009 jonglerait avec l’idée d’une réunification avec la Roumanie, voisin plus riche avec qui la Moldavie possède de solides affinités. Mais à cause des 25% de russophones à Chisineau, le projet ne fait pas l'unanimité.
    La partie est de la Moldavie, la Transnistrie, soit la plus grande partie du pays qui longe la frontière avec l’Ukraine, est sous contrôle d’un gouvernement séparatiste, non reconnu, qui rançonne littéralement les étrangers (jusqu’à 300$) qui entrent sur son territoire. Le voyage y est donc déconseillé par les divers ministères des Affaires Étrangères.

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    • Cartes du pays:
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    • Données socio-économiques:
    CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc. (en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
    L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique en Moldavie, le tout mis en contexte.
    Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé en Moldavie.
    Perspective Monde - Moldavie: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.

    Marché

    Le Mexique

    Drapeau du Mexique 
    Le Mexique
     Capital: Mexico

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    Nom officiel: 
    États Unis du Mexique

    Population: 120 286 655 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 11)
    Superficie: 1 972 550 km. car.
    Système politique: république fédérale
    Capitale: Mexico
    Monnaie: peso mexicain
    PIB (per capita):
     15 600$ US (est. 2013)
    Langues
    : espagnol seulement 92,7%, espagnols et langues indigènes 5,7%, non spécifié 0,8%. L
    es langues indigènes incluent: maya, nahuati et autres langues régionales (est. 2005).
    Religions: catholiques romains 82,7%, pentecôtistes 1,6%, témoins de Jéhovah 1,4%, autres églises évangéliques 5%, autres 1,9%, aucune 4,7%, non spécifié 2,7% (est.t 2010)

    capitale monde


    Impressions du Mexique


    Le Mexique est un pays haut en couleur et très diversifié qui mélange avec bonheur ses influences amérindiennes, espagnoles  et nord-américaines. Partout, ces influences laissent des traces visibles qui donnent au pays son caractère si particulier.

    Au Mexique, il est possible d'apprécier dans tout le pays de magnifiques villes coloniales avec des centres historiques superbement conservés : Guanajuato ou San Miguel de Allende, dans le nord, Veracruz ou Campeche, sur la côte est, Merida au Yucatan et Oaxaca ou Taxco, plus au sud. Il ne faut pas non plus négliger Guadalajara, au nord-ouest de Mexico, la seconde ville du pays. La ville, moderne et très vivante, possède néanmoins un patrimoine culturel et architectural impressionnant.

    Chichen Itza


    Même si Mexico est l’une des grandes mégapoles de la planète, sa visite est étonnamment facile et agréable. N’écoutez pas les prophètes de malheur : la ville est belle, invitante et fascinante, à la fois très moderne et fortement attachée à son passé riche et mouvementé.

    Pour bien comprendre l'histoire et la culture précolombiennes du Mexique et l’importance de ses sites archéologiques, une visite au Museo Nacional de Antropologia de Mexico s'impose. Le musée, un des plus beaux du monde, est une merveille de vulgarisation intelligente.

    Campeche
    Parce que le Mexique, c'est aussi parcourir de fabuleux sites archéologiques tous plus impressionnants les uns que les autres: Teotihuacan, le centre de l'empire aztèque, et Palenque, Uxmal, Chichen Itza ou Tulum, les flamboyantes cités mayas.

    Tous méritent une visite pour y admirer l'extraordinaire savoir-faire des premiers habitants de la région et y découvrir leur surprenante culture.

    Chichen Itza fait d'ailleurs partie de la liste des 7 nouvelles merveilles du monde, suite à un concours international tenu en 2007.

    Le Mexique est bordé au nord par les États-Unis et au sud par le Belize et le Guatemala.

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    • Cartes du pays:
    University of Texas Libraries: site très complet pour des cartes variées du pays et de ses composantes.
    • Données socio-économiques:
    CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc. (en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
    L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique au Mexique, le tout mis en contexte.
    OCDE: toutes les statistiques et analyses de l'OCDE sur le Mexique.
    Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé au Mexique.
    Perspective Monde - Mexique: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.


    PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU MEXIQUE

    Le Mexique se situe au 2e rang en Amérique latine pour la population (qui s'accroît encore rapidement), au 3e pour la superficie (plus du triple de celle de la France). Coupé par le tropique, c'est un pays de hautes terres, où l'altitude modère les températures sur les plateaux du centre, qui concentrent la majeure partie d'une population fortement métissée. Le Nord est aride, semi-désertique, alors que le Sud a un climat tropical humide, domaine parfois de la forêt. Le volcanisme est localement présent et les séismes sont fréquents.



    Le pétrole, dont le pays est l'un des grands producteurs mondiaux, est devenu la principale richesse, loin devant les autres ressources du sous-sol (argent, cuivre, fer, etc.) et les plantations (agrumes, canne à sucre, caféiers, cotonniers). Le maïs et l'élevage bovin sont destinés au marché intérieur. L'exode rural et la forte natalité expliquent la rapidité de l'urbanisation (les trois quarts des Mexicains sont des citadins, une cinquantaine de villes dépassent 100 000 habitants et Mexico est l'une des plus grandes agglomérations du monde) et la persistance de l'émigration – souvent clandestine – vers les États-Unis (flux qui tend toutefois aujourd'hui à se ralentir). Si le sous-emploi reste important, certains secteurs industriels (constructions mécaniques : machines, automobiles, aéronautique ; équipements électriques et électroniques ; chimie) sont dynamiques. Les États-Unis constituent de loin le principal client du Mexique, intégré depuis les années 1990 dans le marché commun nord-américain institué par l'ALENA. Le tourisme, développé, est aujourd'hui pénalisé par l'insécurité régnant dans le pays.


    La Mauritanie

    Drapeau de la Mauritanie

    La Mauritanie

    capital monde,


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    capital monde


    Nom officiel: République islamique de Mauritanie
    Population: 3 516 806 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 133)
    Superficie: 1 030 700 km. car.
    Système politique: junte militaire
    Capitale: Nouakchott
    Monnaie: ouguiya 

    PIB (per capita): 2 200$ US (est. 2013)
    Langue
    s:  arabe (langue officielle),

    hassanya, 
    poular, soninké, français,  wolof 
    Religion: musulmans 100%

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    • Données socio-économiques:
    CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc. (en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
    L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique de la Mauritanie, le tout mis en contexte.
    Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé en Mauritanie.
    Perspective Monde - Mauritanie: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.

