Nom officiel: Monténégro Population: 650 036 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 167) Superficie:14 026 km. car. Système politique: république Capitale: Podgorica Monnaie: euro PIB (per capita):11 900$ US (est. 2013) Langues: serbe 42,9%, monténégrin (langue officielle) 37%, bosniaque 5,3%, albanais 5,3%, serbo-croate 2%, autres 3,5%, non spécifié 4% (est. 2011) Religions: orthodoxes 72,1%, musulmans 19,1%, catholiques 3,4%, athées 1,2%, autres 1,5%, non spécifié 2,6% (est. 2011)
Impressions du Monténégro
Ce petit pays, qui a fait partie de l'ancienne Yougoslavie, a obtenu son indépendance en 2006 en se retirant de l'état de Serbie-Monténégro.
Le Monténégro, c'est en fait deux pays. Le premier est une étroite bande méditerranéenne, d'influence vénitienne, façonnée par la mer. Une merveille naturelle, la baie de Kotor, s’enfonce profondément à l'intérieur des terres et abrite un petit bijou, la ville médiévale de Kotor. Tout au sud du pays, si vous ne craignez pas la foule, vous pouvez vous prélasser sur la plage de Ulcinj, dans les environs de la station balnéaire du même nom.
L'autre Monténégro, très accidenté, c'est celui de la montagne. C'est ici que l'on retrouve l'une des autres beautés naturelles du pays, les profondes et somptueuses gorges du Tara. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le parc national de Dormitor, le long de la Tara, fait maintenant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. À voir absolument.
Le pays ne compte aucune ville d'importance à part la capitale Podgorica, anciennement Titograd, qui compte environ 150 000 habitants. La ville a conservé peu de traces de son passé à cause de la Seconde Guerre mondiale. Le Monténégro s'inscrit facilement sur un itinéraire de visite de la côte dalmate à partir de la Croatie, ou de la Bosnie-Herzégovine en route vers la Serbie.
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University of Texas Libraries: site très complet pour des cartes variées d'un pays et de ses composantes.
Données socio-économiques:
CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc.(en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique au Monténégro, le tout mis en contexte.
Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé au Monténégro. Perspective Monde - Monténégro: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.
Nom officiel: Mongolie Population: 2 953 190 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 135) Superficie:1 564 116 km. car. Système politique: système mixte présidentiel / parlementaire Capitale: Oulan Bator Monnaie: togrog / tugrik PIB (per capita):5 900$ US (est. 2013) Langues: khalkha (ou mongol) 90%, turc, russe (1999) Religions: bouddhistes 53%, musulmans 3%, chrétiens 2,2%, chamanistes 2,9%, autres 0,4%, aucune 38,6% (2010)
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Données socio-économiques:
CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc.(en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique en Mongolie, le tout mis en contexte.
Banque asiatique de développement: donne accès à une vaste batterie de statistiques et d'indicateurs économiques sur des pays d'Asie.
Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé en Mongolie.
Perspective Monde - Mongolie: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.
Le désert de Gobi - Parc national Gobi Gurvansaikhan (Photo: Doron
Nom officiel: République de Moldavie Population: 3 583 288 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 130) Superficie:33 843 km. car. Système politique: république Capitale: Chisinau Monnaie: leu moldave PIB (per capita):3 800$ US (est. 2013) Langues: moldave 58,8% (langue officielle, quasi identique au roumain). roumain 16,4%, russe 16%, ukrainien 3,8%, gagaouze (un dialecte turc) 3,1%,bulgare 1,1%, autres 0,3%, non spécifié 0,4% (est. 2004) Religions: orthodoxes 93,3%, baptistes 1%, autres chrétiens 1,2%, autres 0,9%, athées 0,4%, aucune 1%, non spécifié 2,2% (est. 2004)
Impressions de la Moldavie
Ce petit pays de quatre millions d'habitants, dont le nom fait penser à une aventure de Tintin, est très peu connu.
La Moldavie, sans être une destination très excitante, n'est quand même pas dénuée d’intérêt. Nous nous y sommes arrêtés brièvement en route vers l'Ukraine à partir de la Roumanie.
La Moldavie, une des républiques de l’ex-Union soviétique,est devenue indépendante en 1991 suite à l’éclatement de l'URSS. C’est le premier pays de l’ancienne sphère d’influence soviétique qui a élu un parti communiste. Porté au pouvoir en 2001, le parti a été défait uniquement en 2009. Et ça se sent.
Avec un revenu annuel de 2 500$ par habitant, le pays est - et de loin - le plus pauvre du continent européen. Pourtant, plein de monde se promène en Mercédès ou en BMW à Chisineau, la capitale. Les anciens apparatchicks du parti communiste (les cadres supérieurs) ont fait main basse sur les entreprises d’État lors de la chute de l’empire soviétique. Ils les ont exploitées à leur fin en plus de mettre en place un système de corruption bien organisé. L'écart s'est encore creusé entre la classe des riches possédants et... les autres.
Dans un parc de Chisinau
La Moldavie n'est pas encore une destination touristique. Même le guide de voyage Lonely Planet la qualifie de destination hors des sentiers battus etelle risque de le rester un bon moment encore. On ne risque peut-être pas d'y côtoyer beaucoup de touristes occidentaux (nous n'en avons croisé aucun) mais,ceci dit, la ville de Chisineau, sans être absolument remarquable, est quand même agréable à parcourir. Et peu de gens savent que la Moldavie produit d'excellents vins. D'ailleurs, une des premières initiatives touristiques a consisté à y élaborer une véritable route des vins.
Chisinau - des vestiges du Réalisme soviétique
Comme en Moldavie on parle roumain, le nouveau gouvernement pro-occidental élu en 2009 jonglerait avec l’idée d’une réunification avec la Roumanie, voisin plus riche avec qui la Moldavie possède de solides affinités. Mais à cause des 25% de russophones à Chisineau, le projet ne fait pas l'unanimité.
La partie est de la Moldavie, la Transnistrie, soit la plus grande partie du pays qui longe la frontière avec l’Ukraine, est sous contrôle d’un gouvernement séparatiste, non reconnu, qui rançonne littéralement les étrangers (jusqu’à 300$) qui entrent sur son territoire. Le voyage y est donc déconseillé par les divers ministères des Affaires Étrangères.
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Données socio-économiques:
CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc.(en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique en Moldavie, le tout mis en contexte.
Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé en Moldavie.
Perspective Monde - Moldavie: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.
Nom officiel: États Unis du Mexique Population: 120 286 655 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 11) Superficie:1 972 550 km. car. Système politique: république fédérale Capitale: Mexico Monnaie: peso mexicain PIB (per capita):15 600$ US(est. 2013) Langues: espagnol seulement 92,7%, espagnols et langues indigènes 5,7%, non spécifié 0,8%. Les langues indigènes incluent: maya, nahuati et autres langues régionales (est. 2005). Religions: catholiques romains 82,7%, pentecôtistes 1,6%, témoins de Jéhovah 1,4%, autres églises évangéliques 5%, autres 1,9%, aucune 4,7%, non spécifié 2,7% (est.t 2010)
capitale monde
Impressions du Mexique
Le Mexique est un pays haut en couleur et très diversifié qui mélange avec bonheur ses influences amérindiennes, espagnoles et nord-américaines. Partout, ces influences laissent des traces visibles qui donnent au pays son caractère si particulier.
