Nom officiel: Fédération de Russie Population: 142 470 272 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 9) Superficie:17 075 200 km. car. Système politique: fédération Capitale: Moscou Monnaie: rouble PIB (per capita):18 100$ US (est. 2013) Langues: russe (langue officielle) 96,3%, dolgang 5,3%, allemand 1,5%, tchétchène 1%, tartare 3%, autres 10,3% . Note: totalise plus de 100% parce que des répondants ont donné plus d'une langue au recensement (2010) Religions: russes orthodoxes 15-20%, musulmans 10-15%, autres chrétiens 2% (est. 2006). note: la Russie à un fort taux de non-pratiquants et de non-croyants.
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA RUSSIE
Saint-Pétersbourg
La Russie est, de loin, le plus vaste pays du monde (plus de trente fois la superficie de la France), s'étendant sur environ 10 000 km d'ouest en est, de la Baltique au Pacifique (onze fuseaux horaires). Elle est formée essentiellement de plaines et de plateaux, la montagne apparaissant toutefois dans le Sud (Caucase, confins de la Mongolie et de la Chine) et l'Est (en bordure du Pacifique). L'Oural constitue une barrière traditionnelle entre la Russie d'Europe à l'O. et la Russie d'Asie (la Sibérie) à l'Est. La latitude, mais surtout l'éloignement de l'océan et le relief expliquent la continentalité (forts écarts de température) du climat, marquée vers l'E., avec des hivers très rigoureux, ainsi que la disposition zonale des formations végétales : du nord au sud se succèdent la toundra, la taïga, les feuillus et les steppes herbacées.
La dureté des conditions climatiques a pour conséquences la relative faiblesse moyenne du peuplement (moins de 10 habitants au km2), sa localisation préférentielle à l'O. de l'Oural et souvent à des latitudes méridionales, plus clémentes. Les Russes de souche représentent un peu plus de 80 % de la population totale ; les minorités totalisent cependant plus de 25 millions d'individus, bénéficiant parfois d'un statut, au moins théorique, d'autonomie. Il est vrai qu'un nombre presque égal de Russes vivent dans les territoires périphériques (au Kazakhstan et en Ukraine surtout). La majeure partie de la population – dont la constante diminution (liée notamment à une baisse de la fécondité et à une hausse de la mortalité) pose problème – est aujourd'hui urbanisée. Moscou et Saint-Pétersbourg dominent le réseau urbain, mais une dizaine d'autres villes comptent plus d'un million d'habitants.
Les ressources naturelles sont à la mesure de l'étendue du territoire. La Russie se situe parmi les premiers producteurs mondiaux de pétrole et de gaz naturel, de minerai de fer (et aussi d'acier). Mais la situation est moins brillante dans les branches élaborées (électronique, chimie, plastique, automobiles), dans l'agriculture aussi, où le volume de la production (blé et pomme de terre ), du cheptel (bovins et porcins) ne doit pas masquer la faiblesse des rendements (secteur affecté de surcroît, en 2010, par une canicule accompagnée d'incendies dévastateurs).
Lac Baïkal
En réalité, la Russie paie la rançon d'une planification centralisée et dirigiste, ainsi que le manque de stimulation, d'innovation, de responsabilité propre à l'appropriation collective des moyens de production et à leur gestion, ignorant les lois du marché dans un espace longtemps isolé commercialement. Elle subit les conséquences du déclin des échanges avec les territoires limitrophes et l'ancienne Europe de l'Est. Elle souffre enfin de phénomènes plus « naturels » : les aléas climatiques, la distance (fréquente dissociation spatiale entre ressources et besoins).
Après la dissolution de l'URSS, la Russie s'est engagée sur la voie de l'économie de marché. Mais la faible compétitivité a multiplié les fermetures d'usines et accru le chômage. Les inégalités sociales se sont développées, ainsi que (localement) les tensions ethniques. Les problèmes de l'environnement, liés notamment à la vétusté des équipements, sont à l'échelle du pays et de la négligence des autorités. Pourtant, malgré ces difficultés et une absence de diversification la rendant très dépendante des exportations de ressources naturelles, l'économie russe reste une puissance notable (fragilisée toutefois aujourd'hui par les effets de la crise mondiale) capital monde ;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;
capital du monde La République démocratique du Congo
(Congo Kinshasa) (Congo Kinshasa)
Agrandir le planNom officiel: République démocratique du Congo Population: 77 433 744 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 19) Superficie:2 345 410 km. car. Système politique: république Capitale: Kinshasa Monnaie: franc congolais PIB (per capita):400$ US (est. 2013) Langues:français (langue officielle), quatre langues nationales: lingala, kiswahili ou swahili, kikongo , tshiluba et environ 200 langues locales Religions: catholiques romains 50%, protestants 20%, kimbanguistes 10%, musulmans 10%, autres (incluant sectessyncrétiques et croyances indigènes) 10%
Liens utiles
Cartes du pays:
University of Texas Libraries: site très complet pour des cartes variées d'un pays et de ses composantes.
Données socio-économiques:
CIA World Factbook: une mine de données, tenues à jour, concernant l'histoire, la géographie, la population, l'organisation administrative et politique, l'économie, les communications, les transports, etc.(en anglais). Les données publiées plus haut proviennent surtout de ce site.
L'aménagement linguistique dans le monde: un tour d'horizon complet de la situation linguistique en République démocratique du Congo, le tout mis en contexte.
Organisation mondiale de la santé (OMS): le point sur les questions de santé en République démocratique du Congo Perspective Monde - République démocratique du Congo: outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945, développé par l'Université de Sherbrooke.
Photo: Jay Dedman
Renseignements pratiques:
Lonely Planet (version en anglais)
Wikitravel: la version «voyage» de Wikipédia. Voir aussi la version en anglais, plus complète.
World66.com: un guide de voyage web fait par les voyageurs sur le même principe que Wikitravel.World Travel Guide: les Guides Colombus, en anglais. Kinshasa Congo: portail touristique de la ville de Kinshasa, en français.
