vendredi 8 mai 2015

Le Turkménistan

Drapeau du Turkménistan 
Le Turkménistan 
Capitale: Achgaba
 Turkménistan
 Nom officiel: Turkménistan
Population: 5 113 040 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 118)
Superficie: 488 100 km. car.
Système politique: république; régime présidentiel autoritaire avec peu de pouvoirs en dehors de l'exécutif
Capitale: Achgabat
Monnaie: manat
PIB (per capita):
8 900$ US (est. 2013)
Langues
: turkmène 72%, russe 12%, ouzbek 9%, autres 7%

Religions: musulmans 89%, orthodoxes orientaux 9%, inconnu 2%

GÉOGRAPHIE


Le Turkménistan s'étend entre la Caspienne et l'Amou-Daria, au pied de la chaîne du Kopet-Dag. Près de 90 % du territoire appartiennent aux déserts et semi-déserts de la dépression aralo-caspienne (Karakoum ou « sables noirs »).
Peuplé à près de 75 % de Turkmènes de souche (minorités de Russes et d'Ouzbeks), il juxtapose élevage ovin et cultures irriguées (coton principalement). Le pétrole et le gaz naturel (réserves importantes) sont en majeure partie exportés.
En dépit de ses nombreuses richesses énergétiques, le Turkménistan, qui était l'une des républiques les plus pauvres de l'ex-U.R.S.S., connaît une transition difficile. Sa population, relativement homogène (les trois quarts des habitants étaient d'ethnie turkmène en 1995), a une espérance de vie relativement basse (67 ans) et une mortalité infantile élevée. Elle se concentre le long du grand axe de circulation S.-E./N.-O. (chemin de fer transcaspien) et sur les rives du fleuve Amou-Daria. L'agriculture, qui employait plus de 40 % de la population active en 1995, a connu un grand essor, grâce à la construction du canal du désert de Karakoum en 1954, l'un des plus longs du monde (815 km), depuis l'Amou-Daria, au sud-est, jusqu'à Kizyl-Arvat (le projet de jonction jusqu'à la mer Caspienne ayant été abandonné). Celui-ci permet au pays de figurer parmi les dix premiers producteurs mondiaux de coton, irriguant de nombreuses oasis (Mary, Tedjen), qui produisent également des fruits, des légumes et des céréales. La voie d'eau longe l'échine du Kopet-Dag, qui fait culminer le Turkménistan à 2 942 m d'altitude, à proximité de la capitale, Achgabat. Celle-ci fut créée par les Russes. Outre la production agricole, elle possède quelques industries, principalement dans les secteurs de l'équipement, de l'agroalimentaire, du textile et du cuir. L'autre grande région agricole suit le cours de l'Amou-Daria, le long de la frontière avec l'Ouzbékistan. Tchardjoou, deuxième ville du pays, est un nœud de communication et d'échanges, mais aussi un centre agricole et d'industries légères. Au nord, la région irriguée de Tachaouz, qui permet la production de coton, de riz, de fruits et de légumes, ainsi que l'élevage de moutons, est davantage tournée vers le voisin ouzbek que vers les lointaines oasis méridionales.
Les réserves énergétiques du Turkménistan en ont longtemps fait un grand producteur de pétrole et, surtout, de gaz naturel. Cependant, le manque de débouchés, les clients insolvables et le passage de l'oléoduc par la Russie gênent considérablement ses potentialités de développement. Le pétrole, extrait dans l'ouest du pays (Nebit-Dag, Tcheleken), est valorisé dans le port de Turkmenbachy (ancienne Krasnovodsk), sur la mer Caspienne. Le pays possède les quatrièmes réserves de gaz du monde. Les gisements se regroupent dans le « delta » du Mourgab (Baïram-Ali, Chatlyk).


La population turkmène, autrefois nomade, mais toujours fortement tribalisée, est musulmane. Toutefois, les pratiques chamanistes, associées au soufisme, la rendent peu perméable aux fondamentalismes voisins (iranien et afghan). Comme toutes les populations des « Républiques musulmanes » de l'ex-U.R.S.S., celle-ci connaît une forte croissance démographique, de l'ordre de 1,9 % par an, ce qui explique sa jeunesse (29 % des habitants sont âgés de moins de 15 ans). La langue turkmène est très vivace. Les minorités russe (7 %) et ouzbek (9 %) n'entravent donc pas l'unité du pays ; cependant, la population urbaine (45 %) est beaucoup plus « slavisée ».

HISTOIRE

1. La période précoloniale


Dès le iiie siècle avant notre ère, le territoire de l'actuel Turkménistan abrite Nisa, la capitale du royaume des Parthes arsacides. À partir du ve s.siècle, des tribus nomades turcophones originaires de haute Asie s'installent dans la région. Mais il faudra attendre le xie siècle pour que les Seldjoukides, dynastie turkmène issue des tribus oghouz, prennent le contrôle de cette région méridionale de l'Asie centrale. Les steppes turkmènes sont ensuite intégrées au khanat mongol de Gengis Khan puis de son fils Djaghataï (xiiie-xive siècles), au grand émirat de Tamerlan (xive-xve siècles), puis au khanat de Khiva (xvie-xixe siècles).

2. La période coloniale et soviétique

La colonisation russe progresse rapidement dans les steppes turkmènes avec l'imposition d'un protectorat au khanat de Khiva (1873). Mais l'armée tsariste se heurte à une résistance acharnée des tribus turkmènes, qui seront les derniers sujets intégrés à l'empire. L'instauration du régime soviétique à la suite de la révolution russe de 1917 rencontre à nouveau l'opposition des Turkmènes, dont une partie préfère rejoindre l'Afghanistan ou l'Iran plutôt que de se soumettre à la politique de sédentarisation et de collectivisation des terres et du cheptel. Dans la nouvelle classification des peuples, les Turkmènes sont promus au rang de nationalité constitutive de l'URSS et reçoivent en 1924 un territoire national, la République socialiste soviétique (RSS) du Turkménistan, avec Achkhabad pour capitale. Islamisés tardivement, les Turkmènes garderont leur structure tribale malgré les bouleversements sociaux imposés par le régime communiste. Dans les steppes désertiques du Turkménistan, la période soviétique est surtout caractérisée par l'intensification de l'agriculture irriguée. La construction du canal du désert de Karakoum, lancée en 1954, permet de dévier près de 20 % du débit de l'Amou-Daria et d'irriguer des cultures de coton. L'exploitation des hydrocarbures reste à cette époque limitée. La période de la perestroïka permet la fondation, en 1989, d'un mouvement politique démocratique mené par des intellectuels locaux, Agzybirlik (« Unité »). Mais Saparmourad Ataïevitch Niazov, nommé en 1985 premier secrétaire du parti communiste turkmène, l'interdit dès février 1990, et se fait élire président en août de la même année.

3. Le Turkménistan indépendant


Le Turkménistan accède à l'indépendance en octobre 1991 et adopte une nouvelle Constitution en mai 1992. Les élections présidentielles de juin reconduisent S. Niazov, candidat unique, avec 99,5 % des voix.

3.1. Un régime autocratique très opaque

Le dirigeant instaure dès lors un régime despotique marqué par le culte de sa personnalité. Niazov s'autoproclame Turkmenbachi (« Père des Turkmènes ») et président à vie en 1999. Il publie le Ruhnama (« Livre de l'âme ») dont la connaissance est exigée pour l'entrée à l'université, l'accès au fonctionnariat et dont le contenu est diffusé dans les mosquées en parallèle au Coran. En novembre 2002, une mystérieuse tentative d'attentat permet au président de mener une vague de répression et d'asseoir plus encore son régime totalitaire, où prospèrent clientélisme et corruption.
Le décès inattendu du président à vie en décembre 2006 ouvre l'espoir d'un changement politique. Son remplacement par le vice-Premier ministre Gourbangouly Berdymoukhammedov, élu président le 11 février 2007 avec 89 % des voix, semble promettre quelques avancées (réforme de la Constitution pour introduire le multipartisme, suppression du Ruhnama) qui restent loin toutefois des standards démocratiques, l’absence de séparation des pouvoirs n’étant pas remise en cause. Les promesses du président, réélu en février 2012 avec plus de 97 % des suffrages, sont largement oubliées. Aucun des candidats aux premières élections législatives « pluralistes » de décembre 2013, avalisées par la CEI et observées pour la première fois par l’OSCE, ne se démarque des positions officielles, tandis que le parti présidentiel remporte 47 des 125 sièges de l’Assemblée. L'élection de 14 députés parti des industriels et entrepreneurs – dont la création a été encouragée par le chef de l’État et qui est réputé proche du pouvoir – et de représentants de la « société civile » – dont 33 sièges pour les syndicats et 16 pour l’Union des femmes, donnent à cette ouverture un caractère très formel voire de pure mascarade.

3.2. Une politique extérieure fondée sur la neutralité…

En termes de politique étrangère, le Turkménistan a très tôt fait le choix de la neutralité permanente (adoptée par les Nations unies en décembre 1995). Après avoir signé le traité instituant la Communauté des États indépendants (CEI) en 1991, il décide ne n’être plus que membre associé en 2005. Il ne rompt toutefois pas avec cette organisation mais privilégie les relations bilatérales et ne participe à aucune initiative régionale d’intégration renforcée telles que l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS, 2001), la Communauté eurasiatique (Eurasec ou CEEA, 2001), l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC, 2003), ou encore la zone de libre-échange de la CEI (2011).