Au Mexique, il est possible d'apprécier dans tout le pays de magnifiques villes coloniales avec des centres historiques superbement conservés : Guanajuato ou San Miguel de Allende, dans le nord, Veracruz ou Campeche, sur la côte est, Merida au Yucatan et Oaxaca ou Taxco, plus au sud. Il ne faut pas non plus négliger Guadalajara, au nord-ouest de Mexico, la seconde ville du pays. La ville, moderne et très vivante, possède néanmoins un patrimoine culturel et architectural impressionnant.
Chichen Itza
Même si Mexico est l’une des grandes mégapoles de la planète, sa visite est étonnamment facile et agréable. N’écoutez pas les prophètes de malheur : la ville est belle, invitante et fascinante, à la fois très moderne et fortement attachée à son passé riche et mouvementé.
Pour bien comprendre l'histoire et la culture précolombiennes du Mexique et l’importance de ses sites archéologiques, une visite au Museo Nacional de Antropologia de Mexico s'impose. Le musée, un des plus beaux du monde, est une merveille de vulgarisation intelligente.
Campeche
Parce que le Mexique, c'est aussi parcourir de fabuleux sites archéologiques tous plus impressionnants les uns que les autres: Teotihuacan, le centre de l'empire aztèque, et Palenque, Uxmal, Chichen Itza ou Tulum, les flamboyantes cités mayas.
Tous méritent une visite pour y admirer l'extraordinaire savoir-faire des premiers habitants de la région et y découvrir leur surprenante culture.
Chichen Itza fait d'ailleurs partie de la liste des 7 nouvelles merveilles du monde, suite à un concours international tenu en 2007.
Le Mexique est bordé au nord par les États-Unis et au sud par le Belize et le Guatemala.
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L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique au Mexique, le tout mis en contexte.
OCDE: toutes les statistiques et analyses de l'OCDE sur le Mexique.
Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé au Mexique. Perspective Monde - Mexique: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU MEXIQUE
Le Mexique se situe au 2e rang en Amérique latine pour la population (qui s'accroît encore rapidement), au 3e
pour la superficie (plus du triple de celle de la France). Coupé par le
tropique, c'est un pays de hautes terres, où l'altitude modère les
températures sur les plateaux du centre,
qui concentrent la majeure partie d'une population fortement métissée.
Le Nord est aride, semi-désertique, alors que le Sud a un climat
tropical humide, domaine parfois de la forêt. Le volcanisme est
localement présent et les séismes sont fréquents.
Mexico
Le pétrole, dont le pays est l'un des grands
producteurs mondiaux, est devenu la principale richesse, loin devant les
autres ressources du sous-sol (argent, cuivre, fer, etc.) et les
plantations (agrumes, canne à sucre, caféiers, cotonniers). Le maïs et
l'élevage bovin sont destinés au marché intérieur. L'exode rural et la
forte natalité expliquent la rapidité de l'urbanisation (les trois
quarts des Mexicains sont des citadins, une cinquantaine de villes
dépassent 100 000 habitants et Mexico
est l'une des plus grandes agglomérations du monde) et la persistance
de l'émigration – souvent clandestine – vers les États-Unis (flux qui
tend toutefois aujourd'hui à se ralentir). Si le sous-emploi reste
important, certains secteurs industriels (constructions mécaniques :
machines, automobiles, aéronautique ; équipements électriques et
électroniques ; chimie) sont dynamiques. Les États-Unis constituent de
loin le principal client du Mexique, intégré depuis les années 1990 dans
le marché commun nord-américain institué par l'ALENA. Le tourisme,
développé, est aujourd'hui pénalisé par l'insécurité régnant dans le
pays.
Nom officiel: République islamique de Mauritanie Population: 3 516 806 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 133) Superficie:1 030 700 km. car. Système politique: junte militaire Capitale: Nouakchott Monnaie: ouguiya PIB (per capita): 2 200$ US(est. 2013) Langues:arabe (langue officielle), hassanya, poular, soninké, français, wolof Religion: musulmans 100%
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Données socio-économiques:
CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc.(en anglais). Les données publiées plus haut proviennent de ce site.
L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique de la Mauritanie, le tout mis en contexte.
Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé en Mauritanie. Perspective Monde - Mauritanie: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.
GÉOGRAPHIE
1. Le milieu naturel
Adrar
Immensité et platitude caractérisent les paysages. Au nord, les
pénéplaines sahariennes parsemées d'inselbergs (culminant à la Kedia
d'Idjil) correspondent à l'affleurement du socle granitique, où les
étendues caillouteuses (regs) alternent avec les longues bandes de dunes
(ergs). Au centre, les plateaux gréseux de l'Adrar et du Tagant
s'ennoient vers l'est, sous les énormes amas dunaires de la Madjabat
el-Koubra. Ils sont échancrés au sud-est par la cuvette du Hodh,
partiellement ensablée. Le Sud-Ouest (Trarza, Brakna) est une plaine,
également striée de cordons dunaires, partie du bassin sédimentaire
sénégalo-mauritanien, incisée par la vallée du fleuve Sénégal et
terminée à l'ouest par une côte basse, rectiligne et sableuse.
Le climat doit son aridité à la persistance des
alizés provenant des hautes pressions subtropicales ; en été, la mousson
peut remonter jusqu'au tropique, donnant quelques pluies faibles et
irrégulières (500 mm par an dans le Sud, 138 mm à Nouakchott, 109 mm à
Atar). Les températures sont élevées (les moyennes annuelles sont
supérieures à 25 °C), elles peuvent descendre aux environs de 10 °C en
décembre-janvier et s'élever à 35 °C en mai-juin. Ainsi s'explique la
division du pays en deux parties : les deux tiers septentrionaux sont
sahariens, le tiers méridional est sahélien. La limite entre les deux
zones varie constamment et l'emprise du Sahara s'accentue lors des
grandes sécheresses comme celle des années 1970.
Au Sahara, l'écoulement des eaux est exceptionnel, et
la végétation est concentrée dans quelques oasis. Au Sahel, quelques
cours d'eau intermittents se perdent dans des dépressions ou se
raccordent difficilement au fleuve Sénégal ; la couverture végétale est
une maigre steppe arborée où le tapis de graminées est dominé de loin en
loin par des acacias.
2. La population
Les conditions géographiques – le Sahara occupe les deux tiers du
territoire – expliquent la très faible densité moyenne de population, de
l'ordre de 2 habitants par km2. Dans le Sud cependant, les
rives du fleuve Sénégal connaissent une plus grande concentration
d'habitants, très majoritairement noirs. Nouakchott, capitale créée de
toutes pièces après l'indépendance (6 000 habitants en 1965), est
devenue une agglomération importante qui accueille, aujourd'hui, le
tiers des Mauritaniens, dont de très nombreux anciens nomades, que la
sécheresse a condamnés à changer de mode de vie. Avec le port de
Nouadhibou, au nord, et quelques rares centres secondaires, dont
Zouerate, la ville minière du désert, le taux d'urbanisation dépasse
50 %. Le pays connaît une croissance démographique soutenue, de l'ordre
de 3 % par an, liée à une très forte fécondité.
On distingue généralement trois groupes humains. Les
Beidanes, ou Maures blancs, sont issus des vagues de peuplement
successives berbères et arabes plus ou moins métissées avec les
populations noires anciennement implantées. Ils parlent un dialecte
arabo-berbère et sont, ou plutôt étaient, organisés en tribus nomades.