Congo Online: portail d'informations sur le pays. Congo Pages: portail touristique, en anglais. Go Congo: tour operator basé à Kinshasa; axé sur l'éco-tourisme, en anglais.Africa on Web - RDC: informations générales sur le pays, en français.
Présidence de la République démocratique du Congo: site officiel. Ambassade de la République démocratique du Congo en Belgique
Conseils aux voyageurs:
Conseils des ministères des Affaires étrangères des gouvernements (en matière de sécurité, de santé, d'exigences d'entrée, etc)
Belgique, Canada, France, Suisse, Royaume-Uni, USA
Forums de discussion:
Un excellent outil pour préparer son voyage, s'informer, poser des questions, partager ses connaissances et expériences, etc.
voyage forum: un forum très fréquenté, en français; près d'un million de membres. Très complet.le routard: un autre forum incontournable. Excellent.
lonely planet (version en anglais): un des meilleurs forums du net, si vous vous débrouillez en anglais. lonely planet (version en français): loin d'être aussi complet que la version en anglais mais utile. tripadvisor (en anglais): excellent forum, très fréquenté.tripadvisor (en français): pas aussi animé que la version en anglais.
Hébergement:
Pour trouver et - si désiré - réserver un appartement, une chambre d'hôtel ou une autre forme d'hébergement: Note: tous les sites qui suivent ont une vocation mondiale mais ne couvrent pas tous nécessairement la destination recherchée.
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La République dominicaine capital du monde Capitale: Saint-Domingue
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capital du monde
Nom officiel: République dominicaine Population: 10 349 741 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 85) Superficie: 48 730 km. car. Système politique: république démocratique Capitale: Saint-Domingue Monnaie: peso dominicain PIB (per capita): 9 700$ US (est. 2013) Langues: espagnol Religions: catholiques romains 95%, autres 5%
GÉOGRAPHIE
À l'Ouest, montagneux, ouvert par des fossés d'effondrement, s'oppose l'Est, formé surtout de plaines et de collines, domaines de la canne à sucre (principale ressource), de la banane, du riz, du café, du cacao et du tabac. Le tourisme est en plein essor. La population (dont Saint-Domingue concentre un peu plus de 20 %) s'accroît rapidement et est largement métissée.
1. Les milieux naturels
Le relief est tourmenté. Il est constitué d'une succession de plaines, de fossés d'effondrement, de vallées et de montagnes disposés en bandes parallèles orientées E.-S.-E. à O.-N.-O. La Cordillère centrale forme l'épine dorsale du pays (pic Duarte, 3 175 m) ; elle s'abaisse à l'est en un seuil assez bas (277 m) pour faciliter le passage entre la plaine côtière du Sud (bas plateau calcaire) et le fossé Cibao-Vega Real (remblayé d'alluvions fertiles). Au-delà du seuil, elle se prolonge par la sierra de Seibo (600 à 700 m d'altitude) jusqu'au cap Engaño. La côte nord est bordée par la Cordillère septentrionale (1 249 m), qui s'allonge jusqu'à la presqu'île de Samaná. Au sud-ouest, du cap Beata à la Cordillère centrale, se succèdent une plaine côtière, la sierra de Bahoruco (dans la presqu'île de Baharona), le fossé du lac Enriquillo (−40 m au-dessous du niveau de la mer), la sierra de Neiba, le fossé de la vallée de San Juan et de la plaine d'Azua.
Le climat, tropical (température moyenne de 25 à 26 °C) est assez humide. Les pluies se concentrent de juin-juillet à novembre-décembre, les autres mois correspondent à la saison sèche. La répartition géographique des pluies présente de vigoureux contrastes : les fossés abrités sont secs (moins de 800 mm d'eau par an dans la vallée de San Juan) ; les versants exposés aux vents d'est, très arrosés (plus de 2 m d'eau par an dans la presqu'île de Samaná). De violents cyclones peuvent ravager le pays. La végétation naturelle présente une très grande variété de formations selon la pluviométrie et l'altitude : des steppes à cactus et à buissons d'épineux à la forêt dense et à la forêt de pins caraïbes. Le potentiel agricole est important et diversifié (près de 80 % du territoire sont utilisables pour l'agriculture et l'élevage).
2. Le peuplement
L'île de Hispaniola était l'un des principaux centres de peuplement des Arawaks au sein des Antilles avant l'arrivée des Espagnols en 1492. Sa colonisation a entraîné un désastre démographique chez les Amérindiens, victimes du pillage, des maladies et de l'établissement du travail forcé. La disparition de la population amérindienne a conduit les Espagnols à utiliser des esclaves africains, mais la pratique de l'esclavage n'atteignit jamais la même ampleur que dans la partie occidentale de l'île, colonisée par les Français. La population actuelle de la République dominicaine est donc le fruit d'un métissage très large entre les descendants des esclaves africains et les colons européens. Le pays, qui compte également des communautés chinoises et japonaises, a attiré des milliers d'émigrants en provenance d'Haïti (État correspondant à l'ancienne partie française de l'île), mais aussi de Cuba, de la Jamaïque et de la Guadeloupe, et ce malgré l'instauration, sous la dictature de Rafael Leónidas Trujillo y Molina (1930-1961), d'une politique raciste qui cherchait à favoriser le blanchiment de la population en encourageant l'immigration européenne.
Saint-Domingue
La population est aujourd'hui principalement urbaine (65 %) à la suite d'un exode rural massif pendant les années 1970. Elle se concentre à Saint-Domingue, à San Pedro de Macoris et à La Romana, dans le sud du pays, ainsi qu'à Santiago de los Caballeros, dans le nord. À l'image de ses voisines antillaises, la population dominicaine est jeune (31 % des habitants sont âgés de moins de 15 ans). Malgré diverses incitations gouvernementales en faveur de la régulation des naissances, les taux de natalité (24 ‰) et d'accroissement naturel (1,8 % par an) restent encore élevés. De très nombreux Dominicains ont préféré émigrer à l'étranger, tandis que, paradoxalement, il existe un fort courant de main-d'œuvre illégale en provenance d'Haïti. Enfin, l'analphabétisme, qui touchait 13 % des plus de 15 ans en 2002, reste un grave problème minant le développement du pays.