    GÉOGRAPHIE

    1. Le milieu naturel




    Immensité et platitude caractérisent les paysages. Au nord, les pénéplaines sahariennes parsemées d'inselbergs (culminant à la Kedia d'Idjil) correspondent à l'affleurement du socle granitique, où les étendues caillouteuses (regs) alternent avec les longues bandes de dunes (ergs). Au centre, les plateaux gréseux de l'Adrar et du Tagant s'ennoient vers l'est, sous les énormes amas dunaires de la Madjabat el-Koubra. Ils sont échancrés au sud-est par la cuvette du Hodh, partiellement ensablée. Le Sud-Ouest (Trarza, Brakna) est une plaine, également striée de cordons dunaires, partie du bassin sédimentaire sénégalo-mauritanien, incisée par la vallée du fleuve Sénégal et terminée à l'ouest par une côte basse, rectiligne et sableuse.
    Le climat doit son aridité à la persistance des alizés provenant des hautes pressions subtropicales ; en été, la mousson peut remonter jusqu'au tropique, donnant quelques pluies faibles et irrégulières (500 mm par an dans le Sud, 138 mm à Nouakchott, 109 mm à Atar). Les températures sont élevées (les moyennes annuelles sont supérieures à 25 °C), elles peuvent descendre aux environs de 10 °C en décembre-janvier et s'élever à 35 °C en mai-juin. Ainsi s'explique la division du pays en deux parties : les deux tiers septentrionaux sont sahariens, le tiers méridional est sahélien. La limite entre les deux zones varie constamment et l'emprise du Sahara s'accentue lors des grandes sécheresses comme celle des années 1970.
    Au Sahara, l'écoulement des eaux est exceptionnel, et la végétation est concentrée dans quelques oasis. Au Sahel, quelques cours d'eau intermittents se perdent dans des dépressions ou se raccordent difficilement au fleuve Sénégal ; la couverture végétale est une maigre steppe arborée où le tapis de graminées est dominé de loin en loin par des acacias.

    2. La population

    Les conditions géographiques – le Sahara occupe les deux tiers du territoire – expliquent la très faible densité moyenne de population, de l'ordre de 2 habitants par km2. Dans le Sud cependant, les rives du fleuve Sénégal connaissent une plus grande concentration d'habitants, très majoritairement noirs. Nouakchott, capitale créée de toutes pièces après l'indépendance (6 000 habitants en 1965), est devenue une agglomération importante qui accueille, aujourd'hui, le tiers des Mauritaniens, dont de très nombreux anciens nomades, que la sécheresse a condamnés à changer de mode de vie. Avec le port de Nouadhibou, au nord, et quelques rares centres secondaires, dont Zouerate, la ville minière du désert, le taux d'urbanisation dépasse 50 %. Le pays connaît une croissance démographique soutenue, de l'ordre de 3 % par an, liée à une très forte fécondité.
    On distingue généralement trois groupes humains. Les Beidanes, ou Maures blancs, sont issus des vagues de peuplement successives berbères et arabes plus ou moins métissées avec les populations noires anciennement implantées. Ils parlent un dialecte arabo-berbère et sont, ou plutôt étaient, organisés en tribus nomades. Les Haratines sont des Noirs, anciens esclaves des Beidanes, fortement métissés avec eux et parlant la même langue. Quant aux Noirs du Sud, ils appartiennent aux peuples vivant de part et d'autre du fleuve Sénégal (Ouolofs, Toucouleurs, Soninkés, etc.). Malgré une unité assurée par la religion, un islam sunnite de rite malékite, cette structure héritée de l'histoire pèse toujours lourdement sur les rapports sociaux. Les profondes mutations enregistrées depuis les années 1970 ont même entraîné un raidissement dans les relations entre les communautés. L'esclavage – il s'agit d'un esclavage domestique – a été juridiquement aboli en 1981. Les relations de dépendance n'ont cependant pas totalement disparu, même si elles sont altérées par le développement de la vie urbaine.

    3. L'économie

    La sécheresse des années 1970 a eu de graves répercussions économiques, frappant durement la plus ancienne des trois activités principales du pays, à savoir l'élevage. Celui-ci concerne, essentiellement, les ovins et les caprins, et, dans une moindre mesure, les dromadaires et les bovins. La reconstitution du cheptel est en cours depuis le milieu des années 1980. L'agriculture, surtout vivrière, est concentrée dans le Sud, exception faite des cultures d'oasis. La mise en service du barrage de Diama, sur le fleuve Sénégal, entre Rosso et l'océan, a permis d'accroître les superficies irriguées. Malgré cela, le pays n'est pas autosuffisant et les produits alimentaires constituent une part notable des importations.
    L'exploitation du minerai de fer, dans le nord du pays, depuis 1963, a été à l'origine d'un boom économique sans précédent. Le fer est longtemps resté la principale ressource d'exportation. Mais, avec la baisse de la demande mondiale et l'épuisement des gisements les plus rentables, son importance a sensiblement décru, tant en valeur absolue que relative. La relance de la production de minerai de fer suppose la réhabilitation du port minéralier de Nouadhibou et la modernisation du chemin de fer. C'est aujourd'hui la pêche qui constitue la première richesse du pays. Elle est à 95 % industrielle, les armements étrangers (russe, japonais, espagnol, portugais, français) restant prépondérants. Mais le risque de surexploitation a conduit le gouvernement à prendre les premières mesures de surveillance. L'industrie, assez peu développée, est concentrée à Nouadhibou (transformation du poisson, métallurgie, ateliers de réparation, raffinerie) et à Nouakchott (industries légères de biens de consommation), où s'active également un « secteur informel » fournissant de nombreux emplois.
    La Mauritanie est désormais, depuis 2006, un pays producteur de pétrole. Un début d'exploitation de quelques gisements de pétrole offshore (gisement de Chinguetti découvert en 2001 par 800 m de profondeur) suscite l'espoir. La Mauritanie vend aussi du cuivre et de l'or.
    La politique nationaliste menée par les gouvernements successifs s'est traduite par le développement du secteur public ou mixte, par la mise en place d'un contrôle administratif de l'économie et par un fort endettement extérieur (envers, notamment, la Chine populaire et, surtout, les pays arabes). Avec la crise et l'intervention du FMI et de la Banque mondiale, cette orientation a été remise en question, sans grands résultats jusqu'à présent. La dévaluation de l'ouguiya en octobre 1992, suivie d'une forte hausse des prix, a été à l'origine d'une exacerbation des tensions sociales, qui demeurent vives.