3.3. … et dictée par les intérêts gaziers

Cette politique est largement dictée par les intérêts économiques du pays, nouvel acteur dans la « guerre des pipelines ». Recelant les quatrièmes réserves mondiales de gaz naturel, le Turkménistan accélère les prospections et rejoint le peloton des dix principaux exportateurs mondiaux de gaz. Son développement reste cependant compromis par l'insuffisance des investissements et l'enclavement du pays entre un Iran alors banni de la communauté internationale et une Russie ayant le monopole des routes d'évacuation des hydrocarbures.
Le Turkménistan cherche ainsi, non sans certaines tensions, à se dégager de l’emprise de la Russie qui reste cependant un partenaire incontournable, en diversifiant ses relations commerciales et les voies d’acheminement de son gaz.
Il resserre ses liens avec la Turquie, l’Iran et surtout la Chine, avec laquelle les échanges deviennent prépondérants. Plusieurs accords sont ainsi signés à partir de 2006  : de la construction d’un premier pipeline de 7 000 km (inauguré en 2010) au financement chinois du gisement de gaz naturel Galkynych, le deuxième au monde, décidé en septembre 2013. En direction de l’Asie du Sud, le projet de gazoduc TAPI (reliant sur 1 7000 kilomètres les champs gaziers du Turkménistan à l’Inde, via l’Afghanistan et le Pakistan) voit le aussi le jour en décembre.
Courtisé par les pays occidentaux, il négocie enfin pour assurer l’acheminement de son gaz vers l’Union européenne via la Turquie. Mais le différend sur le statut juridique de la mer Caspienne et l’absence d’accord entre tous les États riverains, une condition exigée notamment par la Russie et l’Iran, sont à l'origine du blocage du projet de gazoduc transcaspien entre le Turkménistan et l’Azerbaïdjan dont les intérêts concurrentiels et les litiges sur la délimitation de leurs zones d’extraction respectives restent en outre pendants. Souhaité par l’Europe qui voudrait toujours assurer la sécurité de son approvisionnement par le corridor gazier sud-européen, le projet est relancé fin 2013 mais reste en suspens.

La Tunisie

Drapeau de la Tunisie 
La Tunisie
 Capitale: Tunis
 Tunisie
 Nom officiel: République tunisienne
Population: 10 937 521 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 79)
Superficie: 163 610 km. car.
Système politique: république
Capitale: Tunis
Monnaie: dinar tunisien
PIB (per capita):
9 900$ US (est. 2013)
Langue
s: arabe (langue officielle et une des langues des affaires), français (langue des affaires)
, berbère
Religions: musulmans 99%, autres 1%

PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA TUNISIE


À la partie septentrionale, assez bien arrosée, essentiellement montagneuse, ouverte par la vallée de la Medjerda, s'opposent le Centre et le Sud, formés de plateaux et de plaines steppiques et désertiques. La plus grande pluviosité explique la concentration des cultures (céréales, vigne, olivier) et de l'élevage bovin dans le Nord et sur le littoral, qui regroupent la majeure partie d'une population arabe et islamisée. À part Kairouan, les principales villes sont des ports (Tunis, Sfax, Sousse, Bizerte, Gabès). Le Sud est le domaine de l'élevage nomade des ovins, en dehors des oasis, qui fournissent des dattes. La pêche et l'industrie (excepté l'extraction des phosphates et du pétrole, et le textile) jouent un rôle secondaire.
Le tourisme balnéaire – gravement affecté par les troubles liés à la révolution démocratique de 2011, puis par les excès des islamistes les plus radicaux – et les envois des émigrés ne comblent pas le déficit commercial. Le chômage, déjà important, s'est accru avec la crise économique résultant de l'effervescence politique récente et avec le retour au pays de nombreux travailleurs employés en Libye.

Trinité-et-Tobago

Drapeau de Trinidad et Tobago 
Trinité-et-Tobago 
Capitale: Port-of-Spain
 Carton de situation - Trinité-et-Tobago
 Nom officiel: République de Trinité-et-Tobago
Population: 1 223 916 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 158)
Superficie: 5 128 km. car.
Système politique: démocratie parlementaire
Capitale: Port-of-Spain
Monnaie: dollar de Trinidad et Tobago
PIB (per capita):
20 300$ US (est. 2013)
Langues: anglais (langue officielle), diverses langues créoles, hindoustani caribéen, français, espagnol, chinois

Religions: protestants 32,1%, catholiques romains 21,6%, hindous 18,2%, musulmans 5%, autres 8,4%, non spécifié 11,1%, aucune 2,2% (est. 2011)

GÉOGRAPHIE

1. Le milieu naturel

L'État est composé de deux îles : la Trinité (4 827 km2, 96 % de la population totale et une proportion encore plus élevée de la richesse nationale) et Tobago, située à 35 km au nord-est de sa grande voisine avec des ressources très limitées, mais un potentiel touristique bien exploité.
Au plan géologique, la Trinité n'est que le prolongement du Venezuela proche ; elle émerge de son vaste plateau continental et n'en est séparée que par des bras de mer peu profonds (golfe de Paria et bouches du Serpent). Sauf au nord, où elle est constituée par une chaîne montagneuse (Northern Range) schisteuse et accidentée, quoique peu élevée (900 m d'altitude moyenne), elle a un relief de plaines alluviales, de bassins sédimentaires et de collines gréseuses et calcaires disposés en bandes orientées de l'ouest à l'est et alternées du nord au sud. Elle dispose de bons sols agricoles et surtout de gisements d'hydrocarbures dans les terrains tertiaires du sud et sur le plateau continental. Tobago, formé d'un complexe de roches intrusives et métamorphiques tertiaires, a un relief de hautes collines culminant à 572 m, à l'exception du sud-ouest, où s'étend une petite plaine sur des calcaires coralliens soulevés. Les deux îles ont un climat tropical pluvieux (souvent plus de 1,50 m d'eau par an) ; la saison sèche, de janvier à mai, n'y est marquée qu'à l'ouest ; les cyclones y sont rares. Il reste de vastes étendues de la forêt dense qui les recouvrait autrefois.

2. La complexité ethnique


Il ne reste, aujourd'hui, aucun élément de l'ancienne population amérindienne. Les Arawaks de l'île de la Trinité et les Caribs de l'île de Tobago ont été décimés par la colonisation européenne. De la période coloniale, le pays a hérité une population pluriethnique. Ainsi, 40 % des habitants sont des descendants d'esclaves africains. Après l'abolition de l'esclavage en 1834, le pouvoir colonial britannique a eu massivement recours à une main-d'œuvre sous contrat d'origine asiatique. Les Indiens arrivèrent alors par milliers jusqu'en 1917 et représentent, aujourd'hui, 41 % de la population totale. Les autres Trinidadiens sont d'origine chinoise, européenne et sud-américaine. Les villes de Port of Spain et de San Fernando constituent les principaux centres de peuplement des îles. Le christianisme est la principale religion, mais l'hindouisme ainsi que l'islam sont largement répandus. La croissance démographique est tempérée par une forte émigration en direction du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada.

3. Les caractéristiques économiques

La domination de l'industrie sucrière pendant la période coloniale n'est plus qu'un lointain souvenir. Le pétrole, exploité depuis la fin du xixe s. et devenu, de nos jours, le principal moteur de l'économie, a permis l'extraordinaire expansion du pays. Mais la chute des cours mondiaux dans les années 1980 a révélé la fragilité d'une économie trop dépendante de la production des hydrocarbures. L'archipel s'est donc engagé dans la voie de la diversification, notamment par le tourisme, afin d'échapper à sa trop grande sensibilité aux fluctuations internationales. Trinité-et-Tobago possède l'une des économies les plus dynamiques de la région des Antilles. Le pays a bénéficié d'une croissance soutenue depuis les début des années 2000, temporairement affaibli par la crise en 2009.
Trinité-et-Tobago possède une solide base industrielle. Bénéficiant des incitations gouvernementales et de l'investissement étranger, celle-ci repose sur la production de fer et d'acier, la pétrochimie et la cimenterie. L'archipel exporte, en outre, 20 % du méthanol mondial et se place au 1er rang mondial dans le secteur des engrais azotés.
La puissante industrie pétrolière contribue pour la moitié du produit intérieur brut (P.I.B.) et pour plus des trois quarts à la valeur des exportations. Les champs pétrolifères, principalement offshore, sont exploités par plusieurs sociétés, surtout américaines, dont l'Amoco Trinidad Oil Company, qui fournit un peu plus de la moitié de la production. Deux raffineries sont installées dans les villes de Pointe-à-Pierre et Point Fortin, dans le sud-ouest du pays. Le pétrole est exporté vers la Grande-Bretagne et l'Amérique du Nord. Les réserves sont en voie d'épuisement et de nouvelles prospections sont en cours. La Trinité possède, par ailleurs, les plus grandes réserves mondiales d'asphalte (Pitch Lake, dans le sud-ouest de la Trinité, est exploité depuis le xvie s.). L'exploitation du gaz naturel est en voie d'expansion, contribuant à soutenir l'effort industriel du pays. Un important gisement de gaz naturel a été découvert en 2000 au sud-est des côtes de Trinité par la compagnie British Petroleum.
Le secteur agricole a beaucoup souffert de l'industrialisation du pays. Il n'a cessé de régresser et ne contribue plus qu'à 1 % du P.I.B. Toutefois, il demeure une importante source d'emplois. Les principales productions destinées à l'exportation sont le café, le cacao, le coprah, les noix de coco et les agrumes. L'exploitation forestière (teck et pin) progresse. La pêche est encore loin de couvrir les besoins du marché local. Malgré l'extension de l'agriculture vivrière (riz, maïs, racines, tubercules), l'essentiel des ressources alimentaires du pays doivent être importées. L'élevage est exceptionnellement développé pour un pays tropical.
Le tourisme s'est considérablement développé, en particulier sur l'île de Tobago. L'expansion de ce secteur s'appuie sur un milieu naturel très attractif, la construction d'infrastructures hôtelières et l'amélioration des liaisons aériennes. Les visiteurs viennent surtout d'Europe et des États-Unis.