3. Les caractéristiques économiques
La République dominicaine est l'un des pays les plus pauvres de la région des Antilles. Son économie, fragile, repose avant tout sur l'agriculture, mais cette forte dépendance à l'égard du secteur agricole est compensée par la vitalité et la croissance de l'industrie manufacturière ainsi que par l'essor spectaculaire du tourisme. Mais le développement économique se heurte toujours à des difficultés structurelles, comme le montrent, par exemple, les déficiences chroniques dans l'alimentation électrique des particuliers et des entreprises. La République dominicaine reste encore très marquée par la terrible récession survenue dans le courant des années 1970. La concomitance de deux phénomènes, à savoir la chute vertigineuse des revenus d'exportation du sucre et la forte augmentation des dépenses énergétiques, a alors plongé le pays, au bord de la faillite, dans une crise profonde, aggravée par une corruption érigée en système et par la subordination des autorités politiques aux intérêts économiques des compagnies multinationales américaines. La République dominicaine a dû s'en remettre aux exigences du Fonds monétaire international (F.M.I.), qui préconisait des réformes structurelles importantes, comme le dégraissage d'une fonction publique jugée pléthorique. Mais l'application de ces directives a eu de terribles répercussions sociales, entraînant une succession d'émeutes contre la vie chère et la misère. Cependant, elle a permis à l'économie dominicaine de renouer avec la croissance. Cependant, plus de la moitié de la population active est au chômage ou sous-employée et la dette extérieure reste écrasante (plus de 7 milliards de dollars en 2005).
Les principaux produits d'exportation sont le sucre et le ferronickel. Le pays importe du pétrole, des biens de consommation ainsi qu'une bonne partie de ses produits alimentaires. En 1998, le pays a été durement touché par les inondations qui ont suivi le passage du cyclone Georges. Ses principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, loin devant le Mexique et le Japon. La République dominicaine a signé en 1998 un accord de libre-échange avec la Communauté des Caraïbes (Caricom).
Le secteur agricole et la pêche contribuent à 12 % du produit intérieur brut (P.I.B.) et emploient 16 % de la population active. Les cultures tropicales vouées à l'exportation coexistent avec une importante agriculture de subsistance (maïs, riz). La canne à sucre constitue la principale culture commerciale, devant la banane, le cacao (12e rang mondial) et le café. Cependant, l'industrie sucrière a subi de lourdes pertes ces dernières années, en raison d'une chute significative de ses niveaux de production.
L'industrie fournit le quart du P.I.B. et occupe 15 % des actifs. L'exploitation minière représente une source non négligeable de revenus. Elle repose essentiellement sur la production de ferronickel et, dans une bien moindre mesure, sur l'extraction d'or et d'argent. L'industrie manufacturière, principalement concentrée autour de la capitale, Saint-Domingue, a connu une forte croissance. Les petites unités industrielles dominent, une bonne partie d'entre elles étant spécialisées dans la transformation de la production agricole (raffinage du sucre, production de mélasse, confection de cigares et de cigarettes). L'activité de la sous-traitance est en pleine expansion et contribue, pour une large part, à la vitalité du secteur secondaire.
De son côté, l'essor du tourisme soutient l'activité économique d'un pays bénéficiant de ressources géographiques exceptionnelles qui en font une destination privilégiée dans la région des Antilles. La République dominicaine a développé de manière substantielle son parc hôtelier et ses structures d'accueil, en promouvant les offres « tout inclus », si bien qu'au début des années 1990 elle accueillait plus de un million de touristes par an. Le nombre de visiteurs n'a pas cessé d'augmenter depuis (4 millions en 2011) et les recettes en devises dépassent 4 milliards de dollars par an,
Nom officiel: République tchèque Population: 10 627 448 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 84) Superficie:78 866 km. car. Système politique: démocratie parlementaire Capitale: Prague Monnaie: couronne tchèque PIB (per capita):26 300$ US(est. 2013) Langues: tchèque 95,4%, slovaque 1,6%, autres 3% (est. 2011) Religions: catholiques romains 10,4%, protestants 1,1%, autres et non spécifié 54%, aucune 34,5% (est. 2011)
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
Karlovy Vary
Le pays est constitué de la Bohême, quadrilatère de moyennes montagnes entourant la fertile plaine du Polabí, drainée par l'Elbe (Labe) et la Vltava, et de la Moravie, ouverte par la Morava et l'Odra supérieur. Ethniquement homogène et anciennement urbanisé, il associe cultures (céréales, betterave à sucre), activités extractives (charbon surtout) et industries de transformation (constructions mécaniques, chimie, verrerie, agroalimentaire).