    HISTOIRE

    1. Premiers peuplements

    Les nombreux sites archéologiques mauritaniens n'ont pas livré tous leurs secrets, mais ils indiquent la présence d'un peuplement très ancien, remontant au paléolithique. Il a varié au gré des grandes alternances climatiques, atteignant son apogée il y a 5 000 ans. À cette époque, les communautés agropastorales sédentaires dominaient, comme en témoigne la centaine de villages fortifiés du Dhar Tichit, sur la falaise de l'Aouker. Il s'agissait vraisemblablement de populations noires. Depuis, l'aridité croissante, qui perdure aujourd'hui, a progressivement rejeté vers le sud l'essentiel des populations, le désert n'accueillant plus que des pasteurs nomades.
    Les Berbères du groupe des Sanhadjas, fortement implantés dès le iiie siècle, deviennent alors, grâce à leurs dromadaires, les maîtres du commerce de l'or, de l'ivoire et des esclaves entre l'Afrique du Nord et le Sahel.

    2. Les Almoravides

    2.1. La conversion à l'islam et les guerriers de la foi

    Au milieu du xie siècle, deux des tribus berbères sanhadjas qui nomadisent entre Sénégal et Maroc se donnent pour chef religieux Abd Allah ibn Yasin (?-1059). Sous son impulsion, les Berbères adoptent les règles d'un islam très austère, enseigné dans le ribat, véritable couvent militaire.
    Ces guerriers de la foi (en arabe al-Murabitun, les « gens du ribat », devenus Almoravides) se dirigent les uns vers le sud, où, avec l'aide des Peuls du Tekrour, ils abattent l'empire du Ghana, les autres vers le nord.
    Le Maroc et une partie de l'Algérie sont soumis entre 1060 et 1080, et le roi de Castille, Alphonse VI, qui mène une lutte de reconquête contre les musulmans d'Espagne, est battu à Zalaca (Sagrajas) en 1086. Cette épopée est aussi brillante qu'éphémère : le trop vaste empire, miné par les ambitions des émirs locaux, s'effondre en 1087 au sud et en 1147 au nord. Mais elle marque durablement la Mauritanie, généralisant le rite malékite, et demeure dans les esprits comme une période glorieuse.

    2.2. Empire du Mali, Empire songhaï

    Sur les ruines de l'empire du Ghana se fonde au xiiie siècle l'empire du Mali, qui étend son autorité sur le sud-est de la Mauritanie actuelle. L'Empire songhaï, qui lui succède deux cents ans plus tard, voit son autorité limitée par la renaissance du royaume peul de Tekrour, qui prospérera jusqu'au xviiie siècle.

    2.3. La conquête des Arabes Hassan

    À partir du début du xve siècle, les Arabes Hassan pénètrent dans le pays par le nord, à la recherche de territoires pour leurs troupeaux. Leurs relations avec les Sanhadjas sont le plus souvent conflictuelles et la guerre de Charr Boubba (1644-1674) consacre leur suprématie. Mais il en résulte une interpénétration des populations, donnant naissance à une société nouvelle, dont Chinguetti devient le brillant symbole.

    3. Les contacts avec les Européens et la colonisation

    3.1. Pénétration portugaise puis française

    Les Portugais sont les premiers, dès 1434, à commercer avec les tribus locales. Les Français s'installent à Saint-Louis, au Sénégal, deux siècles plus tard, rivalisant avec les Anglais et les Hollandais, alors que se créent plusieurs émirats guerriers maures. La gomme arabique, nécessaire à la teinture des étoffes, prend une place essentielle dans les transactions. La colonisation progresse à partir du fleuve Sénégal, la navigation sur celui-ci étant constamment menacée par les Maures.

    3.2. De la résistance à la soumission des chefs rebelles

    Le gouverneur du Sénégal, Louis Faidherbe, s'oppose, à partir de 1854, à l'émirat du Trarza, qui passe sous protectorat français en 1891. Le capitaine Xavier Coppolani obtient sans grandes difficultés en 1899 l'allégeance du Hodh, puis en 1902 celle des émirs du Trarza et du Brakna. En revanche, il se heurte, au centre et au nord, à une très vive résistance menée par le cheikh Ma el-Aïnin, soutenu par le Maroc. Xavier Coppolani est assassiné à Tidjikdja en 1905.
    Pour lutter contre les rezzous (bandes armées) qui se multiplient, la France organise fin 1908 une expédition militaire dirigée dans un premier temps par le colonel Henri Gouraud. Ma el-Aïnin, qui s'est aliéné le soutien du sultan du Maroc, n'est vaincu qu'en 1910. En réalité, la pacification du Nord est plus apparente que réelle. Il y aura de nombreux rezzous avant que la soumission des chefs rebelles soit obtenue en 1933 et 1934.
    Entre-temps, l'administration du territoire est passée des mains des militaires à celles des civils (1904). Elle est installée à Saint-Louis, qui est également la capitale du Sénégal. La Mauritanie devient colonie à part entière au sein de l'Afrique-Occidentale française (AOF) en 1920. La politique coloniale est des plus sommaires. Le pays est pauvre, et la paix constitue le seul objectif de la France qui ne voit dans la Mauritanie qu'un maillon assurant la continuité de l'Empire colonial entre l'Afrique du Nord et l'Afrique occidentale. En l'absence de moyens propres, la métropole s'appuie sur les chefs traditionnels.

    4. Vers l'indépendance

    En 1946, la Mauritanie devient territoire d'outre-mer, puis, grâce à la loi Defferre (1956), accède à l'autonomie interne. Toutefois, le nombre de cadres en mesure de conduire les affaires du pays est extrêmement réduit et la vie politique peu active. Moktar Ould Daddah, un jeune avocat moderniste, et sa formation, le parti du Regroupement mauritanien (PRM), gagnent haut la main les élections législatives de 1959. Moktar Ould Daddah devient le premier président de la jeune République islamique, dont l'indépendance est proclamée le 28 novembre 1960.
    Le Maroc, qui revendique le territoire au nom de l'unité jadis réalisée par les Almoravides, mais qui est surtout intéressé par les richesses minières du pays (fer et cuivre), s'y était opposé. Il avait même officieusement soutenu l'Armée de libération du Sahara marocain qui avait envahi en 1958 le Sahara espagnol et le nord de la Mauritanie. L'opération militaire « Écouvillon », montée conjointement par la France, alors en pleine guerre d'Algérie, et l'Espagne, avait rapidement mis fin aux velléités marocaines.
    Pour en savoir plus, voir l'article Sahara occidental.