HISTOIRE

1. La colonie britannique

Découverte par Christophe Colomb (juillet 1498), la Trinité est occupée par les Espagnols (1532). Attaquée par sir Walter Raleigh (1595), par les Hollandais (1640), puis par les Français (1677, 1690), elle est conquise par les Anglais (1797) et cédée à eux par la paix d'Amiens (1802). Elle devient alors une colonie britannique, à laquelle est jointe en 1889 l'île voisine de Tobago. L'expansion de la population commence véritablement en 1783, et, à la fin du siècle, de nombreux Français venus d'Haïti s'y installent. La croissance de la population s'accélère avec la distribution des terres de la Couronne en 1871 et après la Seconde Guerre mondiale. L'île fait partie de l'éphémère Fédération des Indes-Occidentales de 1958 à 1962.

2. L’indépendance

En 1962, après la dissolution de cette Fédération (mai), les îles de la Trinité et de Tobago deviennent indépendantes au sein du Commonwealth (août).
Le People's National Movement (PNM), parti de la communauté noire, détient la majorité à la Chambre des représentants à partir de 1961. Dr Eric Williams, fondateur du PNM et considéré comme le « père de la nation », devient Premier ministre. L'opposition est constituée alors surtout par les Indiens, descendants d'une main-d'œuvre importée de l'Inde après l'abolition de l'esclavage, en 1838. La bipolarisation de la vie politique sur des clivages ethniques et la montée du chômage provoquent en 1970 des émeutes de Noirs (se réclamant du mouvement « black power » et de l’Américain d’origine trinidadienne Stokely Carmichael) et la proclamation temporaire de l'état d'urgence. Malgré la levée de ces dispositions, l'opposition boycotte les élections de 1971, et de nouveaux troubles raciaux éclatent la même année. Eric Williams les surmonte grâce à l'aide des États-Unis, qui conservent encore une base navale dans l'île, à Chaguaramas.

3. Une république fragilisée par les tensions raciales

En 1976, une Constitution républicaine est votée, la Trinité restant au sein du Commonwealth, et l'ancien gouverneur général, sir Ellis Clarke, devient président de la République. Noor Hassanali lui succède en 1987.
À la mort d'E. Williams en 1981, George Chambers prend la tête du PNM et du gouvernement. L'histoire politique de Trinité-et-Tobago est ensuite fortement liée à la conjoncture économique. Ainsi, le PNM perd le pouvoir aux élections de 1986 alors que la crise du début des années 1980 touche durement le pays. Il est battu par une coalition (pluriethnique) de partis d'opposition et de dissidents du PNM regroupés au sein de la National Alliance for Reconstruction (NAR) de Raymond Robinson. La violence politique éclate en 1990, quand un groupe d'extrémistes musulmans tente un coup d’État sur fond de crise économique aggravée. Le NAR laisse à nouveau le pouvoir au PNM conduit, cette fois-ci, par Patrick Manning qui devient Premier ministre après une victoire électorale aisée en décembre 1991. La persistance de la crise économique provoque une nouvelle alternance politique aux élections de 1995. Basdeo Panday, chef du United National Congress (UNC) issu en 1988 du NAR et représentant surtout la communauté indo-trinidadienne, devient le chef du gouvernement après avoir fait jeu égal avec le PNM et bénéficié du soutien du NAR. L'amélioration des conditions économiques, à partir de 1995, devient le principal allié du parti au pouvoir. En février 1997, R. Robinson, du NAR, devient président du pays à la suite du départ à la retraite de N. Hassanali. Basdeo Panday est reconduit à la tête du gouvernement après la victoire de son parti, l'UNC, aux législatives de décembre 2000.
De nombreuses accusations de fraude entachent cependant la légitimité du scrutin. Trinité-et-Tobago renoue avec l'instabilité politique et les tensions raciales. L'UNC se déchire et de nouvelles élections sont organisées en décembre 2001. L'UNC de B. Panday et le PNM de P. Manning font jeu égal. Loin de se résoudre, la crise politique se prolonge et s'exacerbe quand le président R. Robinson choisit de façon arbitraire P. Manning pour former le gouvernement. Une issue est trouvée après la tenue d'une nouvelle consultation électorale en octobre 2002. Le PNM s'impose définitivement, en partie grâce aux soupçons de corruption pesant sur Panday – une victoire renouvelée en 2007 avec 46 % des voix et 26 sièges. En février 2003, George Maxwell Richards remplace R. Robinson à la présidence de la République. Le gouvernement de P. Manning doit faire face à une très forte augmentation de la criminalité liée au trafic de stupéfiants : en 2004 un plan national de lutte contre la drogue est adopté pour cinq ans et le pays collabore activement avec ses voisins dans ce domaine, organisant en 2007 une nouvelle réunion sur la coopération UE-Amérique latine-Caraïbes sur les drogues.
En perte de vitesse en raison notamment de nombreux scandales politico-financiers, P. Manning et son parti sont battus aux élections du mois de mai 2010 par le Partenariat du Peuple, alliance de cinq partis d’opposition dont l’UNC, conduite par Kamla Persad-Bissessar– la première femme (d’ascendance indienne tout comme son prédécesseur à la présidence du parti B. Panday) à prendre la tête du gouvernement – qui s’engage à lutter en priorité contre la corruption et la violence mais aussi à surmonter les clivages ethniques. Entre août et décembre 2011, l’état d’urgence doit être instauré dans plusieurs zones touchées par une recrudescence de la criminalité liée au trafic de stupéfiants. Élu par le parlement après accord entre les partis, le nouveau président Anthony Carmona entre en fonctions en mars 2013.
Membre de la Communauté (et du marché commun) des Caraïbes (CARICOM) depuis 1973 et de son Marché unique (Caricom Single Market and Economy, CSME) depuis 2006, Trinité-et-Tobago est aussi l'un des États fondateurs, en 1995, de l'Association des États de la Caraïbe (AEC, dont le secrétariat général est à Port of Spain) et abrite depuis 2005 la Cour caribéenne de Justice (CCJ). En avril 2009, Port of Spain accueille Ve sommet des Amériques réunissant les chefs d'État et de gouvernement de 34 pays membres de l'Organisation des États américains (OEA).

Le Togo

Drapeau du Toge 
Le Togo
 Capitale: Lomé
 Togo
 Nom officiel: République togolaise
Population: 7 351 374 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 101)
Superficie: 56 785 km. car.
Système politique: république en transition vers une démocratie multipartite
Capitale: Lomé
Monnaie: franc de la communauté financière africaine
PIB (per capita):
1 100$ US  (est. 2013)
Langue
s: français (langue officielle et langue des affaires), éwé et mina (les deux langues africaines les plus importantes dans le sud du pays), kabiyé et dagomba (les deux langues africaines les plus importantes dans le nord du pays)

Religions: chrétiens 29%, musulmans 20%, croyances indigènes 51%

GÉOGRAPHIE

Pays au climat tropical, de moins en moins humide du sud (forêts) au nord (savanes), le Togo demeure essentiellement rural. Les exportations de produits agricoles (palmistes, café, cacao, coton) viennent cependant loin derrière celles des phosphates du lac Togo, seule ressource notable du sous-sol. Le manioc et le maïs constituent les bases de l'alimentation.

1. Le milieu naturel

Étiré sur 600 km du nord au sud, depuis le Burkina (11 ° de latitude nord) jusqu'au golfe de Guinée (5 ° de latitude nord), le Togo forme un étroit couloir, large seulement d'une centaine de kilomètres, entre le Ghana et le Bénin. Des plateaux et de larges plaines alluviales, de part et d'autre d'une chaîne montagneuse prenant le pays en écharpe, constituent les traits dominants du relief. La chaîne de l'Atakora correspond à des alignements quartzitiques de direction S.-O./N.-E., d'altitude moyenne (800 m). La plaine orientale coïncide avec les bassins du fleuve Mono et des deux petites rivières Haho et Sio qui se jettent dans le lac Togo, communiquant avec la lagune Anécho. Cette plaine est séparée de la zone lagunaire et littorale par le plateau de « terre de barre », sablo-argileux, entaillé par la dépression de la Lama. La plaine d'inondation de l'Oti, fermée au nord par le plateau de Dapango, appartient au bassin hydrographique de la Volta.
Le climat résulte de la confrontation entre l'alizé boréal (harmattan), flux d'air tropical continental sec et chaud, de secteur nord-est, envahissant le Togo en hiver, et l'alizé austral, humide, la mousson, de direction S.-O./N.-E., pénétrant plus ou moins profondément à l'intérieur du pays en été. On distingue deux régimes climatiques : au sud, un climat subéquatorial à quatre saisons alternées, dont une grande saison des pluies (hivernage, d'avril à juillet), et une grande saison sèche (de décembre à mars) ; au nord, un climat tropical à deux saisons très contrastées. On notera toutefois deux anomalies : la dorsale pluviométrique de l'Atakora (1 500 mm) et l'anomalie négative littorale expliquant la présence de baobabs à Lomé (800 mm).
La végétation est le reflet de la pluviométrie ; les formations forestières de type ombrophile occupent le massif de l'Atakora. Le bassin du Mono est le domaine de la savane guinéenne, alors que la plaine de l'Oti est couverte de savanes soudaniennes.