Les Haratines sont des Noirs, anciens esclaves des Beidanes, fortement
métissés avec eux et parlant la même langue. Quant aux Noirs du Sud, ils
appartiennent aux peuples vivant de part et d'autre du fleuve Sénégal
(Ouolofs, Toucouleurs, Soninkés, etc.). Malgré une unité assurée par la
religion, un islam sunnite de rite malékite, cette structure héritée de
l'histoire pèse toujours lourdement sur les rapports sociaux. Les
profondes mutations enregistrées depuis les années 1970 ont même
entraîné un raidissement dans les relations entre les communautés.
L'esclavage – il s'agit d'un esclavage domestique – a été juridiquement
aboli en 1981. Les relations de dépendance n'ont cependant pas
totalement disparu, même si elles sont altérées par le développement de
la vie urbaine.
3. L'économie
La sécheresse des années 1970 a eu de graves répercussions
économiques, frappant durement la plus ancienne des trois activités
principales du pays, à savoir l'élevage. Celui-ci concerne,
essentiellement, les ovins et les caprins, et, dans une moindre mesure,
les dromadaires et les bovins. La reconstitution du cheptel est en cours
depuis le milieu des années 1980. L'agriculture, surtout vivrière, est
concentrée dans le Sud, exception faite des cultures d'oasis. La mise en
service du barrage de Diama, sur le fleuve Sénégal, entre Rosso et
l'océan, a permis d'accroître les superficies irriguées. Malgré cela, le
pays n'est pas autosuffisant et les produits alimentaires constituent
une part notable des importations.
L'exploitation du minerai de fer, dans le nord du
pays, depuis 1963, a été à l'origine d'un boom économique sans
précédent. Le fer est longtemps resté la principale ressource
d'exportation. Mais, avec la baisse de la demande mondiale et
l'épuisement des gisements les plus rentables, son importance a
sensiblement décru, tant en valeur absolue que relative. La relance de
la production de minerai de fer suppose la réhabilitation du port
minéralier de Nouadhibou et la modernisation du chemin de fer. C'est
aujourd'hui la pêche qui constitue la première richesse du pays. Elle
est à 95 % industrielle, les armements étrangers (russe, japonais,
espagnol, portugais, français) restant prépondérants. Mais le risque de
surexploitation a conduit le gouvernement à prendre les premières
mesures de surveillance. L'industrie, assez peu développée, est
concentrée à Nouadhibou (transformation du poisson, métallurgie,
ateliers de réparation, raffinerie) et à Nouakchott (industries légères
de biens de consommation), où s'active également un « secteur informel »
fournissant de nombreux emplois.
La Mauritanie est désormais, depuis 2006, un pays
producteur de pétrole. Un début d'exploitation de quelques gisements de
pétrole offshore (gisement de Chinguetti découvert en 2001 par 800 m de
profondeur) suscite l'espoir. La Mauritanie vend aussi du cuivre et de
l'or.
La politique nationaliste menée par les gouvernements
successifs s'est traduite par le développement du secteur public ou
mixte, par la mise en place d'un contrôle administratif de l'économie et
par un fort endettement extérieur (envers, notamment, la Chine
populaire et, surtout, les pays arabes). Avec la crise et l'intervention
du FMI et de la Banque mondiale, cette orientation a été remise en
question, sans grands résultats jusqu'à présent. La dévaluation de
l'ouguiya en octobre 1992, suivie d'une forte hausse des prix, a été à
l'origine d'une exacerbation des tensions sociales, qui demeurent vives.
HISTOIRE
1. Premiers peuplements
Les nombreux sites archéologiques mauritaniens n'ont pas livré tous
leurs secrets, mais ils indiquent la présence d'un peuplement très
ancien, remontant au paléolithique. Il a varié au gré des grandes
alternances climatiques, atteignant son apogée il y a 5 000 ans. À cette
époque, les communautés agropastorales sédentaires dominaient, comme en
témoigne la centaine de villages fortifiés du Dhar Tichit, sur la
falaise de l'Aouker. Il s'agissait vraisemblablement de populations
noires. Depuis, l'aridité croissante, qui perdure aujourd'hui, a
progressivement rejeté vers le sud l'essentiel des populations, le
désert n'accueillant plus que des pasteurs nomades.
Les Berbères du groupe des Sanhadjas, fortement implantés dès le iiie siècle,
deviennent alors, grâce à leurs dromadaires, les maîtres du commerce de
l'or, de l'ivoire et des esclaves entre l'Afrique du Nord et le Sahel.
2. Les Almoravides
2.1. La conversion à l'islam et les guerriers de la foi
Au milieu du xie siècle, deux des tribus berbères sanhadjas qui nomadisent entre Sénégal et Maroc se donnent pour chef religieux Abd Allah ibn Yasin (?-1059). Sous son impulsion, les Berbères adoptent les règles d'un islam très austère, enseigné dans le ribat, véritable couvent militaire.
Ces guerriers de la foi (en arabe al-Murabitun, les « gens du ribat », devenus Almoravides) se dirigent les uns vers le sud, où, avec l'aide des Peuls du Tekrour, ils abattent l'empire du Ghana, les autres vers le nord.
Le Maroc et une partie de l'Algérie sont soumis entre 1060 et 1080, et le roi de Castille, Alphonse VI, qui mène une lutte de reconquête contre les musulmans d'Espagne, est battu à Zalaca
(Sagrajas) en 1086. Cette épopée est aussi brillante qu'éphémère : le
trop vaste empire, miné par les ambitions des émirs locaux, s'effondre
en 1087 au sud et en 1147 au nord. Mais elle marque durablement la
Mauritanie, généralisant le rite malékite, et demeure dans les esprits
comme une période glorieuse.
2.2. Empire du Mali, Empire songhaï
Sur les ruines de l'empire du Ghana se fonde au xiiie siècle l'empire du Mali, qui étend son autorité sur le sud-est de la Mauritanie actuelle. L'Empire songhaï,
qui lui succède deux cents ans plus tard, voit son autorité limitée par
la renaissance du royaume peul de Tekrour, qui prospérera jusqu'au xviiie siècle.
2.3. La conquête des Arabes Hassan
À partir du début du xve siècle, les
Arabes Hassan pénètrent dans le pays par le nord, à la recherche de
territoires pour leurs troupeaux. Leurs relations avec les Sanhadjas
sont le plus souvent conflictuelles et la guerre de Charr Boubba
(1644-1674) consacre leur suprématie. Mais il en résulte une
interpénétration des populations, donnant naissance à une société
nouvelle, dont Chinguetti devient le brillant symbole.
3. Les contacts avec les Européens et la colonisation
3.1. Pénétration portugaise puis française
Les Portugais sont les premiers, dès 1434, à commercer avec les tribus locales. Les Français s'installent à Saint-Louis,
au Sénégal, deux siècles plus tard, rivalisant avec les Anglais et les
Hollandais, alors que se créent plusieurs émirats guerriers maures. La
gomme arabique, nécessaire à la teinture des étoffes, prend une place
essentielle dans les transactions. La colonisation progresse à partir du
fleuve Sénégal, la navigation sur celui-ci étant constamment menacée
par les Maures.
3.2. De la résistance à la soumission des chefs rebelles
Le gouverneur du Sénégal, Louis Faidherbe, s'oppose, à partir de 1854, à l'émirat du Trarza, qui passe sous protectorat français en 1891. Le capitaine Xavier Coppolani obtient sans grandes difficultés en 1899 l'allégeance du Hodh,
puis en 1902 celle des émirs du Trarza et du Brakna. En revanche, il se
heurte, au centre et au nord, à une très vive résistance menée par le
cheikh Ma el-Aïnin, soutenu par le Maroc. Xavier Coppolani est assassiné
à Tidjikdja en 1905.