    5. Moktar Ould Daddah et la recherche de l'unité

    Aux yeux de tous les observateurs, l'indépendance est un véritable pari : le pays paraît peu homogène, l'État est faible et dépendant des recettes minières, donc des intérêts étrangers. Pour y faire face, Moktar Ould Daddah met en place (1961) une Constitution de type présidentiel, déplace la capitale de Saint-Louis à Nouakchott (1962) et transforme le PRM en parti du Peuple mauritanien (PPM), qui englobe toutes les formations existantes. En 1965, le PPM est institutionnalisé parti unique.
    Le pays connaît une première épreuve en 1966 : des incidents violents opposent Arabo-Berbères et Noirs de la vallée du Sénégal. L'habileté modératrice manifestée par le président, si elle permet d'éviter le pire, ne résout pas définitivement la question linguistique, relancée notamment en 1968 par la décision de faire de l'arabe la seconde langue officielle du pays, conjointement avec le français. En contrepartie, le wolof, le soninké et le poular, langues négro-africaines, sont déclarées langues nationales.
    La fin des années 1960 et le début de la décennie suivante sont marqués par l'agitation sociale (mouvements étudiants, grèves) et par la montée d'une contestation nationaliste de gauche. Des partis clandestins sont créés. Moktar Ould Daddah infléchit alors nettement sa politique dans le sens d'une radicalisation. La Mauritanie crée sa propre monnaie, le ouguiya (1972), quitte la zone franc, dénonce les accords de coopération passés avec la France (1973), et surtout, nationalise la Miferma, société chargée de l'exploitation des mines de fer dont le capital était principalement français (1974).

    6. La Mauritanie des colonels

    6.1. Aux prises avec le Front Polisario

    À partir de 1973, la décolonisation du Sahara espagnol entraîne la Mauritanie dans des complication croissantes. L'accord de Madrid du 14 novembre 1975 reconnaît la souveraineté marocaine sur la Saguia el-Hamra et celle de la Mauritanie sur le Río de Oro. Les troupes mauritaniennes entrent à la fin de 1976 à Dakhla (ex-Villa Cisneros). Dès lors le Front Polisario, qui ne reconnaît pas le partage, s'en prend au territoire mauritanien : attaque de Nouakchott (8 juin 1976), interruption des trains de minerai entre Zouerate et Nouadhibou (octobre-décembre 1977), guérilla intensive.
    Pour en savoir plus, voir l'article Sahara occidental.
    Ces événements ébranlent le régime et provoquent une grave détérioration de l'activité économique. Moktar Ould Daddah est renversé par un coup d'État militaire le 10 juillet 1978, la Constitution suspendue, le PPM interdit, le gouvernement et le Parlement dissous. Un Comité militaire de redressement national (CMRN) s'installe au pouvoir, dirigé par le colonel Ould Salek, qui tente de mettre fin à l'aventure ouest-saharienne.

    6.2. Le règlement de la question saharienne

    Moins d'un an plus tard, l'armée intervient de nouveau (6 avril 1979) et remplace le CMRN par un Comité militaire de salut national (CMSN). Son président, le colonel Ahmed Ould Bouceif meurt le 27 mai suivant dans un accident d'avion. Le colonel Mohamed Mahmoud Ould Ahmed Louly devient chef de l'État, et le colonel Mohamed Khouna Ould Haidalla, Premier ministre. Le 7 août 1979, la Mauritanie signe à Alger un accord avec le Front Polisario, renonçant à toute revendication sur le Sahara occidental, et les troupes marocaines regagnent leur pays. Le 4 janvier 1980, Mohamed Khouna Ould Haidalla s'empare des deux fonctions, auxquelles il ajoute celle de président du CMSN. Son passage au pouvoir est marqué par une tentative de coup d'État soutenue par le Maroc (mars 1981) et un complot pro-irakien (février 1982), ainsi que par la création des Forces de libération africaine de Mauritanie (FLAM), mouvement clandestin d'émancipation des Noirs mauritaniens.

    7. Les années Ould Taya (1984-2005)

    7.1. Affrontements interethniques entre Maures et Noirs mauritaniens

    En décembre 1984, le colonel Ould Taya, chef d'état-major, ancien Premier ministre, profite de l'absence de Mohamed Khouna Ould Haidalla pour le renverser. L'opposition entre les Maures blancs (ou Beidanes) au nord, qui détiennent le pouvoir d'État, les Haratinse (esclaves noirs affranchis ou non) et les ethnies négro-africaines dans la bande sud, riveraine du fleuve Sénégal, passe au premier plan. L'abolition de l'esclavage décrétée en 1981 sous la pression du mouvement de libération des Haratines est encore en partie formelle. L'orientation de plus en plus radicalement arabe du régime se heurte à l'opposition des Négro-Africains.
    Un coup d'État mené par deux officiers noirs est déjoué en septembre 1987 et ses responsables exécutés. Les incidents frontaliers avec le Sénégal, en avril 1989, dégénèrent en véritables pogroms contre les « Sénégalais », et n'épargnent pas les Noirs mauritaniens. Des dizaines de milliers d'entre eux fuient le pays ou sont expulsés, ce qui nécessite l'intervention de l'aide humanitaire internationale. Deux nouveaux mouvements d'opposition noire radicale sont créés à cette époque : le FURAM (Front uni pour la résistance armée en Mauritanie) et le FRUIDEM (Front de résistance pour l'unité, l'indépendance et la démocratie en Mauritanie).

    7.2. Timides avancées démocratiques…

    La pression mondiale en faveur de la démocratisation tarde à produire ses effets : les élections municipales de décembre 1990 sont précédées de dizaines d'arrestations d'officiers et de cadres civils noirs. Une nouvelle Constitution est adoptée le 12 juillet 1991. Une élection présidentielle est organisée dans les premiers mois de 1992. Elle consacre la victoire du colonel Ould Taya. Sa formation, le parti républicain démocrate et social (PRDS), remporte une éclatante victoire aux élections législatives d'octobre 1996.
    En décembre 1997, le colonel Ould Taya remporte sans surprise l'élection à la présidence, avec 90,25 % des voix, face à une opposition divisée qui pratique la politique de la chaise vide. Mais la vie politique officielle se circonscrit aux partis maures, et le gouvernement mauritanien continue d'être la cible des critiques des organisations internationales de défense des droits de l'homme.