2. La population et l'économie


La population du Togo se caractérise par son dynamisme démographique, avec un taux d'accroissement naturel de 2,7 % par an, sa grande jeunesse (43 % des Togolais ont moins de 15 ans) et son inégale distribution spatiale. La densité de peuplement, moyenne à l'échelle du pays (84 habitants par km2), est particulièrement forte dans le Sud où elle dépasse 200 habitants par km2. Le Togo demeure un pays essentiellement rural. La population urbaine, qui a été multipliée par six depuis l'indépendance et concerne désormais plus d'un habitants sur trois, est surtout concentrée dans le Sud où se situe la capitale, Lomé (800 000 habitants), à la frontière avec le Ghana et dont le port autonome est assez actif et accueille une zone franche industrielle. Nord et Sud s'opposent également par l'origine des peuples : groupe Kwa, dans lequel prédominent les Éwés, dans le Sud, plus christianisé ; groupe Gour, dominé par les Kabyès, dans le Centre et le Nord.
L'extension en latitude du pays autorise une assez grande variété de productions rurales, l'agriculture employant plus des deux tiers des actifs. Les cultures vivrières (manioc, maïs, mil, arachide, fruits) et l'élevage ovin, essentiellement tournés vers la satisfaction des besoins intérieurs, alimentent un commerce actif. Si l'industrie est quasi inexistante, l'artisanat – le secteur informel – est très développé, notamment dans les agglomérations. Les principaux produits d'exportation sont les phosphates du lac Togo, seule ressource notable du sous-sol, et les cultures commerciales (café, coton, cacao, palmistes). L'élevage bovin et la pêche demeurent modestes. La balance commerciale est structurellement déficitaire et ne tient pas compte des intenses échanges transfrontaliers facilités par l'existence d'un réseau de transport (routes et voies ferrées) relativement dense.
L'économie du Togo a été mise à mal par la grave crise politique des années 1990 à 1993. Le pays, très endetté, privé de l'aide internationale depuis ces troubles, connaît une situation très précaire. La production de phosphates s'est effondrée de moitié, les échanges ont fortement ralenti, des habitants du Sud ont fui la répression, abandonnant leurs activités, et les finances publiques se sont totalement dégradées. Le maintien d'un appareil d'État plus qu'autoritaire n'est pas favorable à un véritable développement économique.

HISTOIRE

1. Des contacts anciens avec les Européens

Le Togo a eu, jusqu'au partage colonial, une histoire difficile à distinguer de celle de ses voisins. Aucun royaume comparable à l'Ashanti ou au Dahomey (actuel Bénin) n'a imposé sa marque sur le pays. Sur un fonds autochtone, Dapangos, Bassaris et Tambermas du Nord, Kabyès et Akpossos du moyen Togo se sont entrecroisées des migrations : Éwés et Yorubas du sud du Dahomey, Baribas de Kouandé, Tyokossis de Côte d'Ivoire, Fantis et Gouins du Ghana, Kotokolis de Haute-Volta, qui, selon les cas, sont restés autonomes ou se sont fondus aux autochtones (Bassaris).
L'histoire des Éwés, partis de Kétou, est la mieux connue, notamment la diaspora qui, à la fin du xviie siècle, les a vus se répandre dans tout le sud du pays et au sud-est du Ghana. La période contemporaine (à partir de 1923) a aussi vu une émigration kabré et losso vers le sud.
La côte togolaise, comme l'ensemble du littoral du golfe de Guinée, est visitée à la fin du xve siècle par les Portugais, puis par les Danois. Les missionnaires portugais apparaissent au xvie siècle, mais un protectorat de fait est exercé par les Danois.
Le commerce des esclaves prospère de bonne heure, les plaines du bas Togo et à un degré moindre du moyen Togo fournissant un vaste réservoir d'hommes à la traite occidentale, dans laquelle se compromettent de nombreux notables. En 1800, le « Brésilien » (nom donné aux anciens esclaves libérés d'Amérique du Sud) Francisco de Souza s'installe à Anécho et pratique la traite, « bois d'ébène » compris.
Mais le commerce européen de l'huile de palme, succédant à celui des esclaves, ne s'implante véritablement que dans la seconde moitié du xixe siècle. Les premiers comptoirs européens (français, allemands et anglais) se créent vers 1870.

2. La conquête allemande et le partage franco-anglais

En juillet 1884, l'explorateur allemand Nachtigal débarque près d'Anécho ; il signe des traités de protectorat avec les chefs de Lomé, d'Anécho et de Porto Seguro. C'est lui qui nomme le pays « Togo », d'après un petit village de la côte.
Dès 1885, les Allemands se heurtent à la France. La conférence de Berlin accorde le champ libre à l'Allemagne, et en 1885 et 1886 sont signées des conventions respectivement avec les Français et les Anglais, laissant aux Allemands le libre accès vers le Niger.
La rivalité avec la France prend fin en 1897 avec le traité de Paris qui fixe la frontière avec le Dahomey. Avec la Grande-Bretagne, le sort d'une zone neutre au niveau du moyen Togo demeure en suspens jusqu'au traité des Samoa en 1899. La capitale s'installe à Lomé en 1897 et des postes sont créés à l'intérieur : Sansanné-Mango en 1896, Atakpamé et Sokodé en 1898.
La « pacification » totale sera difficile, notamment dans le Nord (insurrection de 1897-1898 en pays konkomba). Le développement économique démarre vite, notamment sous l'impulsion du gouverneur-comte Zech : peu de plantations, mais prospection du sous-sol, introduction de la culture du cacaoyer, du coton, du teck, création d'un wharf à Lomé, construction de trois lignes de chemin de fer, exportation d'huile de palme et de palmistes, importation de cotonnades. Toutefois, le Nord n'est pas compris dans ce vaste plan de mise en valeur.
Dès août 1914, le Togo, qui n'est défendu que par une police indigène, est le siège d'opérations militaires menées par les Alliés et suivies d'une reddition sans conditions le 26 août. Français et Anglais se partagent le pays. La convention du 10 juillet 1919 donne à la France les deux tiers du pays, l'entier front de mer et Lomé, tandis que la Grande-Bretagne obtient les riches terres de l'Ouest. En 1922, des mandats de la Société des Nations (SDN) sont attribués aux deux pays.
Le Togo français connaît d'abord l'administration directe du ministère des Colonies, jusqu'en 1934, puis une sorte d'union personnelle avec le Dahomey (gouverneur et chefs de service communs), et, enfin, en 1936, l'intégration officielle dans l'Afrique-Occidentale française (A-OF).

3. Vers l'indépendance

Le 13 décembre 1946 est mis en place le régime de tutelle des Nations unies, suivant l'article 73 de la charte de San Francisco, prévoyant l'évolution progressive de la population vers la possibilité de s'administrer elle-même. Un conseil de tutelle assure le contrôle de l'administration française, cependant que le Togo fait partie intégrante de l'Union française.
La vie politique est alors marquée par la création de partis, Comité d'unité togolaise (CUT), animé par Sylvanus Olympio, parti togolais du Progrès (PTP) de Nicolas Grunitzky, Union des chefs et des populations du Nord (UCPN), et par le problème des Éwés, dont le territoire est coupé en deux par la frontière avec la Gold Coast (aujourd'hui Ghana).
Un mouvement animé depuis la Gold Coast (All Ewe Conference) réclame l'unification du pays éwé sous tutelle britannique. À la suite d'un mémorandum franco-britannique adressé aux Nations unies, celles-ci créent une commission permanente pour les affaires togolaises, qui ne parvient pas à une solution, les Éwés ne constituant qu'une minorité dans les deux pays.
En 1951, c'est N. Grunitzky qui triomphe aux élections. Dès 1955 est institué un conseil de gouvernement. Le 9 mai 1956, à la suite d'un plébiscite, les territoires du nord du Togo britannique votent massivement le rattachement au Ghana, réglant ainsi définitivement la question éwée.
La République autonome du Togo est proclamée le 30 août et N. Grunitzky devient Premier ministre. Peu à peu, les pouvoirs passent entre les mains des Togolais. Le 27 avril 1958 ont lieu des élections contrôlées par l'ONU, qui voient l'effondrement du PTP. À son tour, S. Olympio devient Premier ministre et l'indépendance est proclamée le 27 avril 1960.

4. De l'autocratie à la dictature

4.1. Sylvanus Olympio : la politique d'isolement

Sylvanus Olympio voit sa position renforcée par le triomphe des listes de son parti aux élections du 9 avril 1961. Il mène dès lors, grâce à une Constitution de type présidentiel, une politique personnelle, jugulant toute forme d'opposition, instaurant un régime d'austérité financière, isolant le pays à l'extérieur par une politique de non-alignement sur les groupes de Brazzaville ou de Casablanca. Le mécontentement gagne le pays, notamment le Nord, dont les populations se sentent brimées par la place occupée par le Sud, mais aussi par les planteurs de cacaoyers, l'élite chrétienne et la jeunesse urbanisée.
Dans ce contexte, le 13 janvier 1963, un groupe d'anciens tirailleurs de l'armée coloniale française mené par le sergent-chef Gnassingbé Eyadéma, assassine Sylvanus Olympio. Un comité insurrectionnel militaire prend le pouvoir et fait appel à N. Grunitzky et à Antoine Méatchi, leader de l'UCPN. Le 5 mai de la même année, des élections ont lieu, tandis que la nouvelle Constitution recueille la majorité des suffrages.