Prague
Celles-ci sont localisées en priorité dans les principales villes (Prague, Ostrava, Brno, Plzeň). Le tourisme se développe. Après s'être convertie à l'économie de marché, la République tchèque modernise ses structures et accroît ses échanges, en particulier avec ses partenaires européens.capital du monde
Nom officiel: Roumanie Population: 21 729 871 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 56) Superficie:237 500 km. car. Système politique: république Capitale: Bucarest Monnaie: nouveau leu PIB (per capita):14 400$ US (est. 2013) Langues: roumain 85,4% (langue officielle), hongrois 6,3%, romami (tsigane) 1,2%, autres 1%, non spécifié 6,1% (est. 2011) Religions: orthodoxes orientaux 81,9%, protestants 6,4%, catholiques romains 4,3%, autres 0,9%, aucune ou athée 0,2%, non spécifié 6,3% (est 2011)
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA ROUMANIE
Carpates
La partie orientale des Carpates forme un arc de cercle qui enserre le bassin de Transylvanie, d'où émergent les monts Apuseni. Plateaux et plaines (Moldavie, Munténie, Dobroudja, Valachie) entourent cet ensemble. Le climat est continental, avec des étés chauds, parfois humides, et des hivers toujours rigoureux. La population, en majeure partie urbanisée et en quasi-totalité de religion orthodoxe, compte (dans l'ouest) une minorité hongroise. Le secteur agricole fournit surtout du blé, du maïs et de la betterave à sucre. Les ressources énergétiques (gaz, pétrole, lignite, hydroélectricité) alimentent une industrie où dominent la métallurgie, la pétrochimie et la mécanique. Le tourisme est présent sur la mer Noire. Le passage à l'économie de marché s’est accompagné d’une baisse du niveau de vie pour une partie de la population et d'une aggravation des disparités régionales. Les envois des émigrés constituent un apport notable. L’adhésion à l’Union européenne a accéléré les réformes économiques et favorisé les investissements, mais le pays, durement touché par la crise mondiale apparue en 2007-2008, connaît aujourd'hui de graves difficultés et se voit imposer depuis 2010 une cure d'austérité drastique
Nombre d'habitants : 4 616 000 (estimation pour 2013)
Nom des habitants : Centrafricains
Capitale : Bangui
Langues : français et sango
Monnaie : franc CFA
GÉOGRAPHIE
C'est un pays de forêts et de savanes, où, à côté des cultures
vivrières (mil, maïs, manioc), quelques plantations (coton, café) et les
diamants (principale richesse du sous-sol avec l'uranium) fournissent
l'essentiel des exportations.
Le chaos politique qui dure depuis plusieurs années laisse aujourd'hui le pays exsangue.
1. Le milieu naturel
Prolongeant le plateau camerounais de l'Adamaoua, le socle
précambrien et des grès secondaires de couverture forment une dorsale de
hautes terres aplanies, dominées par des inselbergs rocheux (kaga),
se relevant à l'ouest dans le massif de Yadé (mont Ngaoui, 1 420 m) et
au nord-est (Dar Fertit, monts des Bongo, 1 400 m). Ces hautes terres
alimentent une série de cours d'eau dévalant, au nord, vers la bordure
de la cuvette tchadienne et, au sud, vers l'Oubangui et la cuvette
congolaise (ex-Zaïre). De régime subéquatorial au sud (1 600 mm), les
pluies décroissent vers le nord (7 mois de saison sèche, 900 mm), tandis
que s'élèvent les températures (plus de 30 °C). À l'exception d'une
zone discontinue de forêt dense dans le Sud, le pays est couvert par la
forêt claire ou la savane arborée, qui abritent une faune encore
abondante de grands mammifères (éléphants, buffles, antilopes).
2. La population et l'économie
Bouar
Il est de tradition d'opposer les « gens du fleuve » et les « gens
de la savane », de même que leur culture respective. Il paraît toutefois
plus judicieux d'évoquer ce qui rapproche les Centrafricains, tous
héritiers d'un lourd et douloureux passé, plutôt que ce qui les divise.
Malgré une certaine reprise démographique, la population n'a toujours
pas retrouvé son niveau, et de loin, d'il y a trois cents ans. Le
dynamisme démographique est d'ailleurs inférieur à la moyenne africaine
(à peine 5 enfants par femme), et l'infécondité, phénomène courant dans
l'est du pays, semble s'être étendue à d'autres régions. L'Ouest et le
Sud, qui représentent la moitié du territoire, accueillent les quatre
cinquièmes de la population. C'est là que se situent la capitale et les
principales villes secondaires. Le taux de population urbaine, après
avoir progressé rapidement dans les années 1960, se serait stabilisé,
voire aurait régressé, aux alentours de 40 %, du fait des nombreuses
difficultés rencontrées par les habitants de la capitale. Sur le plan
religieux, la République centrafricaine se caractérise par une très
faible pénétration de l'islam, liée, peut-être, au souvenir du rôle
qu'ont joué les musulmans dans la traite des esclaves. Le christianisme
domine largement, mais surtout sous la forme d'Églises évangéliques et
prophétiques.
Les aléas de l'histoire n'ont pas permis à l'économie
de ce pays enclavé de se développer, malgré certains atouts.
L'agriculture est la principale ressource, mais elle reste
essentiellement vivrière (manioc, igname, maïs, mil, sorgho, arachide…).
L'élevage aurait notablement progressé. Toutes ces activités font
l'objet d'un commerce informel actif, y compris avec les pays voisins.
Les traditionnelles productions destinées à l'exportation (bois, tabac)
sont plutôt en régression (du moins sur le long terme), à l'exception du
coton. L'absence d'un réseau routier digne de ce nom explique, pour une
part, cette situation.
L'extraction du diamant et, dans une moindre mesure,
celle de l'or sont devenues la principale source de devises du pays.
Pour une grande part artisanale, échappant pour partie au contrôle de
l'État, elle donne lieu à d'intenses trafics. L'industrie demeure
embryonnaire, concentrée à Bangui et tournée vers la seule satisfaction
du très étroit marché national. L'appareil d'État, considérablement
dégradé, ne subsiste que grâce à une aide extérieure importante, qui
représenterait le cinquième du PIB officiel. On ne saurait cependant
oublier qu'en République centrafricaine, l'essentiel de l'activité
économique échappe à toute investigation.
Les sites de la République centrafricaine classés à l'Unesco
Deux sites de la République centrafricaine sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco :
– parc national du Manovo-Gounda St Floris ;
– trinational de la Sangha.
HISTOIRE
L'histoire ancienne de la République centrafricaine est mal connue
et fait encore l'objet de débats entre spécialistes. Il semble cependant
acquis, grâce à des découvertes archéologiques récentes, que le
peuplement du pays remonte aux temps préhistoriques. Il est, par
ailleurs, probable que le pays fut longtemps une terre d'échanges vers
le haut Nil et de migrations multiples. Des conditions géographiques
favorables firent que le pays prospéra au point d'accueillir sur son
territoire actuel, selon certaines estimations, 6 millions d'habitants
vers 1700, soit environ le double de la population de la fin du xxe s.