    7.3. … avant le retour au durcissement

    En octobre 2001, les formations d'opposition décident de participer aux élections municipales et législatives, désireuses de mettre à l'épreuve le président, qui a promis la transparence. Le PRDS remporte la majorité des sièges avec 51 % des suffrages. Devant ce résultat mitigé (perte de plusieurs municipalités importantes), le colonel Ould Taya remplace le secrétaire général du PRDS par l'un de ses proches, afin de préparer la prochaine élection présidentielle. Le 8 juin 2003, une tentative de putsch fomentée par des officiers radiés de l'armée nationale (15 morts et 69 blessés) est déjouée par le régime, qui échoue cependant à intercepter les auteurs. Faisant fi des aspirations au changement émanant de l'opposition et de la population, le chef de l'État, de plus en plus isolé par son exercice très personnalisé du pouvoir, renforce son contrôle sur le pays et, cherchant à obtenir les bonnes grâces des États-Unis, intensifie sa répression des milieux islamistes.
    À la veille du scrutin des 7 et 8 novembre, à l'issue duquel il est réélu avec 66,7 % des suffrages, il fait interpeller, puis remettre en liberté pour quelques heures, son principal compétiteur Mohamed Khouna Ould Haidalla : ce dernier recueille 18,7 % des suffrages, Ahmed Ould Daddah, 6,9 %, et Messaoud Ould Boulkheir, le candidat des Haratines, 5 %. Tous les trois dénoncent des fraudes massives.
    En août et septembre 2004, deux nouvelles tentatives de putsch d'officiers, regroupés au sein d'une organisation appelée « Cavaliers du changement », sont à nouveau déjouées par les autorités mauritaniennes, qui accusent le Burkina Faso de les avoir préparées avec le soutien financier de la Libye. À cette inquiétude sécuritaire viennent s'ajouter des signes tangibles d'instabilité : en janvier, le procès politique de l'ex-président Mohamed Khouna Ould Haidalla, accusé d'avoir tenté de renverser le pouvoir ; en juillet, le remaniement de l'équipe gouvernementale. Finalement, le 3 août 2005, le président Ould Taya est renversé par une junte d'officiers dirigée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, directeur de la sûreté nationale, qui s'empare sans violence du pouvoir.

    8. Une transition démocratique sans lendemain

    Bien accueilli par la population, salué par l'opposition en exil (les mouvements islamistes et les « Cavaliers du changement ») et l'opposition légale qui réclame d'y être associée, soutenu par le PRDS, le changement de pouvoir suscite rapidement la bienveillance de la communauté internationale. Les nouvelles autorités, réunies au sein d'un Comité militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), s'engagent à conduire une transition de vingt-quatre mois. Un gouvernement provisoire constitué de civils et dirigé par le Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar est mis en place le 10 août 2005. La Constitution est maintenue, le Parlement est dissous. Le 25 juin 2006, un référendum constitutionnel est adopté par 96,9 % des votants qui approuvent l'instauration d'un mandat présidentiel réduit de 6 à 5 ans, et renouvelable une seule fois.
    À l'issue des élections législatives et municipales du 19 novembre et du 3 décembre 2006, la Coalition des forces du changement démocratique (CFCD), incluant des « indépendants » ainsi que 4 islamistes modérés, remporte 41 sièges à la nouvelle Assemblée nationale, où un grand nombre de femmes fait également son entrée. Une première en Mauritanie, l'élection présidentielle du 11 mars 2007 voit 19 candidats en lice et s'achève par un deuxième tour, le 25 mars, remporté par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le candidat « indépendant » avec 52,8 % des suffrages devant Ahmed Ould Daddah (47,1 %), l'opposant historique.
    En dépit d'une incontestable démocratisation, le pays est en proie à l'instabilité et à l'insécurité, les conditions de vie se dégradent, la production pétrolière s'avère décevante. En crise ouverte depuis juin 2008 avec sa majorité, le président perd la plupart de ses soutiens politiques au Parlement avec la démission de 25 députés et 23 sénateurs du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD), sa propre formation. Le 6 août, quelques heures après avoir décrété le limogeage d'importants dirigeants militaires, il est renversé, ainsi que son Premier ministre, sans effusion de sang.

    9. Les présidences de Mohamed Ould Abdel Aziz et le bras de fer avec l’opposition (depuis 2009)

    9.1. Premier mandat (2009-2014)

    Réunis au sein d'un « Conseil d'État » dirigé par l'ex-chef d'état-major du président et commandant de la garde présidentielle, Mohamed Ould Abdel Aziz, les putschistes promettent d'organiser un retour prochain à l'ordre constitutionnel. Sous la pression de la communauté internationale (de l'Union africaine qui adopte des sanctions à l'encontre de la junte, et de l'Union européenne qui suspend ses programmes de coopération) et avec la médiation de la Libye puis du Sénégal, le pouvoir et l'opposition engagent de difficiles pourparlers à partir de février 2009. Un accord-cadre est signé en juin 2009 prévoyant la mise en place d'un gouvernement d'union nationale de transition chargé d'organiser l'élection présidentielle, finalement fixée au 18 juillet.
    À l'issue d'un scrutin auquel participent plus de 65 % des électeurs, M. Ould Abdel Aziz l'emporte dès le premier tour avec plus de 52 % des voix devant neuf candidats dont les trois figures majeures de l'opposition : Messaoud Ould Boulkheir, président de l'Assemblée nationale et candidat du Front national pour la défense de la démocratie (16,6 %), Ahmed Ould Daddah, chef du Rassemblement des forces démocratiques (13,4 %) et l'ancien putschiste E. Ould Mohamed Vall, relégué à la sixième place avec 3,8 % des suffrages. Ces derniers dénoncent une fraude massive – contrairement aux constatations des observateurs internationaux de l'UA et de l'OIF – et déposent un recours devant le Conseil constitutionnel qui le rejette, confirmant les résultats alors que la démission du président de la Commission électorale indépendante ainsi que les écarts de voix constatés dans certains fiefs de l'opposition jettent un doute sérieux sur la fiabilité du scrutin. L'élection est cependant entérinée par plusieurs États, dont la France et les États-Unis, soucieux d'une normalisation après un an de crise institutionnelle, et le président Aziz est officiellement investi le 5 août.
    Trois jours après cette intronisation, un attentat-suicide revendiqué par al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) est commis contre l’ambassade de France à Nouakchott.
    Le gouvernement, qui s’est engagé à lutter fermement contre le terrorisme, renforce les moyens de l’armée pour la lutte contre l’organisation djihadiste. En juillet 2010, une nouvelle loi antiterroriste est adoptée.
    Fortement contesté, le président n’hésite pas à recourir à la force contre les manifestations mais tente aussi d’asseoir sa légitimité en réunissant en septembre-octobre 2011 une conférence nationale en vue de lancer un dialogue national inclusif. En l’absence de garantie pour l’application des réformes, cette ouverture partielle est toutefois rejetée par les principales formations de l’opposition alors que les élections législatives, prévues pour novembre, ont été reportées sine die.
    Finalement organisées en novembre-décembre 2013, elles donnent une très large majorité au parti présidentiel (l’Union pour la République) et ses alliés, devant le Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tawassoul), formation islamiste apparentée aux Frères musulmans d’Égypte, le parti El Wiam, réunissant des partisans de l’ancien président Ould Taya, et l’Alliance populaire progressiste (APP), dirigée par le président sortant de l’Assemblée nationale, M. Ould Boulkheir.
    La Coordination de l'opposition démocratique (COD), regroupant une dizaine de partis, boycotte cependant le scrutin.
    Parallèlement, la question de l’esclavage, toujours persistant en Mauritanie en dépit de son abolition officielle en 1981, refait surface à la suite notamment d’un rapport des Nations unies en août 2010. La loi adoptée en août 2007 criminalisant cette pratique reste en effet largement inappliquée malgré l’action des ONG comme « SOS esclaves » et l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) présidée par Biram Ould Dah Ould Abeid, plusieurs fois emprisonné et récompensé par le prix 2013 des Nations unies pour la cause des droits de l'homme. En 2012, l’interdiction de l’esclavage est inscrite dans la réforme constitutionnelle adoptée en mars et la peine encourue par les personnes condamnées pour ce fait est aggravée. Si ces efforts sont salués par la rapporteuse spéciale de l’ONU en février 2014, les associations abolitionnistes n’y voient qu’un vernis destiné à satisfaire la communauté internationale.