4.2. Gnassingbé Eyadéma et la domination des « nordistes »

La politique d'isolement prend fin. Le Togo entre à l'Organisation commune africaine et mauricienne (OCAM), puis, en 1966, au Conseil de l'Entente. N. Grunitzky pratique une politique libérale, tolérant l'existence d'autres partis à côté du sien, l'Union démocratique des populations du Togo (UDPT).
Une tentative de coup d'État échoue en novembre 1966, mais, le 13 janvier 1967, le lieutenant-colonel Gnassingbé Eyadéma s'empare du pouvoir et suspend la Constitution ; il s'impose dès le 14 avril et devient président de la République. Un nouveau gouvernement est formé, les quatre partis politiques supprimés et priorité donnée au développement économique, profitant, au départ, de la construction par l'Allemagne fédérale du nouveau port de Lomé, inauguré en avril 1968.
Pour évincer les partisans de ses prédécesseurs – S. Olympio et N. Grunitzky – Gnassingbé Eyadéma fait approuver (1969) par les chefs coutumiers la création d'un parti unique, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), qui devient l'institution fondamentale de l'État et dont il est élu président.
Consultés par voie de référendum, les électeurs togolais se prononcent le 9 janvier 1972 en faveur du président Eyadéma. Ses compatriotes originaires du nord du pays, comme lui-même, sont majoritaires à la direction du pays. En décembre 1979, une nouvelle Constitution est approuvée par référendum et le général Eyadéma devient le premier président de la IIIe République togolaise. Il est réélu en 1986, pour un nouveau mandat de sept ans.

5. De l'espoir à la tragédie

Comme par le passé, il s'agit d'une parodie d'élections, le « guide suprême » recueillant 100 % des suffrages d'un électorat gonflé de 300 000 voix par rapport aux estimations les plus sérieuses des démographes… Malgré tout, le régime s'adoucit sensiblement et, à partir de 1990, l'exemple du Bénin voisin, premier pays francophone à engager des réformes démocratiques, pousse le général-président Eyadéma à quelques concessions.
Sa proposition de procéder à la séparation de l'État et du parti unique n'apaise pas les tensions, les manifestations d'octobre sont les plus violentes de l'histoire du Togo depuis l'indépendance. Devant la pression de l'opposition politique et la persistance des émeutes, il n'hésite pas à faire réprimer durement les manifestations dans la capitale mais, en juillet-août 1991, finit par accepter la tenue d'une conférence nationale, ouverte largement aux représentants de la « société civile ». Celle-ci impose la constitution d'un gouvernement dirigé par Joseph Kokou Koffigoh, le président de la toute jeune Ligue togolaise des droits de l'homme.
Le 27 septembre 1992, la Constitution de la IVe République est adoptée, par référendum, à une écrasante majorité. G. Eyadéma semble n'avoir conservé qu'un rôle honorifique. En réalité, il s'appuie sur l'armée, dont les officiers sont « nordistes » et qui lui est totalement dévouée. Pilier du régime, l'armée lui sert à intimider la population et les dirigeants de l'opposition, y compris par l'assassinat, à encadrer des bandes de jeunes désœuvrés, à susciter des « affrontements interethniques » ; elle se soulève ou se mutine « spontanément » lorsqu'une décision du gouvernement ne plaît pas au président. J. Koffigoh se rapproche peu à peu de la mouvance présidentielle. Fin 1992, une grève générale est lancée et va se prolonger pendant plusieurs mois. Fin janvier 1993, une manifestation tourne à l'émeute. Le lycée français est parmi les cibles visées. Le 25 mars, le camp militaire dans lequel se trouve la résidence d'Eyadéma est attaqué. La répression pousse près de 300 000 Loméens à fuir au Ghana et au Bénin.
L'Allemagne et la France tentent de favoriser une « table ronde inter-togolaise » qui se réunit à Strasbourg, mais échoue, du fait surtout de l'intransigeance du président.

6. L'accord de Ouagadougou (juillet 1993)

Les négociations menées sous l'égide du président burkinabé Blaise Compaoré aboutissent à un accord, signé le 11 juillet 1993 à Ouagadougou. Cet accord prévoit notamment des élections présidentielles immédiates, sous supervision internationale, le 24 août suivant. L'opposition appelle au boycott, alors qu'elle aurait pu vraisemblablement les remporter. La présence d'observateurs – dont l'ex-président des États-Unis, Jimmy Carter, qui se retire pour protester contre certaines manipulations – permet d'éviter un trucage majeur : certes, Gnassingbé Eyadéma est réélu avec 96 % des voix, comme au temps du parti unique, mais il recueille moins de 700 000 voix sur 2 millions d'inscrits. L'abstention est massive dans le Sud, dépassant 95 % en région maritime et 85 % à Lomé…
L'Union européenne (à l'exception de la France) sanctionne le pouvoir togolais en suspendant ses subventions, ce qui aggrave davantage la situation économique et sociale du pays.

7. L'échec de la transition démocratique (1994-2005)

Les élections législatives de février 1994 confirment l'affaiblissement du parti présidentiel, le RPT, qui n'obtient pas la majorité. Mais le président parvient à diviser l'opposition en nommant Premier ministre Edem Kodjo, chef d'un petit parti, au détriment l'avocat Yawovi Agboyibo, leader du Comité d'action pour le renouveau (CAR), le parti vainqueur.
Grâce à des législatives partielles organisées en août 1996, le RPT devient majoritaire à l'Assemblée. Un technocrate apprécié des institutions financières internationales, Kwassi Klutse, est nommé chef du gouvernement. En juin 1998, la réélection à la présidence de la République, avec plus de 52 % des voix, du général Eyadéma face à Gilchrist Olympio, fils de l'ancien président assassiné, est fortement contestée, tant par l'opposition que par les représentants de l'Union européenne ; le général avait fait retirer manu militari le contrôle du dépouillement à la commission électorale pour le confier à son ministre de l'Intérieur.
À la faveur des élections législatives de 1999, boycottées par les principaux partis de l'opposition, le président retrouve ses pleins pouvoirs, 79 des 81 sièges de l'Assemblée revenant au RPT. En juillet, un accord-cadre, destiné à rétablir un climat de confiance et à mettre progressivement en place une démocratie transparente et un État de droit, est signé par l'ensemble des partis togolais, y compris par l'Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio, exilé depuis 1992 au Ghana puis en France. De son côté, le général-président Eyadéma s'engage à ne pas briguer un troisième mandat et à dissoudre l'Assemblée.
Les élections législatives, initialement prévues pour octobre 2000 et dont le bon déroulement conditionne la reprise de la coopération avec l'Union européenne, sont retardées. En février 2001, une commission d'enquête internationale, saisie par l'ONU et l'OUA, confirme les accusations publiées en 1999 par Amnesty International qui dénonçaient de graves violations des droits de l'homme – et notamment des centaines d'assassinats d'opposants perpétrés avant et après la campagne présidentielle de 1998. En août, l'annonce de la condamnation à six mois de prison ferme de Yawovi Agboyibo jette l'opposition dans la rue.
De nouvelles dispositions sont introduites en 2002 dans le code électoral : désormais, tout candidat à l'élection présidentielle doit jouir de la nationalité togolaise à titre exclusif et avoir résidé à l'intérieur du pays pendant les douze mois précédant l'élection.
Mais, usé et appauvri, le régime commence à se lézarder : en juin, le Premier ministre Agbéyomé Kodjo, un successeur potentiel du chef de l'État, entré en dissidence avec le RPT, fuit le pays et rejoint l'opposition après avoir été limogé. Les élections législatives d'octobre, à nouveau boycottées par l'opposition, procurent une confortable majorité au RPT, qui amende la Constitution (30 décembre 2002) et permet au général-président d'être éligible indéfiniment. Ce dernier est réélu le 1er juin 2003, avec 57,22 % des voix devant Emmanuel Bob Akitani (34,14 %), candidat soutenu par l'UFC, dont le président, Gilchrist Olympio, a été écarté du scrutin faute d'avoir pu présenté un acte de domiciliation et un quitus fiscal. L'opposition dénonce des fraudes massives.
Conformément ses engagements pris en avril 2004 pour la reprise de la coopération avec l'Union européenne, le gouvernement entame en juin avec l'opposition les premières consultations d'un dialogue interrompu depuis plusieurs années.

8. De père en fils

Le 5 février 2005, le général-président Gnassingbé Eyadéma meurt alors qu'il est évacué pour recevoir des soins. Selon la Constitution, il revient au président de l'Assemblée nationale d'assurer l'intérim avant l'organisation d'une élection présidentielle dans un délai de soixante jours. Mais l'armée, empêchant le retour de celui-ci alors au Bénin en bouclant toutes les frontières du pays, installe au pouvoir Faure Gnassingbé, le fils du président défunt qui en avait fait son dauphin désigné en le faisant nommer, en juillet 2003, ministre des Mines, de l'Équipement et des Télécommunications, un poste stratégique pour maintenir les ressources financières du clan.
Faure Gnassingbé est prestement élu à la tête de l'Assemblée nationale par les députés qui procèdent simultanément à une réforme expéditive de la Constitution, faisant en sorte que le nouveau président de la République exerce ses fonctions jusqu'au terme du mandat de son prédécesseur, soit jusqu'en juin 2008. Outre la population et l'opposition togolaises – l'UFC de Jean-Pierre Fabre, le Comité d'action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo – la communauté internationale réagit unanimement à cette scandaleuse succession. L'Union africaine, en la personne du président nigérian Olusegun Obasanjo, dénonce un « coup d'État militaire ». La CEDEAO adopte une série de sanctions exceptionnelles (exclusion du Togo de l'organisation, rappel des ambassadeurs à Lomé, etc.), les États-Unis, l'ONU et l'Union européenne exigent le retour à la légalité constitutionnelle.
Faure Gnassingbé, cédant à la pression internationale, démissionne le 25 février de la présidence de l'Assemblée nationale (à laquelle est élu, Abass Bonfoh, son premier vice-président) et annonce qu'il se porte candidat pour le compte du RPT à l'élection présidentielle du 24 avril prochain. L'opposition, regroupée au sein d'une coalition, entend saisir une chance historique de changement politique et désigne après de laborieuses tractations Emmanuel Bob Akitani comme son candidat unique. Le scrutin se déroule dans le calme, à l'exception d'incidents survenus lors du dépouillement.
À l'annonce de résultats provisoires accordant la victoire à Faure Gnassingbé, des scènes de violence éclatent dans les rues de Lomé et dans plusieurs villes de province, où de jeunes partisans de l'opposition affrontent l'armée et dénoncent une mascarade menée avec la complicité de la CEDEAO et de la communauté internationale (notamment celle de la France). 
L'ordre est rapidement rétabli : selon un bilan publié par les Nations unies en septembre, les violences, dont la responsabilité principale est attribuée au régime, auraient fait, de février à juin 2005, entre 400 et 500 morts et des milliers de blessés dans les deux camps. Par ailleurs, plus de 32 000 Togolais ont fuit au Bénin et au Ghana.
Le 3 mai, la Cour constitutionnelle, rejetant les recours déposés par l'opposition pour le vote de centaines de milliers d'électeurs fantômes, confirme l'élection de Faure Gnassingbé avec 61,1 % des suffrages contre E. B. Akitani crédité de 38,2 % des voix. Edem Kodjo, ancien Premier ministre du général président (1994-1996) passé à une opposition modérée est nommé Premier ministre. Le nouveau gouvernement comprend quelques ministres de l'opposition, à l'exclusion des grands partis de l'opposition dite radicale, qui refusent d'y participer.