Pour lutter contre les rezzous (bandes armées) qui se
multiplient, la France organise fin 1908 une expédition militaire
dirigée dans un premier temps par le colonel Henri Gouraud.
Ma el-Aïnin, qui s'est aliéné le soutien du sultan du Maroc, n'est
vaincu qu'en 1910. En réalité, la pacification du Nord est plus
apparente que réelle. Il y aura de nombreux rezzous avant que la
soumission des chefs rebelles soit obtenue en 1933 et 1934.
Entre-temps, l'administration du territoire est
passée des mains des militaires à celles des civils (1904). Elle est
installée à Saint-Louis, qui est également la capitale du Sénégal. La
Mauritanie devient colonie à part entière au sein de
l'Afrique-Occidentale française (AOF) en 1920. La politique coloniale
est des plus sommaires. Le pays est pauvre, et la paix constitue le seul
objectif de la France qui ne voit dans la Mauritanie qu'un maillon
assurant la continuité de l'Empire colonial entre l'Afrique du Nord et
l'Afrique occidentale. En l'absence de moyens propres, la métropole
s'appuie sur les chefs traditionnels.
4. Vers l'indépendance
En 1946, la Mauritanie devient territoire d'outre-mer, puis, grâce à la loi Defferre
(1956), accède à l'autonomie interne. Toutefois, le nombre de cadres en
mesure de conduire les affaires du pays est extrêmement réduit et la
vie politique peu active. Moktar Ould Daddah,
un jeune avocat moderniste, et sa formation, le parti du Regroupement
mauritanien (PRM), gagnent haut la main les élections législatives de
1959. Moktar Ould Daddah devient le premier président de la jeune
République islamique, dont l'indépendance est proclamée le 28 novembre
1960.
Le Maroc, qui revendique le territoire au nom de
l'unité jadis réalisée par les Almoravides, mais qui est surtout
intéressé par les richesses minières du pays (fer et cuivre), s'y était
opposé. Il avait même officieusement soutenu l'Armée de libération du
Sahara marocain qui avait envahi en 1958 le Sahara espagnol et le nord
de la Mauritanie. L'opération militaire « Écouvillon », montée
conjointement par la France, alors en pleine guerre d'Algérie, et l'Espagne, avait rapidement mis fin aux velléités marocaines.
Pour en savoir plus, voir l'article Sahara occidental.
5. Moktar Ould Daddah et la recherche de l'unité
Aux yeux de tous les observateurs, l'indépendance est un véritable
pari : le pays paraît peu homogène, l'État est faible et dépendant des
recettes minières, donc des intérêts étrangers. Pour y faire face,
Moktar Ould Daddah met en place (1961) une Constitution de type
présidentiel, déplace la capitale de Saint-Louis à Nouakchott
(1962) et transforme le PRM en parti du Peuple mauritanien (PPM), qui
englobe toutes les formations existantes. En 1965, le PPM est
institutionnalisé parti unique.
Le pays connaît une première épreuve en 1966 : des
incidents violents opposent Arabo-Berbères et Noirs de la vallée du
Sénégal. L'habileté modératrice manifestée par le président, si elle
permet d'éviter le pire, ne résout pas définitivement la question
linguistique, relancée notamment en 1968 par la décision de faire de
l'arabe la seconde langue officielle du pays, conjointement avec le
français. En contrepartie, le wolof, le soninké et le poular, langues négro-africaines, sont déclarées langues nationales.
La fin des années 1960 et le début de la décennie
suivante sont marqués par l'agitation sociale (mouvements étudiants,
grèves) et par la montée d'une contestation nationaliste de gauche. Des
partis clandestins sont créés. Moktar Ould Daddah infléchit alors
nettement sa politique dans le sens d'une radicalisation. La Mauritanie
crée sa propre monnaie, le ouguiya (1972), quitte la zone franc,
dénonce les accords de coopération passés avec la France (1973), et
surtout, nationalise la Miferma, société chargée de l'exploitation des
mines de fer dont le capital était principalement français (1974).
6. La Mauritanie des colonels
6.1. Aux prises avec le Front Polisario
À partir de 1973, la décolonisation du Sahara espagnol entraîne la
Mauritanie dans des complication croissantes. L'accord de Madrid du
14 novembre 1975 reconnaît la souveraineté marocaine sur la Saguia el-Hamra
et celle de la Mauritanie sur le Río de Oro. Les troupes mauritaniennes
entrent à la fin de 1976 à Dakhla (ex-Villa Cisneros). Dès lors le Front Polisario,
qui ne reconnaît pas le partage, s'en prend au territoire mauritanien :
attaque de Nouakchott (8 juin 1976), interruption des trains de minerai
entre Zouerate et Nouadhibou (octobre-décembre 1977), guérilla
intensive.
Pour en savoir plus, voir l'article Sahara occidental.
Ces événements ébranlent le régime et provoquent une
grave détérioration de l'activité économique. Moktar Ould Daddah est
renversé par un coup d'État militaire le 10 juillet 1978, la
Constitution suspendue, le PPM interdit, le gouvernement et le Parlement
dissous. Un Comité militaire de redressement national (CMRN) s'installe
au pouvoir, dirigé par le colonel Ould Salek, qui tente de mettre fin à
l'aventure ouest-saharienne.
6.2. Le règlement de la question saharienne
Moins d'un an plus tard, l'armée intervient de nouveau (6 avril
1979) et remplace le CMRN par un Comité militaire de salut national
(CMSN). Son président, le colonel Ahmed Ould Bouceif meurt le 27 mai
suivant dans un accident d'avion. Le colonel Mohamed Mahmoud Ould Ahmed
Louly devient chef de l'État, et le colonel Mohamed Khouna Ould
Haidalla, Premier ministre. Le 7 août 1979, la Mauritanie signe à Alger
un accord avec le Front Polisario, renonçant à toute revendication sur
le Sahara occidental, et les troupes marocaines regagnent leur pays. Le
4 janvier 1980, Mohamed Khouna Ould Haidalla s'empare des deux
fonctions, auxquelles il ajoute celle de président du CMSN. Son passage
au pouvoir est marqué par une tentative de coup d'État soutenue par le
Maroc (mars 1981) et un complot pro-irakien (février 1982), ainsi que
par la création des Forces de libération africaine de Mauritanie (FLAM),
mouvement clandestin d'émancipation des Noirs mauritaniens.
7. Les années Ould Taya (1984-2005)
7.1. Affrontements interethniques entre Maures et Noirs mauritaniens
En décembre 1984, le colonel Ould Taya,
chef d'état-major, ancien Premier ministre, profite de l'absence de
Mohamed Khouna Ould Haidalla pour le renverser. L'opposition entre les
Maures blancs (ou Beidanes) au nord, qui détiennent le pouvoir d'État,
les Haratinse (esclaves noirs affranchis ou non) et les ethnies
négro-africaines dans la bande sud, riveraine du fleuve Sénégal, passe
au premier plan. L'abolition de l'esclavage décrétée en 1981 sous la
pression du mouvement de libération des Haratines est encore en partie
formelle. L'orientation de plus en plus radicalement arabe du régime se
heurte à l'opposition des Négro-Africains.