    9.2. Second mandat

    Le 21 juin 2014, l’élection présidentielle se tient conformément à la Constitution, mais les principaux partis d’opposition (la COD et Tawassoul) n’y participent toujours pas. Le président sortant l’emporte avec près de 82 % des voix, tandis que le taux de participation s’élève officiellement à 56 %. La surprise du scrutin est la deuxième place conquise par B. Dah Abeid (8,6 % des suffrages), militant antiesclavagiste qui s’est présenté comme candidat indépendant.
    Ménagé par les États occidentaux, dont la France, malgré des atteintes manifestes aux droits humains et aux libertés politiques dénoncées par la FIDH à l’issue d’une mission en juillet 2012 mais éclipsées par le rôle de la Mauritanie dans la lutte antiterroriste, M. Ould Abdel Aziz entame son second mandat sans avoir pacifié une société profondément divisée.

    10. Les relations extérieures

    La politique étrangère de la Mauritanie a lourdement pesé sur son histoire récente.

    10.1. Une diplomatie de compromis

    Le nationalisme économique a été à l'origine d'une méfiance des investisseurs occidentaux, compensée dans un premier temps par la générosité des pays arabes à l'égard de la jeune République islamique et par le maintien de l'aide publique française à un niveau élevé. Mais la prise de position du gouvernement en faveur de l'Iraq en 1991 lors de la guerre du Golfe a brusquement tari les financements de l'Arabie saoudite et du Koweït, créant des difficultés supplémentaires pour les finances publiques et le réseau bancaire.
    Un tournant diplomatique s'opère en 1999, lors de l'établissement de relations officielles avec Israël (amorcé dès 1996), qui entraîne un isolement politique de la Mauritanie au sein de la Ligue arabe, tandis que les relations avec l'Iraq se détériorent. Les États-Unis, satisfaits de ce changement de cap, intensifient leurs échanges commerciaux avec la Mauritanie.
    Après les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain, Nouakchott collabore pleinement avec ses nouveaux alliés, en procédant notamment à l'arrestation d'un homme suspecté de liens avec le réseau al-Qaida de Ben Laden. Mais des problèmes de sécurité subsistent aux frontières, où le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu à partir de janvier 2007 l'Organisation al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) intensifie ses activités, entraînant l'annulation du rallye Paris-Dakar en 2008.

    10.2. Au contact de l'Afrique noire et du Maghreb

    Désireuse de bénéficier de sa position d'intermédiaire entre l'Afrique noire et le Maghreb, la Mauritanie fait à la fois partie de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), de la Ligue arabe et de l'Union du Maghreb arabe. Elle choisit cependant de se désengager des ensembles ouest-africains en quittant la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en 2001. Mais cette volonté n'a pas empêché les tensions, voire les affrontements avec les voisins du Nord et du Sud.
    Les violences intercommunautaires de 1989 conduisent à une rupture des relations diplomatiques avec le Sénégal. Les concentrations de troupes de part et d'autre de la frontière font craindre le pire, mais les pressions internationales conduisent à une normalisation en 1992. Après plusieurs années, le 12 novembre 2007, la question des 25 000 réfugiés mauritaniens noirs au Sénégal et au Mali après les événements de 1989 trouve un règlement pacifique. Un problème semblable demeure avec le Mali : des Touareg fuyant les zones de combat se sont réfugiés en Mauritanie à partir de 1990.

    10.3. L'ancrage arabo-musulman

    La rupture des relations avec Israël (gelées en janvier 2009 puis rompues en mars 2010) et l’attention soutenue portée à la Libye, aux pays du Golfe, au Soudan à la Syrie et à l’Iran (visite officielle du président Abdel Aziz en janvier 2010, et d’Ahmadinejad à Nouakchott en septembre 2011), marquent la volonté du pouvoir de jouer de l’identité arabo-musulmane de la Mauritanie.

    10.4. La Mauritanie en première ligne contre AQMI

    La menace terroriste s’aggravant dans l’ensemble de la région sahélo-saharienne, la      Mauritanie soutient l’action de la communauté internationale et l’intervention française au Mali en 2013. Elle s’associe avec dix autres États (Algérie, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Libye, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal et Tchad) au « processus de Nouakchott »    , lancé par l’UA en mars en vue de renforcer la coopération sécuritaire et l’échange de       renseignements.                                                                                                                           
    En février 2014, elle accueille un sommet des chefs d’État de la région – Mali, Niger,               Tchad et Burkina Faso – qui donne naissance au « G5 du Sahel » dans le but de                                      coordonner les politiques de développement et de sécurité qui                                                             privilégieraient des projets dans des zones à l’abandon propices  au développement du terrorisme.                                                                                              
    Président en exercice de l'Union africaine, le chef de l'État mauritanien s’implique également dans la résolution du conflit au Mali où, en mai, il contribue à l’obtention d’un cessez-le-feu entre la rébellion touareg et l’armée, après une reprise des hostilités à           Kidal.    
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    L'Île Maurice

     Drapeau de l'Ile Maurice

    L'Île Maurice


    capital monde


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    capital monde



    Nom officiel: 
    République de Maurice

    Population: 1 331 155 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 155)
    Superficie: 2 040 km. car.
    Système politique: république, démocratie parlementaire
    Capitale: Port Louis
    Monnaie
    : roupie mauricienne
    PIB (per capita):
     16 100$ US (est. 2013)

    Langues:
    créole 86,5%, bhojpouri 5,3%, français 4,1%,
     autres 2,6% (incluant l'anglais, langue officielle parlée par moins de 1% de la population), autres 2,6%, non spécifié, 0,1% (recensement 2011)
    Religions:hindouistes 48.5%, catholiques romains 26,3%%, musulmans 17,3%, autres chrétiens 6,4%, autres 0,6%, aucune0,7% non spécifié 0,1% (recensement 2011)


    Liens utiles 

    • Cartes du pays:
    University of Texas Libraries: site très complet pour des cartes variées du pays et de ses composantes.
    • Données socio-économiques:
    CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc. (en anglais). Les données publiées plus haut proviennent surtout de ce site.
    L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique de l'Île Maurice, le tout mis en contexte.
    Organisation mondiale de la santé (OMS): la situation sanitaire de l'Île Maurice
    Perspective Monde - Maurice: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.