9. L'accord de Lomé (20 août 2006) et la présidence de Faure Gnassingbé

Le jeune Faure Gnassingbé, imposé par les généraux puis élu lors d'un scrutin contesté marqué par les violences, s'efforce de gérer le lourd héritage familial.
En rupture avec la politique menée par son père, il abolit la peine de mort, instaure la gratuité de l'école primaire et tente de pacifier le pays en libéralisant notamment les médias, en supprimant la célébration du coup d'État du 13 janvier 2003 au cours duquel fut assassiné, probablement par son père, le président Sylvanus Olympio et en instaurant une Commission « Vérité, justice et réconciliation ».
Des pourparlers intertogolais, entamés en juillet 2006, aboutissent à la signature d'un accord politique global entre le gouvernement, les partis politiques et les représentants de la société civile. L'accord de Lomé du 20 août 2006 prévoit la formation d'un gouvernement d'union nationale, l'organisation d'élections législatives et la normalisation de la coopération entre le Togo et l'Union européenne. Nommé Premier ministre, l'avocat et opposant historique Y. Agboyibo (leader du CAR) forme un gouvernement d'union nationale, auquel refuse de participer l'UFC.
Les élections législatives d'octobre 2007 sont remportées par le RPT qui obtient la majorité absolue au Parlement (50 sièges sur 81), mais l'UFC et le CAR, avec respectivement 27 et 4 sièges, contestent les résultats et boycottent le gouvernement d'union nationale. Dans ce climat politique tendu – arrestation en avril 2009 des deux frères du président, dont l'un, Kpatcha, est inculpé pour « complot » et « tentative d'attentat contre la sûreté de l'État » –, l'opposition réclame, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2010, un scrutin uninominal à deux tours, ce que refuse le RPT. 
L'élection présidentielle du 4 mars 2010 revêt toutes les apparences d'une simple formalité. Peu avant, la candidature du Franco-Togolais Kofi Yamgnane, ancien secrétaire d'État de François Mitterrand et sérieux concurrent du président sortant dans le Nord, est invalidée par la Cour constitutionnelle en raison d'une contradiction sur sa date de naissance ; celle de Gilchrist Olympio n'a pu être enregistrée à la suite d'un accident survenu en janvier aux États-Unis.
Placé sous la surveillance d'observateurs de l'UE, le scrutin se déroule sans violence. Faure Gnassingbé, opposé à six candidats, est réélu avec 60,88 % des voix devant Jean-Pierre Fabre (UFC), son principal concurrent qui recueille 33,93 % des suffrages et dénonce l'introduction d'électeurs fictifs et l'achat de voix.

10. Cohabitation

Dans un but d’apaisement, le président Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio signent un accord en mai en vue de la participation au gouvernement de l’UFC. Celle-ci obtient ainsi plusieurs postes ministériels, le RPT conservant toutefois sa prééminence. Mais cette ouverture, présentée comme « historique », est dénoncée par plusieurs dirigeants du principal parti d’opposition, au premier rang desquels Jean-Pierre Fabre, qui font finalement scission pour fonder en octobre l'Alliance nationale pour le changement (ANC).
Malgré la relance du « Cadre permanent de dialogue et de concertation », créé en 2009, et la poursuite des audiences par la commission « Vérité, justice et réconciliation » – une phase qui se clôt en décembre 2011 sur un bilan très mitigé –, la situation politique du pays et les relations entre le pouvoir et l’opposition regroupée désormais principalement autour de l'ANC, du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) et du CAR, restent tendues à quelques mois des prochaines échéances électorales prévues en 2012 et finalement reportées à juillet 2013.
Ce scrutin, marqué par un taux de participation de 66 % et avalisé par la communauté internationale (UE, CEDEAO, UA) malgré des irrégularités pointées par des observateurs indépendants, donne la victoire au parti au pouvoir, l’UNIR (ex-RPT) qui remporte 62 sièges sur 91. Se présentant en ordre dispersé, l’opposition ne parvient pas à s’imposer bien que remportant globalement davantage de voix : seul le CST (Collectif « Sauvons le Togo ») dont fait partie l’ANC de Jean-Pierre Fabre, tire son épingle du jeu en faisant élire 19 députés, la coalition arc-en-ciel menée notamment par Dodzi Apévon du CAR ne remportant que 6 sièges.
À la tête de la contestation au Togo depuis les années 1990, seule véritable opposition au régime du général Eyadema et deuxième force parlementaire depuis 2007 avec 27 députés, l’Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio ne parvient pas à justifier sa collaboration avec Faure Gnassingbé et subit un sévère revers en ne conservant que 3 sièges. En septembre, le président reconduit dans ses fonctions le Premier ministre Arthème Ahoomey Zunu, qui, après le refus des principaux partis d’opposition d’y participer, forme un nouveau gouvernement largement dominé par l’UNIR.

Le Timor-Leste (Timor oriental

 Drapeau du Timor oriental
Le Timor-Leste
(Timor oriental
)  
Capitale: Dili
Carton de situation - Timor oriental
Nom officiel: République démocratique du Timor-Leste
Population: 1 201 542 habitants (est. 2014) (rang dans le monde: 159)
Superficie: 14 874 km. car.
Système politique: république
Capitale: Dili
Monnaie: dollar US
PIB (per capita):  21 400$ US (est. 2013)
Langues: tétum (langue oficielle parlée par 80% de la population), portugais (langue officielle), anglais, indonésien. S'ajoutent quelque 16 langues indigènes.
Religions: catholiques romains 96,9%, protestants/évangélistes 2,2%,  musulmans0,3%, autres 0,6%% (2005)

GÉOGRAPHIE

Dans ce pays montagneux où dominent les cultures vivrières, le production de café et l'élevage, les ressources gazières et pétrolières sont exploitées depuis quelques années.

1. Le milieu naturel

Le pays est très montagneux : dix sommets dépassent les 1 500 mètres d'altitude, le point culminant étant le mont Tata Mailau (2 960 m). Les collines, aux formes molles, ravinées par l'érosion, sont dominées par des pitons calcaires. Le Timor oriental se trouve sur l'arc « externe » de la Sonde. Le relief a été mis en place au miocène. Des nappes de schistes cristallins et de calcaires primaires et jurassiques ont été charriées vers le nord sur des flyschs plus tendres ; une tectonique cassante (nombreux fossés orientés est-ouest) vient compliquer la structure ; le soulèvement semble se poursuivre à l'heure actuelle. Aucun volcan n'est actif aujourd'hui. Les plaines littorales, marécageuses et malariennes, sont plus développées sur la côte sud.
La situation abritée du pays lui vaut un climat tropical à nuance sèche très marquée, en dépit de la proximité de l'équateur (entre 8° et 10° de latitude sud). La saison des pluies s'étend de décembre à mars et la saison sèche de mai à septembre. Les typhons viennent régulièrement dévaster l'île. Sous l'effet des ravinements, des défrichements et des feux, la forêt claire, riche autrefois de bois de santal, a disparu au profit d'une savane où poussent des essences australiennes, dont l'eucalyptus.

2. La population

Les habitants associent des traits mélanésiens et malais. Quoique les premiers habitants aient probablement été des Mélanésiens, très métissés avec les Proto-Malais arrivés ensuite, les quelque trente-deux langues actuelles font en grande majorité partie du vaste groupe austronésien ou malayo-polynésien ; elles ont donc une parenté lointaine avec l'indonésien. Culturellement, on est cependant loin de Java : pas de trace d'indianisation ancienne et faible présence de l'islam. L'animisme, interdit sous la domination indonésienne, et bien que légèrement en déclin, subsiste encore grandement. La christianisation marque le pas, seule une minorité se convertissant, surtout au catholicisme. Au moins six peuples principaux se partagent le territoire. Les Tetuns (en indonésien Tetum) constituent le plus nombreux d'entre eux. Les Bunaqs parlent une langue papoue. Les Atonis, présents dans l'enclave d'Oecussi où ils sont connus sous le nom de Vaikeno, sont en majorité protestants.

3. Les faibles ressources du nouvel État

Né en 2002 de la séparation de la partie orientale de l'île de Timor d'avec l'Indonésie, le nouvel État de Timor oriental ne dispose que de faibles ressources. L'agriculture repose sur des cultures vivrières. L'agriculture sèche sur brûlis, itinérante, permet de produire du riz sec, du maïs, du sorgho et du taro, alors que sont cultivés dans des plantations le riz et le tabac, ainsi que le café ; l'élevage des buffles, introduit au début du xxe s., vient en concurrence avec l'agriculture extensive et n'a apporté aucun progrès ; celui des chevaux était, sous la domination indonésienne, en partie destiné au marché javanais.