Un coup d'État mené par deux officiers noirs est
déjoué en septembre 1987 et ses responsables exécutés. Les incidents
frontaliers avec le Sénégal, en avril 1989, dégénèrent en véritables
pogroms contre les « Sénégalais », et n'épargnent pas les Noirs
mauritaniens. Des dizaines de milliers d'entre eux fuient le pays ou
sont expulsés, ce qui nécessite l'intervention de l'aide humanitaire
internationale. Deux nouveaux mouvements d'opposition noire radicale
sont créés à cette époque : le FURAM (Front uni pour la résistance armée
en Mauritanie) et le FRUIDEM (Front de résistance pour l'unité,
l'indépendance et la démocratie en Mauritanie).
7.2. Timides avancées démocratiques…
La pression mondiale en faveur de la démocratisation tarde à
produire ses effets : les élections municipales de décembre 1990 sont
précédées de dizaines d'arrestations d'officiers et de cadres civils
noirs. Une nouvelle Constitution est adoptée le 12 juillet 1991. Une
élection présidentielle est organisée dans les premiers mois de 1992.
Elle consacre la victoire du colonel Ould Taya. Sa formation, le parti
républicain démocrate et social (PRDS), remporte une éclatante victoire
aux élections législatives d'octobre 1996.
En décembre 1997, le colonel Ould Taya remporte sans
surprise l'élection à la présidence, avec 90,25 % des voix, face à une
opposition divisée qui pratique la politique de la chaise vide. Mais la
vie politique officielle se circonscrit aux partis maures, et le
gouvernement mauritanien continue d'être la cible des critiques des
organisations internationales de défense des droits de l'homme.
7.3. … avant le retour au durcissement
En octobre 2001, les formations d'opposition décident de participer
aux élections municipales et législatives, désireuses de mettre à
l'épreuve le président, qui a promis la transparence. Le PRDS remporte
la majorité des sièges avec 51 % des suffrages. Devant ce résultat
mitigé (perte de plusieurs municipalités importantes), le colonel Ould
Taya remplace le secrétaire général du PRDS par l'un de ses proches,
afin de préparer la prochaine élection présidentielle. Le 8 juin 2003,
une tentative de putsch fomentée par des officiers radiés de l'armée
nationale (15 morts et 69 blessés) est déjouée par le régime, qui échoue
cependant à intercepter les auteurs. Faisant fi des aspirations au
changement émanant de l'opposition et de la population, le chef de
l'État, de plus en plus isolé par son exercice très personnalisé du
pouvoir, renforce son contrôle sur le pays et, cherchant à obtenir les
bonnes grâces des États-Unis, intensifie sa répression des milieux
islamistes.
À la veille du scrutin des 7 et 8 novembre, à l'issue
duquel il est réélu avec 66,7 % des suffrages, il fait interpeller,
puis remettre en liberté pour quelques heures, son principal compétiteur
Mohamed Khouna Ould Haidalla : ce dernier recueille 18,7 % des
suffrages, Ahmed Ould Daddah, 6,9 %, et Messaoud Ould Boulkheir, le
candidat des Haratines, 5 %. Tous les trois dénoncent des fraudes
massives.
En août et septembre 2004, deux nouvelles tentatives
de putsch d'officiers, regroupés au sein d'une organisation appelée
« Cavaliers du changement », sont à nouveau déjouées par les autorités
mauritaniennes, qui accusent le Burkina Faso de les avoir préparées avec
le soutien financier de la Libye. À cette inquiétude sécuritaire
viennent s'ajouter des signes tangibles d'instabilité : en janvier, le
procès politique de l'ex-président Mohamed Khouna Ould Haidalla, accusé
d'avoir tenté de renverser le pouvoir ; en juillet, le remaniement de
l'équipe gouvernementale. Finalement, le 3 août 2005, le président Ould
Taya est renversé par une junte d'officiers dirigée par le colonel Ely
Ould Mohamed Vall, directeur de la sûreté nationale, qui s'empare sans
violence du pouvoir.
8. Une transition démocratique sans lendemain
Bien accueilli par la population, salué par l'opposition en exil
(les mouvements islamistes et les « Cavaliers du changement ») et
l'opposition légale qui réclame d'y être associée, soutenu par le PRDS,
le changement de pouvoir suscite rapidement la bienveillance de la
communauté internationale. Les nouvelles autorités, réunies au sein d'un
Comité militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), s'engagent à
conduire une transition de vingt-quatre mois. Un gouvernement provisoire
constitué de civils et dirigé par le Premier ministre Sidi Mohamed Ould
Boubacar est mis en place le 10 août 2005. La Constitution est
maintenue, le Parlement est dissous. Le 25 juin 2006, un référendum
constitutionnel est adopté par 96,9 % des votants qui approuvent
l'instauration d'un mandat présidentiel réduit de 6 à 5 ans, et
renouvelable une seule fois.
À l'issue des élections législatives et municipales
du 19 novembre et du 3 décembre 2006, la Coalition des forces du
changement démocratique (CFCD), incluant des « indépendants » ainsi que
4 islamistes modérés, remporte 41 sièges à la nouvelle Assemblée
nationale, où un grand nombre de femmes fait également son entrée. Une
première en Mauritanie, l'élection présidentielle du 11 mars 2007 voit
19 candidats en lice et s'achève par un deuxième tour, le 25 mars,
remporté par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le candidat
« indépendant » avec 52,8 % des suffrages devant Ahmed Ould Daddah
(47,1 %), l'opposant historique.
En dépit d'une incontestable démocratisation, le pays
est en proie à l'instabilité et à l'insécurité, les conditions de vie
se dégradent, la production pétrolière s'avère décevante. En crise
ouverte depuis juin 2008 avec sa majorité, le président perd la plupart
de ses soutiens politiques au Parlement avec la démission de 25 députés
et 23 sénateurs du Pacte national pour la démocratie et le développement
(PNDD), sa propre formation. Le 6 août, quelques heures après avoir
décrété le limogeage d'importants dirigeants militaires, il est
renversé, ainsi que son Premier ministre, sans effusion de sang.
9. Les présidences de Mohamed Ould Abdel Aziz et le bras de fer avec l’opposition (depuis 2009)
9.1. Premier mandat (2009-2014)
Réunis au sein d'un « Conseil d'État » dirigé par l'ex-chef
d'état-major du président et commandant de la garde présidentielle,
Mohamed Ould Abdel Aziz, les putschistes promettent d'organiser un
retour prochain à l'ordre constitutionnel. Sous la pression de la
communauté internationale (de l'Union africaine qui adopte des sanctions
à l'encontre de la junte, et de l'Union européenne qui suspend ses
programmes de coopération) et avec la médiation de la Libye puis du
Sénégal, le pouvoir et l'opposition engagent de difficiles pourparlers à
partir de février 2009. Un accord-cadre est signé en juin 2009
prévoyant la mise en place d'un gouvernement d'union nationale de
transition chargé d'organiser l'élection présidentielle, finalement
fixée au 18 juillet.