1. Un pays meurtri
L'absence de grandes structures étatiques va permettre, à partir du xviiie siècle,
le développement de la traite des esclaves vers le nord, vers l'est,
puis vers l'Atlantique. Cette dernière deviendra peu à peu
prépondérante. Le pays est mis en coupe réglée par les Empires qui le
bornent (→ Kanem-→ Bornou, Barguirmi, Ouaddaï, Darfour).
Pour en savoir plus, voir l'article esclavage.
Vers la fin du xixe siècle,
il est victime de brutales épidémies de variole qui déciment ses
habitants et font fuir les survivants. À la même époque, un aventurier
d'origine soudanaise, Rabah,
entreprend de bâtir un vaste Empire esclavagiste au Tchad et dans le
nord du pays. Il est vaincu par les Français en 1900, mais la traite
saharienne ne sera définitivement stoppée qu'à la veille de la Première
Guerre mondiale.
2. Les débuts cruels de la colonisation
L'Oubangui,
que les Français englobent dans la dénomination « Congo », est la voie
de passage obligée vers le nord : sa domination constitue une étape dans
la construction de l'Empire colonial français, qui veut joindre, sans
discontinuer, Alger, Dakar et Brazzaville. La rivalité coloniale est ici
engagée avec le roi des Belges, qui vient de prendre possession de la
rive gauche du fleuve Congo. La ville de Bangui est créée en 1889 sur la rivière Oubangui, pour faire face à un poste belge installé peu avant.
Dès cette époque, les populations de la région sont
astreintes au portage, pour acheminer le matériel des expéditions
françaises successives qui partent à la conquête du Tchad. Certains
administrateurs se distinguent par leur brutalité, mais, surtout, le
« Congo » dans son ensemble est partagé entre des sociétés
concessionnaires exploitant le caoutchouc et l'ivoire, qui se chargent
de sa « mise en valeur ». Ce système, générateur de tous les abus,
durera, comme le portage, jusqu'aux années 1920.
Entre-temps, l'Oubangui-Chari
aura fourni de nombreux soldats à la France au cours de la Première
Guerre mondiale. Dans les années qui suivront, il sacrifiera d'autres
vies humaines à l'occasion de la construction du chemin de fer Congo-Océan (1921-1934). Excédés, les paysans de l'ouest du pays se révoltent en 1928 : la guerre dite des Gbayas
– la plus longue des multiples jacqueries ayant rythmé la vie de la
colonie – n'est définitivement matée qu'en 1934, et sa répression n'est
toujours pas oubliée.
3. L'Oubangui-Chari
La délimitation territoriale et le statut de la possession française n'ont pas été définis immédiatement. Ce n'est qu'après l'incident de Fachoda
que le Royaume-Uni reconnaît, en mars 1899, la domination de la France
sur tout le bassin de l'Oubangui. L'Oubangui-Chari devient une colonie
en 1905 puis est intégré dans l'Afrique-Équatoriale française (A-ÉF)
lors de sa création en 1910. Mais ses frontières sont modifiées dès
1911 : la France cède à l'Allemagne, comme gage de bonne volonté,
l'ouest de la colonie, désormais rattaché au Cameroun allemand.
Cette situation ne dure pas, car la Première Guerre
mondiale permet aux Français de récupérer les territoires abandonnés, ce
qu'entérine le traité de Versailles
en 1919. Le gouverneur Lamblin s'efforce alors de redonner vie au pays
– exsangue – avec la construction d'un réseau routier et l'introduction
de la culture du coton et de celle du café, avec quelques résultats
positifs.
L'Oubangui-Chari se rallie à la France libre en août
1940, en même temps que le Tchad, le Cameroun et le Congo, sans que cela
lui vaille la même célébrité. Mais l'effort de guerre qu'on lui demande
est bien de même nature.
4. La décolonisation et l'indépendance
4.1. Barthélemy Boganda (1946-1959)
La marche vers l'indépendance, entamée après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est marquée par la personnalité de Barthélemy Boganda,
le premier prêtre catholique de l'Oubangui-Chari, qui devient
territoire d'outre-mer en 1946. Il est élu à l'Assemblée nationale
française en 1946, puis réélu en 1951 et en 1956. Fondateur en 1950 du
Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (MESAN),
Barthélemy Boganda est un humaniste modéré qui réclame justice et
dignité. Il n'en est pas moins en butte à l'hostilité de
l'Administration, des colons et de l'Église (qu'il a quittée). Son
objectif est la construction d'une nation oubanguienne au sein d'un
ensemble plus vaste.
Devenu, à l'unanimité, président du Grand Conseil de
l'A-ÉF en 1957, il préconise la constitution d'un État unitaire mais
décentralisé avec le Congo et le Tchad, ouvert, de surcroît, à d'autres
territoires. Il caresse aussi l'idée d'une Union des États de l'Afrique
latine qui associerait les pays des colonies française, belge et
portugaise. Ces projets n'entraînant pas l'adhésion de ses partenaires
de l'AÉ-F, la République centrafricaine, membre de la Communauté, est
proclamée le 1er décembre 1958, après référendum. Barthélemy
Boganda ne connaîtra pas l'indépendance totale de son pays : il meurt le
29 mars 1959 dans un accident d'avion dont les circonstances restent
mal élucidées.
Son cousin David Dacko, un ancien instituteur, lui
succède à la tête du gouvernement et du MESAN, puis est élu président de
la République le 13 août 1960, après la proclamation de l'indépendance.
4.2. Le pouvoir personnel de David Dacko (1959-1965)
David Dacko
se réclame de Barthélemy Boganda, devenu figure légendaire en
République centrafricaine, au même titre que celui qui va devenir son
principal adversaire, Abel Goumba, leader du Mouvement pour l'évolution
de l'Afrique centrale (MEDAC). David Dacko dissout le MEDAC, fait
arrêter et juger Abel Goumba, qui est contraint à l'exil en 1962. Le
MESAN devient alors parti unique, et son hégémonie sur l'appareil d'État
est institutionnalisée par une nouvelle Constitution adoptée en 1964.