Le Timor oriental doit faire face à une situation économique et sociale extrêmement difficile. Le conflit armé avec l'Indonésie a vraisemblablement décimé le tiers de la population depuis 1975 (environ 200 000 personnes), dont la plupart des hommes adultes. Le départ de l'armée indonésienne en 1999 s'est accompagné de la destruction d'une grande partie des infrastructures et d'une politique de terre brûlée.
Depuis l’accession du pays à l’indépendance, en 2002, le Timor oriental pays demeure très pauvre, sans poids économique réel, et mal doté en infrastructures, notamment en écoles. Il est aujourd'hui entièrement dépendant de l'aide étrangère. Il devrait disposer prochainement de deux ressources : la production d'un excellent café, toutefois réduite, et surtout l'exploitation de pétrole et de gaz offshore. Cette exploitation, qui se ferait conjointement avec l'Australie car les gisements sont situés dans le détroit de Timor, à peu près à mi-chemin de l'Australie, devrait constituer pendant de nombreuses années l'essentiel des ressources du nouvel État. Le règlement de la question des frontières maritimes entre les deux pays, qui implique aussi l'Indonésie, reste en suspens.

HISTOIRE

1. De la colonisation à la décolonisation

1.1. Sous la tutelle portugaise

Les Portugais arrivent sur l'île à la fin du xvie siècle. Ils se maintiennent dans la partie orientale de Timor, alors que les Hollandais les supplantent partout ailleurs en Insulinde, y compris dans l'ouest de Timor à partir du xviie siècle.
L'île reste cependant à l'écart des grandes voies maritimes et n'offre guère de perspectives commerciales, en dehors du bois de santal. Lisbonne se soucie peu de son territoire du bout du monde : l'implantation administrative et militaire reste des plus légères. Les nombreux royaumes locaux ou chefferies s'auto-administrent de fait largement jusqu'au début du xxe siècle.
Pour en savoir plus, voir les articles Empire colonial néerlandais, Empire colonial portugais.

1.2. Le partage de l’île (1904)

La frontière officielle entre le Timor portugais et la partie relevant des Pays-Bas n'est délimitée qu'en 1904. L'île est alors découpée en deux moitiés presque égales (15 800 km2 à l'ouest, 14 800 km2 à l'est), l'enclave portugaise d'Oecussi se trouvant dans la partie occidentale.
Les Timorais du côté oriental restés attachés au Portugal subissent à partir de 1926 la dictature d'António de Oliveira Salazar ; en 1941, l'invasion puis l'occupation japonaise. En 1945, l’autorité portugaise est restaurée.
L'accession de l'Indonésie à l'indépendance, en 1949, marque un nouveau pas dans la dissociation des destinées des deux parties de l'île.
L'Ouest, dont la principale ville, Kupang, devient le chef-lieu de la vaste province de Nusa Tenggara Timur (4 millions d'habitants), voit son identité indonésienne renforcée par l'arrivée de nombreux migrants, souvent javanais ou bugis (de Célèbes), et musulmans ; il connaît alors un développement économique limité.
L'Est, en dehors d'un soulèvement politique en 1959, demeure relativement isolé et calme, à l'ombre de la dictature de Salazar, puis de Marcello Caetano.

1.3. Naissance de l'Union démocratique de Timor (UDT) et du Fretilin

En 1974, la partie orientale de Timor se trouve mal préparée à une décolonisation rapide amorcée par les changements politiques qu'a induits la révolution des œillets au Portugal. Quelques groupes, principalement issus de la petite élite métisse ou proche du pouvoir colonial, fondent des partis politiques locaux pour mener le processus d'accession à l'indépendance. Les deux principaux sont : l'Union démocratique de Timor (UDT) et le Fretilin (Frente Revolucionária do Timor-Leste Independente, Front révolutionnaire pour l'indépendance du Timor oriental).
L'UDT, dominée par de hauts fonctionnaires de la colonie et des planteurs, prône une transition douce vers l'indépendance. Le Fretilin, influencé par les idées révolutionnaires, demande la séparation immédiate d'avec le Portugal. Malgré leurs divergences, les deux partis parviennent à établir une coalition en janvier 1975.
Mais l'Indonésie, redoutant, comme les États-Unis, une menace communiste dans la région (Saigon tombe aux mains des Vietnamiens en avril 1975), manipule secrètement l'UDT. En août 1975, ce parti tente un coup d'État. Son échec permet au Fretilin d'accéder au pouvoir au terme d'une brève guerre civile ayant causé environ 2 000 morts, tandis que l'administration portugaise s'installe dans l'île d'Atauro, au large de la capitale Dili.

2. L'invasion et l'occupation indonésiennes (1975-1999)

Le Fretilin, confronté aux incursions des troupes indonésiennes concentrées sur la frontière qui préparent l'invasion du Timor oriental (l'opération Lotus), et devant l'absence de réaction des Portugais, décide, en désespoir de cause, de proclamer l'indépendance de la République démocratique du Timor oriental le 28 novembre 1975.
Neuf jours plus tard, le 7 décembre, Jakarta déclenche l'opération Lotus. L'armée indonésienne (25 000 hommes) fait face aux unités paramilitaires du Fretilin (30 000 Falintil) ; ses exactions contre les civils liguent une grande majorité d'entre eux qui se réfugie dans les montagnes et oppose une résistance d'une ampleur surprenante ; le conflit s'enlise. Après avoir renforcé ses effectifs et ses équipements, l'armée indonésienne lance des opérations militaires d'envergure jusqu'à la fin des années 1980.
Bien que le Timor oriental soit devenu, en juillet 1976, la 27e province indonésienne, cette annexion unilatérale n'a jamais été reconnue par les Nations unies.

2.1. Le silence de la communauté internationale

L'invasion et l'annexion du Timor oriental par l'Indonésie se déroulent avec la complicité de la communauté internationale. Pris dans les tourments d'une instabilité politique en métropole, le Portugal laisse faire. Les États-Unis, redoutant un basculement du Timor oriental vers le bloc communiste, soutiennent l'Indonésie à qui ils fournissent l'essentiel de ses armements. Côté australien, le gouvernement affiche sa complaisance à l'égard de l'envahisseur dont elle reconnaît la victoire et obtient, en retour, des droits sur les réserves d'hydrocarbures en mer de Timor. Pour des raisons stragtégiques, l'URSS voit dansl’Indonésie un contrepoids à la Chine.

2.2. La résistance est-timoraise : Xanana Gusmão et l'Église catholique

La résistance timoraise n'est cependant pas de taille à lutter militairement contre l'armée indonésienne. De surcroît, en 1992, son chef charismatique, José Alexandre, dit Xanana Gusmão, est capturé. Fils d'instituteur, ancien élève des Jésuites, ce dernier a pris la tête de la rébellion en 1979, après la mort de Nicolau Lobato, abattu par l'armée indonésienne. Pour rétablir l'unité du mouvement divisé par des questions doctrinaires, Xanana Gusmão a créé en 1988 le Conseil national de la résistance timoraise maubere (CNRM).
Pendant de nombreuses années, l'Église catholique timoraise est la seule à critiquer ouvertement l'occupation indonésienne du Timor oriental. Se faisant le porte-parole des opprimés, elle consolide sa position dans la société est-timoraise et, d'Église coloniale se transforme en Église nationale (évaluée à 30 % de la population en 1975, la population passe à 80 % en 1985). À la suite de Monseigneur da Costa Lopez, évêque de Dili de 1977 à 1983, son successeur, Carlos Felipe Ximenes Belo condamne l'offensive indonésienne et revendique, malgré les risques, un référendum sur l'indépendance en 1989.

2.3. La fin de l'indifférence internationale

Une série d'événements au retentissement important attirent enfin sur le Timor oriental l'attention de l'opinion mondiale : la visite du pape Jean-Paul II en 1989 ; la diffusion sur les chaînes occidentales du massacre de 250 jeunes indépendantistes dans le cimetière de Santa Cruz, à Dili, en novembre 1991 ; l'arrestation en 1992 du leader charismatique Xanana Gusmão ; en 1996, le choix de l'évêque de Dili, Monseigneur Carlos Felipe Ximenes Belo et du « ministre des Affaires étrangères » du Fretilin, José Ramos-Horta, comme lauréats du prix Nobel de la paix.
Enfin, en avril 1998, de sa prison où il est toujours détenu, Xanana Gusmão transforme le CNRM en Conseil national de la résistance timoraise (CNRT), dont il prend la présidence.

3. Le difficile chemin vers l'indépendance

En 1998, la chute du leader indonésien, le général Suharto – qui a refusé jusqu'au bout d'accorder tout statut spécial à l'ancien territoire portugais – précipite les choses. Son successeur, Jusuf Habibie, dépendant de l'aide occidentale alors que son pays subit l'impact de la crise économique de 1997, se doit de faire des concessions politico-diplomatiques. Ayant évoqué en juin 1998 un statut d'autonomie pour le Timor oriental, il accepte en janvier 1999 qu'en cas de refus l'Indonésie laisse le territoire devenir indépendant.
Négocié sous les auspices de l'ONU, un accord prévoyant une consultation à brève échéance sur un projet de large autonomie accordée par l'Indonésie est signé le 5 mai 1999 à New York par Jakarta et Lisbonne. Une petite force civile des Nations unies, l'Unamet (United Nations Assistance Mission in East Timor), chargée de superviser la campagne et le scrutin, entreprend le recensement des électeurs (les Timorais d'origine, à l'exception des immigrants de la période d'occupation). Cependant, les milices anti-indépendantistes, formées, payées et entraînées par l'armée indonésienne – qui a fait du Timor oriental sa chasse gardée et tire des revenus de l'exploitation de ses ressources –, lancent des campagnes d'intimidation et de violence à l'encontre de la population : plus de 200 personnes périssent avant même le scrutin du 30 août. Un habitant sur dix est chassé de chez lui.