À l'issue d'un scrutin auquel participent plus de
65 % des électeurs, M. Ould Abdel Aziz l'emporte dès le premier tour
avec plus de 52 % des voix devant neuf candidats dont les trois figures
majeures de l'opposition : Messaoud Ould Boulkheir, président de
l'Assemblée nationale et candidat du Front national pour la défense de
la démocratie (16,6 %), Ahmed Ould Daddah, chef du Rassemblement des
forces démocratiques (13,4 %) et l'ancien putschiste E. Ould Mohamed
Vall, relégué à la sixième place avec 3,8 % des suffrages. Ces derniers
dénoncent une fraude massive – contrairement aux constatations des
observateurs internationaux de l'UA et de l'OIF – et déposent un recours
devant le Conseil constitutionnel qui le rejette, confirmant les
résultats alors que la démission du président de la Commission
électorale indépendante ainsi que les écarts de voix constatés dans
certains fiefs de l'opposition jettent un doute sérieux sur la fiabilité
du scrutin. L'élection est cependant entérinée par plusieurs États,
dont la France et les États-Unis, soucieux d'une normalisation après un
an de crise institutionnelle, et le président Aziz est officiellement
investi le 5 août.
Trois jours après cette intronisation, un
attentat-suicide revendiqué par al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) est
commis contre l’ambassade de France à Nouakchott.
Le gouvernement, qui s’est engagé à lutter fermement
contre le terrorisme, renforce les moyens de l’armée pour la lutte
contre l’organisation djihadiste. En juillet 2010, une nouvelle loi
antiterroriste est adoptée.
Fortement contesté, le président n’hésite pas à
recourir à la force contre les manifestations mais tente aussi d’asseoir
sa légitimité en réunissant en septembre-octobre 2011 une conférence
nationale en vue de lancer un dialogue national inclusif. En l’absence
de garantie pour l’application des réformes, cette ouverture partielle
est toutefois rejetée par les principales formations de l’opposition
alors que les élections législatives, prévues pour novembre, ont été
reportées sine die.
Finalement organisées en novembre-décembre 2013,
elles donnent une très large majorité au parti présidentiel (l’Union
pour la République) et ses alliés, devant le Rassemblement national pour
la réforme et le développement (Tawassoul), formation islamiste
apparentée aux Frères musulmans
d’Égypte, le parti El Wiam, réunissant des partisans de l’ancien
président Ould Taya, et l’Alliance populaire progressiste (APP), dirigée
par le président sortant de l’Assemblée nationale, M. Ould Boulkheir.
La Coordination de l'opposition démocratique (COD), regroupant une dizaine de partis, boycotte cependant le scrutin.
Parallèlement, la question de l’esclavage, toujours
persistant en Mauritanie en dépit de son abolition officielle en 1981,
refait surface à la suite notamment d’un rapport des Nations unies en
août 2010. La loi adoptée en août 2007 criminalisant cette pratique
reste en effet largement inappliquée malgré l’action des ONG comme
« SOS esclaves » et l’Initiative pour la résurgence du mouvement
abolitionniste en Mauritanie (IRA) présidée par Biram Ould Dah Ould
Abeid, plusieurs fois emprisonné et récompensé par le prix 2013 des
Nations unies pour la cause des droits de l'homme. En 2012,
l’interdiction de l’esclavage est inscrite dans la réforme
constitutionnelle adoptée en mars et la peine encourue par les personnes
condamnées pour ce fait est aggravée. Si ces efforts sont salués par la
rapporteuse spéciale de l’ONU en février 2014, les associations
abolitionnistes n’y voient qu’un vernis destiné à satisfaire la
communauté internationale.
9.2. Second mandat
Le 21 juin 2014, l’élection présidentielle se tient conformément à
la Constitution, mais les principaux partis d’opposition (la COD et
Tawassoul) n’y participent toujours pas. Le président sortant l’emporte
avec près de 82 % des voix, tandis que le taux de participation s’élève
officiellement à 56 %. La surprise du scrutin est la deuxième place
conquise par B. Dah Abeid (8,6 % des suffrages), militant
antiesclavagiste qui s’est présenté comme candidat indépendant.
Ménagé par les États occidentaux, dont la France,
malgré des atteintes manifestes aux droits humains et aux libertés
politiques dénoncées par la FIDH à l’issue d’une mission en juillet 2012
mais éclipsées par le rôle de la Mauritanie dans la lutte
antiterroriste, M. Ould Abdel Aziz entame son second mandat sans avoir
pacifié une société profondément divisée.
10. Les relations extérieures
La politique étrangère de la Mauritanie a lourdement pesé sur son histoire récente.
10.1. Une diplomatie de compromis
Le nationalisme économique a été à l'origine d'une méfiance des
investisseurs occidentaux, compensée dans un premier temps par la
générosité des pays arabes à l'égard de la jeune République islamique et
par le maintien de l'aide publique française à un niveau élevé. Mais la
prise de position du gouvernement en faveur de l'Iraq en 1991 lors de
la guerre du Golfe
a brusquement tari les financements de l'Arabie saoudite et du Koweït,
créant des difficultés supplémentaires pour les finances publiques et le
réseau bancaire.
Un tournant diplomatique s'opère en 1999, lors de
l'établissement de relations officielles avec Israël (amorcé dès 1996),
qui entraîne un isolement politique de la Mauritanie au sein de la Ligue arabe,
tandis que les relations avec l'Iraq se détériorent. Les États-Unis,
satisfaits de ce changement de cap, intensifient leurs échanges
commerciaux avec la Mauritanie.
Après les attentats du 11 septembre 2001
sur le sol américain, Nouakchott collabore pleinement avec ses nouveaux
alliés, en procédant notamment à l'arrestation d'un homme suspecté de
liens avec le réseau al-Qaida de Ben Laden.
Mais des problèmes de sécurité subsistent aux frontières, où le Groupe
salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu à partir de
janvier 2007 l'Organisation al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI)
intensifie ses activités, entraînant l'annulation du rallye Paris-Dakar
en 2008.
10.2. Au contact de l'Afrique noire et du Maghreb
Désireuse de bénéficier de sa position d'intermédiaire entre
l'Afrique noire et le Maghreb, la Mauritanie fait à la fois partie de l'Organisation de l'unité africaine (OUA),
de la Ligue arabe et de l'Union du Maghreb arabe. Elle choisit
cependant de se désengager des ensembles ouest-africains en quittant la
Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en
2001. Mais cette volonté n'a pas empêché les tensions, voire les
affrontements avec les voisins du Nord et du Sud.
Les violences intercommunautaires de 1989 conduisent à
une rupture des relations diplomatiques avec le Sénégal. Les
concentrations de troupes de part et d'autre de la frontière font
craindre le pire, mais les pressions internationales conduisent à une
normalisation en 1992. Après plusieurs années, le 12 novembre 2007, la
question des 25 000 réfugiés mauritaniens noirs au Sénégal et au Mali
après les événements de 1989 trouve un règlement pacifique. Un problème
semblable demeure avec le Mali : des Touareg fuyant les zones de combat
se sont réfugiés en Mauritanie à partir de 1990.
10.3. L'ancrage arabo-musulman
La rupture des relations avec Israël (gelées en janvier 2009 puis
rompues en mars 2010) et l’attention soutenue portée à la Libye, aux
pays du Golfe, au Soudan à la Syrie et à l’Iran (visite officielle du
président Abdel Aziz en janvier 2010, et d’Ahmadinejad à Nouakchott en
septembre 2011), marquent la volonté du pouvoir de jouer de l’identité
arabo-musulmane de la Mauritanie.
10.4. La Mauritanie en première ligne contre AQMI
La menace terroriste s’aggravant dans l’ensemble de la région
sahélo-saharienne, la Mauritanie soutient l’action de la communauté
internationale et l’intervention française au Mali en 2013. Elle
s’associe avec dix autres États (Algérie, Burkina Faso, Côte d'Ivoire,
Guinée, Libye, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal et Tchad) au « processus de
Nouakchott » , lancé par l’UA en mars en vue de renforcer la coopération
sécuritaire et l’échange de renseignements.