L'autoritarisme de David Dacko et les maigres résultats qu'il obtient
sur le plan économique le rendent impopulaire. Son rapprochement avec la
Chine communiste inquiète la France.
5. Ascension et chute de Jean Bédel Bokassa (1965-1979)
La nuit de la Saint-Sylvestre 1965, un coup d'État renverse Dacko.
Il est conduit par le colonel Jean Bédel Bokassa, chef d'état-major,
ancien sous-officier devenu capitaine dans l'armée française, et qui a
participé à la libération de la France en 1944 avant de servir en
Indochine. Personnalité déroutante, imprévisible et capable de toutes
les excentricités, Bokassa n'est pas dépourvu d'un certain charisme
ainsi que de sens politique. Malgré l'incohérence de ses décisions et sa
cruauté, il parvient à se maintenir près de 14 années au pouvoir,
faisant pression avec succès sur la France en jouant d'alliances
momentanées avec l'URSS, les pays de l'Est, la Corée du Nord et, même, la Libye, se convertissant à cette occasion à l'islam pendant quelques mois. Il menace aussi Paris de créer sa propre monnaie.
À partir de 1970, sa « progression » est fulgurante :
président à vie en 1972, maréchal en 1974, empereur en 1976. En
contrepoint, les tentatives de coup d'État se multiplient. Mais
Bokassa Ier, qui a installé sa cour dans son palais de
Bérengo, dans son pays natal, alors que le gouvernement demeure à
Bangui, finit par lasser de nombreux chefs d'État africains, puis le
gouvernement français lui-même. La coupe déborde en 1979, lorsqu'on
apprend, de la bouche de l'ambassadeur impérial à Paris, démissionnaire,
que plus de 100 lycéens emprisonnés à la suite de manifestations sont
morts sous les coups de leurs gardiens. En septembre, à l'occasion d'un
déplacement de Bokassa à Tripoli, un détachement militaire français
s'empare de Bangui et de Bérengo et réinstalle David Dacko au pouvoir.
6. La restauration manquée
Toutefois, David Dacko ne réussit pas à se maintenir longtemps à la
tête de l'État. Il a pourtant transformé le MESAN en UDC (Union
démocratique centrafricaine), puis instauré le multipartisme, fait
adopter, par référendum, une nouvelle Constitution (le 1er février
1981) et, enfin, il s'est soumis au verdict des urnes, à l'occasion de
l'élection présidentielle réellement pluraliste du 15 mars, ce qui, à
l'époque, est rare en Afrique. Mais sa courte victoire (50,2 % des voix,
devant Ange-Félix Patassé,
ancien ministre de Bokassa) est contestée par l'opposition, et la
situation économique, peu brillante, est à l'origine de tensions
sociales. Il est déposé par le général André Kolingba, le 1er septembre 1981, au terme d'un coup d'État militaire.
La Constitution et les activités des partis
politiques sont suspendues, et un Comité militaire de redressement
national (CMRN) est mis en place. Une tentative de reconquête du pays
par A.-F. Patassé (1982) donne lieu à des manifestations quasi
insurrectionnelles, vigoureusement réprimées, et A.-F. Patassé doit
s'exiler. André Kolingba, à partir de 1985, « civilise » son régime. Le
CMRN cède la place à un gouvernement (dans lequel les militaires restent
toutefois majoritaires), un référendum-plébiscite est organisé
(novembre 1986) : une nouvelle Constitution est approuvée, qui fait du
Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), nouvellement créé, le
parti unique, et confirme le général dans ses fonctions.
7. L'échec de la démocratisation
En 1990, la situation économique est toujours aussi médiocre, et la politique d'austérité préconisée par le Fonds monétaire internationale (FMI),
de plus en plus impopulaire. Le « vent d'est » qui souffle en Afrique
depuis la chute du mur de Berlin ne fait, par ailleurs, qu'attiser les
mécontentements. À Bangui, une manifestation organisée en octobre par la
coordination de l'opposition tourne à l'émeute. Avec beaucoup de
mauvaise volonté, le général Kolingba cède aux revendications, sous la
pression de la France. Lors de l'élection présidentielle
d'août-septembre 1993, Kolingba et Dacko sont éliminés au premier tour,
et A.-F. Patassé l'emporte finalement sur Abel Goumba. L'occasion de
renouveler le personnel politique n'a pas été saisie.
8. D'une tutelle à l'autre
Le retour à la normale dure peu. En 1996, trois mutineries
militaires ébranlent le régime, qui ne doit son salut qu'aux
interventions des troupes françaises. En mars 1998, le gouvernement,
l'opposition et les insurgés signent sous la pression internationale un
pacte de réconciliation nationale. Entre-temps, la France, qui ne veut
plus jouer son traditionnel rôle de gendarme, se fait relayer (février
1997) par une force interafricaine dont elle assure le soutien
logistique – la Misab (Mission d'intervention et de surveillance des
accords de Bangui) – placée sous l'autorité de l'ONU. Bien qu'ayant fait
preuve, à plusieurs reprises, de brutalité dans la répression, elle
voit son mandat prolongé jusqu'au 15 mars 1998. Dans le même temps, le
gouvernement français annonce la fermeture progressive de sa base
militaire de Bouar. La Misab est alors remplacée par la Minurca (Mission
des Nations unies en République centrafricaine), force onusienne de
1 350 hommes, dont le mandat est prolongé jusqu'en décembre 1999.
L'action de cette dernière est relayée par le Bonuca (Bureau des Nations
unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine),
mis en place en février 2000.
Des élections législatives se tiennent en
novembre-décembre 1998 : elles sont remportées par une coalition de
partis d'opposition qui obtient la majorité des sièges à l'Assemblée.