    GÉOGRAPHIE





    L'île Maurice (1 865km2) possède plusieurs dépendances (îles Rodrigues, Agalega et Cargados Carajos ou archipel Saint Brandon). Volcanique comme La Réunion, elle est cependant moins montagneuse, avec de vastes coulées basaltiques, à la pente faible, domaines des plantations de canne à sucre. Assez abondamment arrosée, avec cependant des différences liées à l'exposition et au relief, sur le trajet des cyclones intervenant pendant la saison chaude (été austral), l'île était initialement recouverte de forêts, qui n'occupent plus que les secteurs relativement accidentés (Sud-Ouest notamment) ayant échappé aux défrichements et à la plantation.
    La population est assez hétérogène. Les Indo-Mauriciens sont, de loin, les plus nombreux, suite à l'importation massive, entre 1834 et 1925, d'une main-d'œuvre indienne destinée à la culture de la canne à sucre ; ils représentent, aujourd'hui, environ les deux tiers de la population, avec une nette majorité hindouiste, mais aussi une forte minorité musulmane. Le reste de la population est africaine (descendants d'esclaves), malgache, chinoise (immigration plus récente), européenne (d'origine française ou britannique), avec de nombreux métissages (le pays compte environ 250 000 créoles). La langue officielle est l'anglais, mais le français et le créole (dérivé du français) sont couramment parlés ou compris. La population s'accroît désormais à un rythme relativement réduit (de l'ordre de 0,7 % par an), suite à une active politique de planning familial, entreprise malgré l'opposition de l'Église catholique, particulièrement influente en milieu créole. L'indice de fécondité (1,8 enfant par femme) est aujourd'hui l'un des plus faibles d'Afrique. La densité moyenne est très élevée (630 habitants par km2), mais l'urbanisation progresse lentement (42 % de citadins en 2007).





    La prospérité relative de l'île contraste avec la pauvreté de nombreux pays d'Afrique. L'économie reste dominée par la canne à sucre, quasi-monoculture couvrant environ 80 000 ha (soit près de 80 % des terres cultivées), dont la moitié sur de grandes exploitations privées. La production de sucre, relativement fluctuante, était de l'ordre de 500 000 tonnes en 2007. Elle est presque entièrement exportée, principalement vers la Grande-Bretagne et l'Union européenne, qui a accordé à Maurice, en 1975, un quota de 500 000 tonnes aux termes de la convention de Lomé. Les autres cultures commerciales (thé, tabac) arrivent loin derrière, les exportations de thé atteignant 5 000 tonnes en moyenne. L'agriculture vivrière (patate, maïs, riz) et l'élevage sont insuffisants pour nourrir la population, et Maurice doit importer du riz et de la viande.

    L'industrie, longtemps réduite à l'agroalimentaire, s'est diversifiée depuis 1970-1971, avec la création de zones franches industrielles (électronique, textile, etc.). Employant plus de 80 000 travailleurs en 1995, celles-ci ont considérablement réduit le chômage. Le tourisme s'est remarquablement développé, à l'image du nombre de visiteurs, en forte augmentation (900 000 en 2010). La balance commerciale reste cependant déficitaire et la dette extérieure a nettement augmenté, passant de 863 millions de dollars en 1980 à 2,1 milliards en 2005, le pays restant largement dépendant du marché international. Ses principaux partenaires commerciaux sont l'Union européenne, le Japon et l'Afrique du Sud.

    HISTOIRE


    1. L'implantation néerlandaise et la colonisation française


    1.1. Mauritius

    L'île, repérée par les navigateurs arabes, est reconnue par les Portugais de la flotte d'Afonso de Albuquerque au début du xvie siècle. En 1598, l'amiral néerlandais Wijbrand Van Warwijck en prend possession, et la baptise Mauritius en l'honneur du stathouder des Pays-Bas, Maurice de Nassau. Les Néerlandais y fondent un établissement (1618-1710), qui sera abandonné au profit du Cap.

    1.2. Île de France

    Les Français de la Compagnie des Indes, déjà maîtres de l'île Bourbon (aujourd'hui La Réunion), établissent leur domination sur Maurice, et la nomment île de France (1715). Colonisée à partir de 1721 et peuplée d'esclaves, elle présente sur l'île française voisine l'avantage de posséder d'excellents ports. Son gouverneur, Mahé de La Bourdonnais (1735-1746), fait de Port-Louis une grande base navale et la capitale de l'archipel. Passée à l'administration royale (1767), l'île de France trouve un intendant de valeur en la personne de Pierre Poivre, qui donne une vive impulsion au commerce et à l'agriculture.
    Entrant en rébellion contre le Directoire, les colons refusent la liberté à leurs esclaves que la Convention avait décrétée. Pendant les guerres napoléoniennes, le général Decaen résiste à partir de 1802 aux Anglais qui veulent détruire ce nid de corsaires, jusqu'à la capitulation du 3 décembre 1810.

    2. La colonisation britannique (1814-1968)

    Cédée au Royaume-Uni, qui tient à cette escale sur la route des Indes, lors du traité de Paris (1814), l'île reprend le nom de Mauritius. La période de la domination anglaise (1814-1968) fait perdre leur prépondérance aux anciens colons d'origine française. Elle est surtout marquée par l'essor de l'économie sucrière, qui entraîne, après l'abolition de l'esclavage (1833), l'immigration massive de travailleurs indiens pour cultiver la canne à sucre, dont beaucoup feront souche dans l'île (Indo-Mauriciens). À partir du milieu du xixe siècle, conséquence du développement de la culture de la betterave en Europe, l'économie sucrière subit une récession.

    En 1885, l'île est pourvue d'un Conseil législatif élu au suffrage censitaire. Le suffrage universel est introduit en 1948, et l'île est dotée en 1961 d'un statut de semi-autonomie. Les élections de 1963 donnent la victoire au parti travailliste (Labour Party), composé surtout d'Indiens, aux dépens de l'Independent Forward Block, du Comité d'action musulmane et du parti mauricien social-démocrate (PMSD) du créole Gaëtan Duval.