En février 2014, elle accueille un sommet des chefs
d’État de la région – Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso – qui donne
naissance au « G5 du Sahel » dans le but de coordonner les politiques de
développement et de sécurité qui privilégieraient des projets dans des
zones à l’abandon propices au développement du terrorisme.
Président en exercice de l'Union africaine, le chef
de l'État mauritanien s’implique également dans la résolution du conflit
au Mali où, en mai, il contribue à l’obtention d’un cessez-le-feu entre
la rébellion touareg et l’armée, après une reprise des hostilités à
Kidal.
capital monde
Nom officiel: République de Maurice Population: 1 331 155 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 155) Superficie:2 040 km. car.
Système politique: république, démocratie parlementaire
Capitale: Port Louis Monnaie: roupie mauricienne PIB (per capita): 16 100$ US (est. 2013) Langues: créole 86,5%, bhojpouri 5,3%, français 4,1%, autres 2,6% (incluant
l'anglais, langue officielle parlée par moins de 1% de la population),
autres 2,6%, non spécifié, 0,1% (recensement 2011) Religions:hindouistes 48.5%,catholiques romains 26,3%%,musulmans 17,3%, autres chrétiens 6,4%, autres 0,6%, aucune0,7% non spécifié 0,1% (recensement 2011)
Liens utiles
Cartes du pays:
University of Texas Libraries: site très complet pour des cartes variées du pays et de ses composantes.
Données socio-économiques:
CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc.(en anglais). Les données publiées plus haut proviennent surtout de ce site.
L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique de l'Île Maurice, le tout mis en contexte. Organisation mondiale de la santé (OMS): la situation sanitaire de l'Île MauricePerspective Monde - Maurice: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.
GÉOGRAPHIE
Baie de MahébourgMusique de l'océan indienL'île Maurice (1 865km2) possède plusieurs dépendances
(îles Rodrigues, Agalega et Cargados Carajos ou archipel Saint Brandon).
Volcanique comme La Réunion, elle est cependant moins montagneuse, avec
de vastes coulées basaltiques, à la pente faible, domaines des
plantations de canne à sucre. Assez abondamment arrosée, avec cependant
des différences liées à l'exposition et au relief, sur le trajet des
cyclones intervenant pendant la saison chaude (été austral), l'île était
initialement recouverte de forêts, qui n'occupent plus que les secteurs
relativement accidentés (Sud-Ouest notamment) ayant échappé aux
défrichements et à la plantation.
La population est assez hétérogène. Les
Indo-Mauriciens sont, de loin, les plus nombreux, suite à l'importation
massive, entre 1834 et 1925, d'une main-d'œuvre indienne destinée à la
culture de la canne à sucre ; ils représentent, aujourd'hui, environ les
deux tiers de la population, avec une nette majorité hindouiste, mais
aussi une forte minorité musulmane. Le reste de la population est
africaine (descendants d'esclaves), malgache, chinoise (immigration plus
récente), européenne (d'origine française ou britannique), avec de
nombreux métissages (le pays compte environ 250 000 créoles). La langue
officielle est l'anglais, mais le français et le créole (dérivé du
français) sont couramment parlés ou compris. La population s'accroît
désormais à un rythme relativement réduit (de l'ordre de 0,7 % par an),
suite à une active politique de planning familial, entreprise malgré
l'opposition de l'Église catholique, particulièrement influente en
milieu créole. L'indice de fécondité (1,8 enfant par femme) est
aujourd'hui l'un des plus faibles d'Afrique. La densité moyenne est très
élevée (630 habitants par km2), mais l'urbanisation progresse lentement (42 % de citadins en 2007).
Morne Brabant
La prospérité relative de l'île contraste avec la
pauvreté de nombreux pays d'Afrique. L'économie reste dominée par la
canne à sucre, quasi-monoculture couvrant environ 80 000 ha (soit près
de 80 % des terres cultivées), dont la moitié sur de grandes
exploitations privées. La production de sucre, relativement fluctuante,
était de l'ordre de 500 000 tonnes en 2007. Elle est presque entièrement
exportée, principalement vers la Grande-Bretagne et l'Union européenne,
qui a accordé à Maurice, en 1975, un quota de 500 000 tonnes aux termes
de la convention de Lomé. Les autres cultures commerciales (thé, tabac)
arrivent loin derrière, les exportations de thé atteignant 5 000 tonnes
en moyenne. L'agriculture vivrière (patate, maïs, riz) et l'élevage
sont insuffisants pour nourrir la population, et Maurice doit importer
du riz et de la viande.
L'industrie, longtemps réduite à l'agroalimentaire,
s'est diversifiée depuis 1970-1971, avec la création de zones franches
industrielles (électronique, textile, etc.). Employant plus de
80 000 travailleurs en 1995, celles-ci ont considérablement réduit le
chômage. Le tourisme s'est remarquablement développé, à l'image du
nombre de visiteurs, en forte augmentation (900 000 en 2010). La balance
commerciale reste cependant déficitaire et la dette extérieure a
nettement augmenté, passant de 863 millions de dollars en 1980 à
2,1 milliards en 2005, le pays restant largement dépendant du marché
international. Ses principaux partenaires commerciaux sont l'Union
européenne, le Japon et l'Afrique du Sud.
HISTOIRE
1. L'implantation néerlandaise et la colonisation française
1.1. Mauritius
L'île, repérée par les navigateurs arabes, est reconnue par les Portugais de la flotte d'Afonso de Albuquerque au début du xvie siècle. En 1598, l'amiral néerlandais Wijbrand Van Warwijck en prend possession, et la baptise Mauritius en l'honneur du stathouder des Pays-Bas, Maurice de Nassau. Les Néerlandais y fondent un établissement (1618-1710), qui sera abandonné au profit du Cap.
1.2. Île de France
Les Français de la Compagnie des Indes, déjà maîtres de l'île
Bourbon (aujourd'hui La Réunion), établissent leur domination sur
Maurice, et la nomment île de France (1715). Colonisée à partir
de 1721 et peuplée d'esclaves, elle présente sur l'île française voisine
l'avantage de posséder d'excellents ports. Son gouverneur, Mahé de La Bourdonnais
(1735-1746), fait de Port-Louis une grande base navale et la capitale
de l'archipel. Passée à l'administration royale (1767), l'île de France
trouve un intendant de valeur en la personne de Pierre Poivre, qui donne une vive impulsion au commerce et à l'agriculture.
Entrant en rébellion contre le Directoire, les colons refusent la liberté à leurs esclaves que la Convention
avait décrétée. Pendant les guerres napoléoniennes, le général Decaen
résiste à partir de 1802 aux Anglais qui veulent détruire ce nid de
corsaires, jusqu'à la capitulation du 3 décembre 1810.
2. La colonisation britannique (1814-1968)
Cédée au Royaume-Uni, qui tient à cette escale sur la route des Indes, lors du traité de Paris (1814), l'île reprend le nom de Mauritius.
La période de la domination anglaise (1814-1968) fait perdre leur
prépondérance aux anciens colons d'origine française. Elle est surtout
marquée par l'essor de l'économie sucrière, qui entraîne, après
l'abolition de l'esclavage (1833), l'immigration massive de travailleurs
indiens pour cultiver la canne à sucre, dont beaucoup feront souche
dans l'île (Indo-Mauriciens). À partir du milieu du xixe siècle, conséquence du développement de la culture de la betterave en Europe, l'économie sucrière subit une récession.