Mais, grâce à la défection de l'une de ses composantes, qui rejoint le
parti du président (le Mouvement pour la libération du peuple
centrafricain [MLPC]), A.-F. Patassé peut nommer un de ses partisans au
poste de Premier ministre ; ce dernier, après plusieurs tentatives
infructueuses, réussit à constituer un gouvernement (mi-janvier 1999).
La situation politique reste cependant confuse,
l'opposition manifestant ouvertement son mécontentement devant ce
qu'elle considère comme une manœuvre de A.-F. Patassé pour se maintenir
au pouvoir. En octobre 1999, celui-ci parvient à se faire réélire dès le
premier tour (recueillant 51,6 % des voix, contre 19,3 % à son
principal rival, l'ancien président A. Kolingba).
Dans la nuit du 27 au 28 mai 2001, des mutins
encerclent la résidence du chef de l'État à Bangui, mais sont repoussés
par la garde présidentielle : selon les services de A.-F. Patassé, cette
nouvelle tentative de coup d'État est fomentée par l'ex-président
A. Kolingba (ce dernier sera condamné à mort par contumace en août
2002). Le couvre-feu est décrété et l'armée centrafricaine, appuyée par
une centaine de Libyens et des rebelles du Mouvement de libération du
Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, entreprend dans les jours qui suivent
une « chasse aux Yakomas », l'ethnie minoritaire du général-président
Kolingba, qui s'enfuit vers l'Ouganda.
Également impliqué dans ce putsch manqué, le chef
d'état-major des armées, le général François Bozizé, est limogé le
26 octobre suivant. Quelques jours après son limogeage, il rallie à sa
cause plusieurs dizaines de militaires, qui s'opposent par les armes à
son arrestation. La situation reste confuse dans le nord du pays, à la
frontière avec le Tchad, où l'ex-général F. Bozizé et ses fidèles ont
trouvé refuge.
Lancée par ces derniers le 25 octobre 2002, une
nouvelle tentative de coup d'État dans la capitale, au cours de laquelle
150 civils tchadiens trouvent la mort, provoque une crise entre le
Tchad et la République centrafricaine. La garde présidentielle, soutenue
par les miliciens du MLC, repousse les insurgés. Mais, le 16 mars 2003,
alors que le chef de l'État s'est absenté pour participer à un sommet
régional à Niamey, l'ex-général F. Bozizé s'empare du pouvoir avec
l'aide du Tchad. La participation de la République centrafricaine au
sein de l'Union africaine est suspendue.
9. Le général François Bozizé (2003-2013)
Autoproclamé président de la République, François Bozizé suspend la
Constitution et dissout les institutions pour une période de
« transition consensuelle ». Tous les partis politiques – y compris
celui du président déchu, A.-F. Patassé, en exil au Togo, – se disent
prêts à collaborer avec le nouveau régime.
Un premier gouvernement de transition, formé en avril
2003 et dirigé par A. Goumba, opposant historique et intègre, ne
résiste pas à une vague de mécontentement social (les caisses de l'État
sont vides, les fonctionnaires ne sont pas payés à échéance et les
appels à la grève se multiplient). Il est remplacé, en décembre 2003,
par un nouveau gouvernement d'union nationale que dirige Célestin
Gaombalet. La Force multinationale en Centrafrique (Fomuc), mise en
place depuis octobre 2002 par la Communauté économique et monétaire
d’Afrique centrale (CEMAC), joue un rôle prépondérant dans le
rétablissement des conditions de sécurité suffisantes pour permettre des
élections.
En décembre 2004, une nouvelle Constitution, fixant
le mandat présidentiel à 5 ans et renforçant le pouvoir du Premier
ministre, est approuvée par référendum.
Onze candidats participent à l'élection
présidentielle du printemps 2005, censée, avec le scrutin législatif du
même jour, mettre un terme à la période de transition ouverte le 16 mars
2003 par le coup d'État du général Bozizé. Ce dernier remporte le
scrutin avec 64,6 % des voix devant Martin Ziguélé, ex-Premier ministre
de l'ancien président A.-F. Patassé (2001-2003) et candidat du Mouvement
pour la libération du peuple centraficain (35,4 %). Moins attendue, la
victoire au scrutin législatif de la Convergence nationale Kwa na Kwa
(« le travail, rien que le travail »), réunissant les partisans de
F. Bozizé, permet à ce dernier de choisir un Premier ministre, Élie
Doté, parmi les siens. La RCA réintègre l'Union africaine en juillet
2005.
En 2006, la situation se détériore avec l'apparition
d'une nouvelle rébellion dans le nord-ouest du pays. Partis du
Sud-Darfour et regroupés au sein de l'Union des forces démocratiques
pour le rassemblement (UFDR), les rebelles – aux revendications
hétéroclites – s'emparent de plusieurs localités de la région, dont
Birao, à l'automne 2006, avec l'intention de renverser le régime. Ils
sont arrêtés par les forces armées centrafricaines, soutenues par
l'armée française, qui reprennent rapidement le contrôle de la région,
non sans infliger aux populations civiles locales de lourds dommages.
Depuis, le président Bozizé prône le dialogue avec la rébellion, mais,
en dépit des accords de Syrte et de Birao (février et avril 2007), le
cessez-le-feu conclu avec l'UFDR demeure précaire et le dialogue peine à
s'instaurer. La région du Nord-Ouest, victime d'une situation
humanitaire difficile (200 000 personnes déplacées) subit, en outre, les
conséquences de la crise du Darfour et notamment l'afflux de réfugiés
fuyant les combats. À partir de février, le déploiement au Tchad et en
RCA de la force européenne Eufor permet aux autorités centrafricaines
d'espérer un arrêt des incursions rebelles et une diminution de l'afflux
des réfugiés.