3.1. Un référendum d'autodétermination réprimé

Malgré les menaces, 99,6 % des inscrits participent au scrutin qui se déroule dans le calme. 78,5 % d'entre eux se prononcent contre l'autonomie, donc en faveur de l'indépendance. Dans les jours qui suivent, l'ONU assiste impuissante à la flambée de violence à laquelle se livrent les milices pro-indonésiennes, appuyées par les forces armées : 2 000 Timorais sont tués, 60 % à 80 % des édifices publics et privés incendiés ; les deux tiers des habitants s'enfuient, dont un tiers (290 000) sont emmenés de force au Timor occidental.
Sous la pression de la communauté internationale, Jusuf Habibie finit par accepter (12 septembre) l'intervention d'une force internationale de maintien de la paix (Interfet). Celle-ci, placée sous commandement australien et composée d'environ 7 000 hommes, prend le contrôle du territoire le 27 septembre et y rétablit progressivement l'ordre, aidée en cela par les Falintil. Le 19 octobre, l'Indonésie reconnaît les résultats de la consultation du 30 août 1999.

3.2. Un terrible bilan

Le pays ayant été fermé aux étrangers jusqu'en 1989, le nombre de victimes de l'occupation indonésienne est difficile à évaluer, en dépit des recherches effectuées depuis l'indépendance. Leur nombre, entre 170 000 et 250 000, soit entre un quart et un tiers de la population de 1975, en fait l'une des grandes tragédies du xxe siècle. Beaucoup d'indépendantistes sont tués lors des combats de 1975, puis lors d'opérations de « ratissage » des montagnes où s'est réfugiée la guérilla du Fretilin. D'autres sont massacrés, parfois par groupes entiers, au moins jusqu'au début des années 1980. La volonté d'affamer des populations déplacées par l'armée vers des camps de regroupement mal ravitaillés a des conséquences plus dramatiques encore.

4. L'indépendance (1999-2002)

4.1. Le Timor oriental sous administration provisoire de l'ONU

Le 25 octobre 1999, le Conseil de sécurité confie aux Nations unies l'administration civile et militaire du Timor oriental. Sous la direction du Brésilien Sérgio Vieira de Mello, l'Untaet (United Nations Transitional Authority in East Timor) est dotée de larges pouvoirs civils et judiciaires. Appuyée par une force de 9 000 Casques bleus, elle est chargée de faciliter l'aide humanitaire et le retour des centaines de milliers de réfugiés, puis d'organiser l'accession du territoire à l'indépendance.
Le 23 octobre 2000, un Conseil national de 36 membres est créé, sorte de Parlement consultatif, dont le leader de la résistance, Xanana Gusmão (libéré en septembre 1999), devient le président. Il en démissionne en mars 2001, suite à des différends sur les modalités d'élaboration de la Constitution du futur État, pour laquelle il aurait souhaité une large consultation populaire. Xanana Gusmão est remplacé brièvement par José Ramos-Horta, puis par Manuel Carrascalão, membre fondateur de l'UDT.

4.2. L'accession à l'indépendance

En août 2001, les Est-Timorais sont appelés à élire les 88 membres d'une Assemblée constituante. Xanana Gusmão décide de dissoudre la plate-forme du CNRT pour laisser jouer les forces politiques. L'élection, qui confronte 16 partis, est une réussite démocratique. Le Fretilin l'emporte avec 57,4 % des suffrages.
La nouvelle assemblée élabore une Constitution de type parlementaire, très largement calquée sur celle du Portugal, avant de se muer en première Assemblée nationale en mars 2002. Le mois suivant, Xanana Gusmão est élu président avec 82,7 % des voix, face à Francisco Xavier do Amaral. Marí Alkatiri, secrétaire général du Fretilin, de confession musulmane, est nommé Premier ministre. L'indépendance du Timor oriental est internationalement reconnue le 20 mai 2002. Le pays devient le 191e membre de l'ONU le 27 septembre 2002.

5. Les difficultés du plus jeune État de l'Asie

5.1. L’intégration régionale

Du point de vue extérieur, la situation vis-à-vis des deux puissants voisins – l'Indonésie et l'Australie – s'améliore progressivement.
La pacification des relations avec l'Indonésie
Redoutant l'établissement d'une commission d'enquête de l'ONU sur les crimes commis entre 1975 et 1999, Jakarta se rapproche du Timor oriental afin de promouvoir la mise en place d'une commission bilatérale alternative indo-timoraise. De leur côté, les autorités est-timoraises sont peu enclines à envenimer leurs relations avec l'ancien occupant. Aussi, les gouvernements timorais et indonésien choisissent d’éviter le recours à la justice pour réparation des graves violations des droits de l'homme.
Une commission de réconciliation « Vérité et Amitié » est établie fin décembre 2004. Son rapport, publié en 2008, conclut à la responsabilité institutionnelle des forces civiles et militaires indonésiennes pour les violations massives des droits de l’homme qu’elles ont commises contre des civils considérés comme indépendantistes.
Un accord sur les frontières terrestres des deux pays est trouvé lors de la visite officielle du président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono au Timor oriental en 2005.
Un rôle particulier pour l'Australie
De son côté, l'Australie reste très présente au Timor oriental, dans une relation de rivalité plus ou moins manifeste avec l'Indonésie et surtout avec le Portugal, toujours actif du point de vue culturel. Lors de l'accession à l'indépendance du Timor oriental, l'Australie, puissance régionale, apparaît comme le sauveur du tout nouvel État dont les infrastructures ont été détruites à 70 % par l'armée indonésienne. Les Est-Timorais, escomptant une aide économique de Canberra, renoncent à contester l'accord signé entre l'Australie et l'Indonésie de 1972, qui rejetait dans les eaux internationales la plus grande partie des réserves d'hydrocarbures est-timoraises. Depuis 2002, des négociations sont en cours entre les deux États qui revendiquent l'un et l'autre l'exploitation du Greater Sunrise, le gisement le plus important en mer de Timor. En 2012, la visite d'État du Premier ministre Xanana Gusmão en Australie marque le réchauffement des liens entre les deux pays.

5.2. Une situation économique, politique et sécuritaire fragile

Le plus jeune État de l'Asie est confronté à des problèmes immenses : économiques, culturels et politiques.
Le Timor oriental est l'un des pays les plus pauvres d'Asie :plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage frôle les 20 %. En novembre 2002, la capitale, Dili, est secouée par de violentes manifestations de chômeurs. Avec des revenus pétroliers en augmentation, le pays dispose d'atouts non négligeables, mais la population attend toujours des résultats concrets, notamment dans l'amélioration du niveau de vie (éducation, santé).
Principalement touchée, la jeunesse se sent marginalisée : celle-ci, qui n’a connu que l’occupation indonésienne, a été éduquée dans un système indonésien alors que les langues officielles sont le tetun et le portugais ; la maîtrise de cette dernière est nécessaire à l’accession à certaines des plus hautes fonctions administratives.
De même, les Est-Timorais qui sont restés sur place pour résister sous le joug indonésien s'estiment disqualifiés vis-à-vis des Est-Timorais de retour d'exil, souvent issus de l'élite lusophone. Depuis avril 2006, une fraction de l'armée, provenant de la partie occidentale du Timor oriental et se plaignant de discriminations, amorce une logique de confrontation entre les deux moitiés du pays, entraînant le déplacement de près de 200 000 personnes. Face aux violents affrontements entre cette fraction de l'armée et la police, le président Gusmão demande le retour d'une force militaire internationale (2 500 hommes) afin de rétablir l'ordre.
Début 2006, le président Gusmão entre en conflit ouvert avec son Premier ministre, M. Alkatiri, qui est poussé à la démission en juin 2006. Constatant le manque de pouvoir que la Constitution nationale accorde au président, ce dernier laisse José Ramos-Horta (Premier ministre depuis juillet 2006) se présenter à l'élection présidentielle de mai 2007, qu'il remporte.
De son côté, Xanana Gusmão refonde le CNRT sous une nouvelle appelation (Congrès national pour la reconstruction de Timor) et concourt aux législatives de juin 2007. Bien qu'arrivé second derrière le Fretilin, le CNRT parvient à constituer une coalition majoritaire, à laquelle le président J. Ramos-Horta demande de former un gouvernement. Xanana Gusmão obtient le poste de Premier ministre en août 2007 : cette nomination entraîne une flambée de violences de la part de partisans du Fretilin, surtout dans les districts de l'Est.
Les tensions s'enveniment et conduisent en février 2008 à une double tentative d'assassinat qui blesse grièvement le président Ramos-Horta et le Premier ministre Xanana Gusmão. Depuis, les auteurs de l'attaque, une fraction de l'armée rebelle en fuite depuis les événements de 2006, se sont rendus aux autorités. Amorcé en 2009, le transfert du maintien de l'ordre entre les Nations unies et les forces de police est-timoraises, s'est achevé en 2011.
Le poids politique des anciens guérilleros de la guerre d'indépendance demeure important, comme le montre l'élection présidentielle de 2012. Candidat indépendant pour un second mandat, José Ramos-Horta est éliminé lors du premier tour, face au candidat et président du Fretilin, Francisco Guterres, ancien combattant indépendantiste, et au candidat indépendant soutenu par le CNRT du Premier ministre, le général José Maria de Vasconcelos. Ce dernier, ancien chef des Falintil surnommé Taur Matan Ruak (nom de guerre signifiant « Deux yeux perçants ») a dirigé l'armée jusqu'en 2011. Vainqueur au second tour avec 61,2 % des suffrages contre 38,8 % à son adversaire, Taur Matan Ruak entre en fonctions le 20 mai.



 

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