    En 1965, une conférence se tient à Londres. Le choix y est offert aux leaders de l'île entre l'association avec le Royaume-Uni, solution préférée par le PMSD, ou l'indépendance réclamée par les travaillistes. Ces derniers fusionnent avec l'Independent Forward Block et le Comité d'action musulmane en un parti de l'Indépendance. En 1965, les îles de Rodrigues sont définitivement rattachées à Maurice, tandis que l'archipel des Chagos (dont l'île de Diego Garcia), dépendant de Maurice, est cédé contre 3 millions de livres au Royaume-Uni (au plus fort de la guerre froide, en 1974, les Américains installeront une puissante base navale à Diego Garcia, avec l'accord du gouvernement britannique).

    3. L'indépendance (1968)

    Les élections de 1967 sont une victoire pour le parti de l'Indépendance, dirigé par sir Seewoosagur Ramgoolam. L'indépendance est proclamée le 12 mars 1968, sans rupture avec la Couronne britannique, représentée par un gouverneur général. La vie politique va être désormais marquée par des renversements d'alliance entre les différentes formations.

    Le parti travailliste et le PMSD s'allient pour les élections de 1969, qu'ils remportent ; mais, à plusieurs reprises, la coalition gouvernementale menace d'éclater. Une série de grèves amène le gouvernement à instaurer l'état d'exception (décembre 1971), prorogé jusqu'à la fin de 1972. Sur le plan extérieur, Maurice, qui conserve des liens étroits avec Londres, se rapproche de la France en 1970, et adhère à l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM), qui regroupe principalement des États africains francophones. Maurice signe la même année des accords de coopération avec la France.

    En décembre 1973, le PMSD quitte la coalition gouvernementale. La détérioration de la situation économique et le chômage qui l'accompagne entraînent une agitation qui favorise un nouveau parti orienté à gauche, le Mouvement militant mauricien (MMM). Animé par son secrétaire général Paul Bérenger, le MMM remporte les élections de décembre 1976, mais il est aussitôt frustré de sa victoire par une coalition du parti travailliste et des sociaux-démocrates, avec à sa tête sir Seewoosagur Ramgoolam. Le MMM prend sa revanche lors des élections de 1982, où, avec son allié le parti socialiste mauricien (PSM) de Harish Boodhoo, il remporte une écrasante majorité. Anerood Jugnauth, président du MMM, devient Premier ministre. En avril 1983, il quitte son parti pour fonder le Mouvement socialiste militant (MSM), qui s'unit avec le PSM jusqu'en 1988 et constitue avec ses anciens adversaires travaillistes et sociaux-démocrates une coalition qui remporte les élections d'août 1983. Sir S. Ramgoolam devient gouverneur général de l'île en décembre 1983 ; à sa mort (décembre 1985), Veerasamy Ringadoo lui succède. Lors des élections d'août 1987, la coalition gouvernementale, bâtie autour du MSM, conserve la majorité au Parlement, et A. Jugnauth reste Premier ministre. En juillet 1990, un pacte électoral est conclu avec le MMM de P. Bérenger, en vue de l'instauration de la république.

    3. La république

    À l'issue des élections de septembre 1991, remportées par la coalition MMM-MSM, P. Bérenger devient ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement formé par A. Jugnauth. En mars 1992, l'île devient une république, tout en restant dans le Commonwealth. V. Ringadoo en assure provisoirement la présidence jusqu'à la désignation à la tête de l'État (charge essentiellement honorifique) de Cassem Uteem en juillet (réélu en 1997).

    En août 1995, l'île adhère à la Southern Africa Development Community (SADC), regroupant plusieurs États d'Afrique australe, dont l'Afrique du Sud. En vue des élections législatives de décembre 1995, le MMM de P. Bérenger (qui avait quitté le gouvernement en 1993) s'allie au parti travailliste mauricien de Navin Ramgoolam (fils de l'ancien gouverneur général). Après l'écrasante victoire de leur coalition, N. Ramgoolam succède à A. Jugnauth au poste de Premier ministre, et P. Bérenger devient vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

    En juin 1997, N. Ramgoolam limoge P. Bérenger, dont le départ entraîne la démission des ministres MMM du gouvernement, qui conserve néanmoins la majorité à l'Assemblée avec ses 35 députés travaillistes, contre 25 au MMM Celui-ci conclut en août une alliance avec le PMSD, ce qui provoque une scission au sein du parti. Aux élections législatives de septembre 2000, l'alliance de l'opposition (MMM-MSM) remporte 54 des 62 sièges élus de l'Assemblée nationale. Cette large victoire consacre le retour de l'ancien Premier ministre A. Jugnauth.

    Le 7 octobre 2003, dans le cadre de l'accord conclu en 2000 entre les principaux partis mauriciens, sir A. Jugnauth est élu par l'Assemblée nationale président de la République, tandis que P. Bérenger, chef du MMM, lui succède à la tête du gouvernement. Ce dernier devient le premier chef de gouvernement de Maurice non issu de la communauté indienne, mais il cède la place dès juillet 2005 à N. Ramgoolam. Leader de l'Alliance sociale, la coalition formée autour du parti travailliste qui vient de remporter une large victoire aux élections législatives (38 sièges sur 70), N. Ramgoolam retrouve ainsi les fonctions de Premier ministre qu'il avait occupées de 1990 à 1995. Les élections municipales qui suivent en octobre 2005 sont marquées par un véritable raz-de-marée de l'Alliance sociale, qui a pris plusieurs mesures très populaires en début de mandat. P. Bérenger est remplacé en avril 2006 à la tête de l'opposition par Nandho Bodha (MSM), avant d'en redevenir le leader en septembre 2007.

    En septembre 2008, sir A. Jugnauth est réélu pour un nouveau mandat présidentiel de cinq ans par l'Assemblée nationale, à l'unanimité. À l'occasion de la célébration du quarantième anniversaire de l'indépendance de l'île, le gouvernement remet à l'ordre du jour un projet de réforme du système électoral : alors que les alliances politiques caractérisent la vie politique mauricienne, son ambition est de permettre aux électeurs de voter sur une base politique et non ethnique, tout en ménageant une représentation fidèle de la société, par l'introduction notamment d'une dose de proportionnelle. Un projet cependant reporté, tandis qu’aux élections de mai 2010, la coalition au pouvoir renforce encore ses positions en obtenant 45 sièges, l’opposition menée par P. Bérenger attribuant sa défaite au communalisme et au système électoral.

    En politique étrangère, Maurice revendique périodiquement Tromelin, une des « îles éparses » françaises autour de Madagascar. La question de la restitution à Maurice de l'archipel des Chagos fait l'objet de négociations avec le Royaume-Uni.                                                                                
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