Le début de l'année 2008 voit la mise en œuvre d'un
processus de dialogue politique inclusif (DPI) visant à la réintégration
des mouvements de rébellion armés et à leur transformation en partis
politiques. Un accord de paix global est signé à Libreville entre le
gouvernement, l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie
(APRD) et l'UFDR. Après plusieurs mois d'atermoiements, gouvernement,
partis politiques, ex-rebelles, syndicats et représentants de la société
civile, réunis en forum du 8 au 20 décembre 2008 sous le parrainage du
président gabonais Omar Bongo Ondimba,
parviennent à s'entendre sur la création d'une Commission vérité et
réconciliation et la mise en œuvre d'un processus de désarmement, de
démobilisation et de réinsertion (DDR) des ex-rebelles. Très lent et
soumis à de nombreux blocages, ce processus est retardé par des
rivalités ethnico-économiques dans la région des trois frontières
(Centrafrique, Tchad et Soudan).
Aboutissement du dialogue national qui a rassemblé en
2008 pouvoir, opposition et rébellions, l'élection présidentielle se
déroule le 23 janvier 2011. François Bozizé est réélu dès le premier
tour avec 66,1 % des suffrages devant Ange-Félix Patassé (20,10 %) qui
décède en avril, et l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé (6,46 %).
Ce dernier, ainsi que deux autres candidats de
l’opposition dont l’ex-chef de l’APRD, dénoncent la fraude et demandent
l’invalidation d’un scrutin avalisé par certains observateurs
internationaux alors que la mouvance présidentielle Kwa na Kwa arrive
également en tête des élections législatives. La réélection de François
Bozizé, qui se présente comme un pacificateur, n’est cependant pas
remise en cause par la communauté internationale, dont la France qui
soutient le processus de transition et les « efforts de bonne
gouvernance » du régime. Celle-ci est toutefois encore loin d’être
acquise, notamment en matière de gestion du secteur minier du pays,
principal atout économique du pays, l’exploitation du diamant notamment
étant encore très opaque et désorganisée.
La stabilisation politique reste ainsi fragile et la
situation sanitaire extrêmement précaire. Si deux factions de la
dernière grande rébellion centrafricaine, la Convention des patriotes
pour la justice et la paix (CPJP), acceptent d’intégrer le processus de
paix en juin et août 2011, et si 4 000 ex-combattants, pour la plupart
de l’APRD, ont été démobilisés depuis le mois de juin dans le nord-ouest
du pays, le gouvernement doit aussi faire face au banditisme d’anciens
rebelles, qui entraîne d’importants déplacements de population dans le
Nord, aux exactions de la LRA (Armée de la résistance du Seigneur) de
Joseph Kony (pourchassé en Ouganda) et présente dans le Sud-Est et
l'Est, ainsi qu’aux incursions d’un groupe tchadien, conduit par
Baba-Laddé, dans le nord-ouest du pays.
10. La République centrafricaine après la chute de F. Bozizé (2013-)
La situation politique se dégrade au cours de l’année 2012 : des
factions rebelles issues des différents mouvements de rébellion (CPJP,
UFDR) ou récemment constituées (Convention patriotique du salut du
Kodro, CPSK) reprennent les armes et exigent le respect des accords de
paix signés en 2007 et 2008 mais restés lettre morte. Réunies au sein de
la Séléka (« Coalition » en sango), elles parviennent à se rendre
maîtres des trois quarts du territoire après une offensive lancée à
partir du nord du pays et à laquelle participent des rebelles étrangers
soudanais et tchadiens.
Malgré l’appui militaire consenti par le Tchad et la
présence de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC, qui a
remplacé la Fomuc en 2008) – la France refusant de son côté de soutenir
le régime moribond –, les Forces armées centrafricaines, affaiblies par
des mutineries et désorganisés, doivent céder face à l’offensive lancée
en direction de la capitale Bangui au mois de décembre. Un accord de
dernière chance est obtenu à Libreville en janvier 2013 avec la
formation d’un gouvernement d’union nationale mais, fortes de leurs
succès militaires, les forces rebelles entrent à Bangui les 23-24 mars
d’où s’est enfui F. Bozizé, finalement lâché par son allié tchadien.
Michel Djotodia, chef de l’UFDR et de la Séléka
s’autoproclame président et maintient Nicolas Tiangaye (nommé en
janvier) au poste de Premier ministre. Une transition à la durée
indéterminée avant l’organisation de nouvelles élections est annoncée.
10.1. L’intervention française et internationale
La victoire de la rébellion donne bientôt lieu à des exactions
commises par des bataillons incontrôlés contre la population civile,
victime de tueries, de viols et de pillages. Les autorités se montrant
incapables de rétablir la paix en dépit de la dissolution de la Séléka,
le pays sombre dans le chaos.
Les risques de déstabilisation que ferait peser sur
l’ensemble de la région la création d’une zone grise devenant le refuge
de groupes terroristes et criminels alertent l’Union africaine et les
Nations unies qui décident d’intervenir avec l’aide militaire de la
France.
À la suite de l’adoption par le Conseil de sécurité
de la résolution 2127 (5 décembre) l’opération française « Sangaris »
est alors déclenchée pour appuyer les troupes de la Mission
internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine.
Cette intervention militaire – à laquelle s’associe par la suite l’UE –
s’avère incertaine et périlleuse. Malgré les appels au calme et au
dialogue lancés par les autorités religieuses du pays, la situation
menace en effet de dégénérer en conflit entre musulmans identifiés ou
associés aux ex-rebelles de la Séléka et chrétiens organisés en milices
d’autodéfense (les « anti-balaka ») parfois appuyées par des soldats de
l’ancienne armée nationale.
Dépourvu de toute autorité, M. Djotodia est
finalement forcé à démissionner le 10 janvier 2014. Alors que les
tueries, dont la minorité musulmane est désormais la première victime,
et les représailles qui s’ensuivent se poursuivent, le Parlement
provisoire élit comme présidente de transition, Catherine Samba-Panza,
maire de Bangui, le 20 janvier. À André Nzapayeké, nommé Premier
ministre, succède Mahamat Kamoun en août.
L’ONU, qui évoque un risque de génocide et de crise
alimentaire majeure, estime à 886 000, dont plus de 500 000 à Bangui, le
nombre de personnes déplacées et lance un appel à une aide humanitaire
d’urgence.