En 1885, l'île est pourvue d'un Conseil législatif
élu au suffrage censitaire. Le suffrage universel est introduit en 1948,
et l'île est dotée en 1961 d'un statut de semi-autonomie. Les élections
de 1963 donnent la victoire au parti travailliste (Labour Party), composé surtout d'Indiens, aux dépens de l'Independent Forward Block, du Comité d'action musulmane et du parti mauricien social-démocrate (PMSD) du créole Gaëtan Duval.
En 1965, une conférence se tient à Londres. Le choix y
est offert aux leaders de l'île entre l'association avec le
Royaume-Uni, solution préférée par le PMSD, ou l'indépendance réclamée
par les travaillistes. Ces derniers fusionnent avec l'Independent Forward Block et le Comité d'action musulmane en un parti de l'Indépendance. En 1965, les îles de Rodrigues sont définitivement rattachées à Maurice, tandis que l'archipel des Chagos
(dont l'île de Diego Garcia), dépendant de Maurice, est cédé contre
3 millions de livres au Royaume-Uni (au plus fort de la guerre froide,
en 1974, les Américains installeront une puissante base navale à Diego
Garcia, avec l'accord du gouvernement britannique).
3. L'indépendance (1968)
Les élections de 1967 sont une victoire pour le parti de l'Indépendance, dirigé par sir Seewoosagur Ramgoolam.
L'indépendance est proclamée le 12 mars 1968, sans rupture avec la
Couronne britannique, représentée par un gouverneur général. La vie
politique va être désormais marquée par des renversements d'alliance
entre les différentes formations.
Le parti travailliste et le PMSD s'allient pour les
élections de 1969, qu'ils remportent ; mais, à plusieurs reprises, la
coalition gouvernementale menace d'éclater. Une série de grèves amène le
gouvernement à instaurer l'état d'exception (décembre 1971), prorogé
jusqu'à la fin de 1972. Sur le plan extérieur, Maurice, qui conserve des
liens étroits avec Londres, se rapproche de la France en 1970, et
adhère à l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM), qui
regroupe principalement des États africains francophones. Maurice signe
la même année des accords de coopération avec la France.
En décembre 1973, le PMSD quitte la coalition
gouvernementale. La détérioration de la situation économique et le
chômage qui l'accompagne entraînent une agitation qui favorise un
nouveau parti orienté à gauche, le Mouvement militant mauricien (MMM).
Animé par son secrétaire général Paul Bérenger, le MMM remporte les
élections de décembre 1976, mais il est aussitôt frustré de sa victoire
par une coalition du parti travailliste et des sociaux-démocrates, avec à
sa tête sir Seewoosagur Ramgoolam. Le MMM prend sa revanche lors des
élections de 1982, où, avec son allié le parti socialiste mauricien
(PSM) de Harish Boodhoo, il remporte une écrasante majorité. Anerood
Jugnauth, président du MMM, devient Premier ministre. En avril 1983, il
quitte son parti pour fonder le Mouvement socialiste militant (MSM), qui
s'unit avec le PSM jusqu'en 1988 et constitue avec ses anciens
adversaires travaillistes et sociaux-démocrates une coalition qui
remporte les élections d'août 1983. Sir S. Ramgoolam devient gouverneur
général de l'île en décembre 1983 ; à sa mort (décembre 1985), Veerasamy
Ringadoo lui succède. Lors des élections d'août 1987, la coalition
gouvernementale, bâtie autour du MSM, conserve la majorité au Parlement,
et A. Jugnauth reste Premier ministre. En juillet 1990, un pacte
électoral est conclu avec le MMM de P. Bérenger, en vue de
l'instauration de la république.
3. La république
À l'issue des élections de septembre 1991, remportées par la
coalition MMM-MSM, P. Bérenger devient ministre des Affaires étrangères
dans le gouvernement formé par A. Jugnauth. En mars 1992, l'île devient
une république, tout en restant dans le Commonwealth.
V. Ringadoo en assure provisoirement la présidence jusqu'à la
désignation à la tête de l'État (charge essentiellement honorifique) de
Cassem Uteem en juillet (réélu en 1997).
En août 1995, l'île adhère à la Southern Africa
Development Community (SADC), regroupant plusieurs États d'Afrique
australe, dont l'Afrique du Sud. En vue des élections législatives de
décembre 1995, le MMM de P. Bérenger (qui avait quitté le gouvernement
en 1993) s'allie au parti travailliste mauricien de Navin Ramgoolam
(fils de l'ancien gouverneur général). Après l'écrasante victoire de
leur coalition, N. Ramgoolam succède à A. Jugnauth au poste de Premier
ministre, et P. Bérenger devient vice-Premier ministre et ministre des
Affaires étrangères.
En juin 1997, N. Ramgoolam limoge P. Bérenger, dont
le départ entraîne la démission des ministres MMM du gouvernement, qui
conserve néanmoins la majorité à l'Assemblée avec ses 35 députés
travaillistes, contre 25 au MMM Celui-ci conclut en août une alliance
avec le PMSD, ce qui provoque une scission au sein du parti. Aux
élections législatives de septembre 2000, l'alliance de l'opposition
(MMM-MSM) remporte 54 des 62 sièges élus de l'Assemblée nationale. Cette
large victoire consacre le retour de l'ancien Premier ministre
A. Jugnauth.
Le 7 octobre 2003, dans le cadre de l'accord conclu
en 2000 entre les principaux partis mauriciens, sir A. Jugnauth est élu
par l'Assemblée nationale président de la République, tandis que
P. Bérenger, chef du MMM, lui succède à la tête du gouvernement. Ce
dernier devient le premier chef de gouvernement de Maurice non issu de
la communauté indienne, mais il cède la place dès juillet 2005 à
N. Ramgoolam. Leader de l'Alliance sociale, la coalition formée autour
du parti travailliste qui vient de remporter une large victoire aux
élections législatives (38 sièges sur 70), N. Ramgoolam retrouve ainsi
les fonctions de Premier ministre qu'il avait occupées de 1990 à 1995.
Les élections municipales qui suivent en octobre 2005 sont marquées par
un véritable raz-de-marée de l'Alliance sociale, qui a pris plusieurs
mesures très populaires en début de mandat. P. Bérenger est remplacé en
avril 2006 à la tête de l'opposition par Nandho Bodha (MSM), avant d'en
redevenir le leader en septembre 2007.
En septembre 2008, sir A. Jugnauth est réélu pour un
nouveau mandat présidentiel de cinq ans par l'Assemblée nationale, à
l'unanimité. À l'occasion de la célébration du quarantième anniversaire
de l'indépendance de l'île, le gouvernement remet à l'ordre du jour un
projet de réforme du système électoral : alors que les alliances
politiques caractérisent la vie politique mauricienne, son ambition est
de permettre aux électeurs de voter sur une base politique et non
ethnique, tout en ménageant une représentation fidèle de la société, par
l'introduction notamment d'une dose de proportionnelle. Un projet
cependant reporté, tandis qu’aux élections de mai 2010, la coalition au
pouvoir renforce encore ses positions en obtenant 45 sièges,
l’opposition menée par P. Bérenger attribuant sa défaite au communalisme
et au système électoral.
En politique étrangère, Maurice revendique périodiquement Tromelin, une des « îles éparses » françaises autour de Madagascar. La question de la restitution à Maurice de l'archipel des Chagos fait l'objet de négociations avec le Royaume-Uni.
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